Comment le monde arabe peut rattraper son retard vis-à-vis de l'alimentation du futur

Un repas avec un nugget à base de viande de poulet cultivée en laboratoire à Singapour, le premier pays à autoriser la vente de viande créée sans abattre d'animaux, le 22 décembre 2020 (Photo, AFP).
Un repas avec un nugget à base de viande de poulet cultivée en laboratoire à Singapour, le premier pays à autoriser la vente de viande créée sans abattre d'animaux, le 22 décembre 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 25 janvier 2021

Comment le monde arabe peut rattraper son retard vis-à-vis de l'alimentation du futur

  • Les investisseurs recherchent un environnement réglementaire qui favorise les innovations telles que les alternatives à base de plantes et l'agriculture cellulaire
  • Le prince saoudien Khaled ben Alwaleed ben Talal Al-Saud, fondateur et PDG de KBW Ventures, souhaite que les start-ups technologiques résolvent le défi de la durabilité

DUBAI: La viande cultivée en laboratoire peut ressembler à un mélange inventif de science-fiction immangeable, mais grâce aux nouvelles innovations dans l'agriculture cellulaire, combinées à la demande croissante des consommateurs pour des alternatives durables, les steaks fabriqués en laboratoire pourraient bientôt être au menu.

Les menaces qui pèsent sur les systèmes alimentaires mondiaux et l'agriculture sont apparues depuis que la pandémie de Covid-19 a perturbé les chaînes de valeur régionales, sensibilisant à l'importance de la santé publique et de la réglementation des nouvelles techniques scientifiques.

Pour le Moyen-Orient en particulier, la crise a été un coup de semonce pour les décideurs politiques parfaitement conscients du retard pris dans les sciences de l'alimentation ; un écart que l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis espèrent maintenant pouvoir combler.

« La science alimentaire est certainement quelque chose qui manque ici », a affirmé le prince Khaled ben Alwaleed ben Talal Al-Saud, fondateur et PDG de KBW Ventures, lors d'une récente table ronde virtuelle sur « L'avenir de l'alimentation: nouveaux goûts, nouvelles priorités et nouvelles technologies ».

« Nous l'avons exprimé à plusieurs reprises et nous travaillons de fait avec le gouvernement des Émirats arabes unis pour créer une sorte d'écosystème dans le but de développer cela».

Les alternatives végétariennes aux hamburgers et aux saucisses, relancées par des start-ups comme « Beyond Meat » et « Impossible Burger », bénéficient d'un certain enthousiasme dont les géants de la viande veulent également profiter. (Photo, AFP).

La table ronde, organisée dans le cadre de la Semaine de la durabilité d'Abou Dhabi (18-21 janvier), a examiné comment les besoins alimentaires du monde ont évolué au cours des dernières décennies, de la prévention de la faim à la lutte contre l'obésité, et comment ces alimentations doivent s'adapter pour faire face aux nouvelles réalités.

«Il y a cinquante ans, la science alimentaire a été créée pour la sécurité alimentaire non pas  pour la santé alimentaire», a déclaré Gabrielle Rubenstein, cofondatrice et directrice générale de la société américaine de capital-investissement Manna Tree, à la table ronde.

«Ils essayaient simplement de nourrir le monde et de produire en masse, sans savoir que cela provoquerait des cancer ou de l'obésité, par exemple».

De nos jours, le coût du traitement des maladies chroniques causées par l'obésité aux États-Unis équivaut à environ 9% de son produit intérieur brut (PIB), tandis que 70% des décès sont causés par des modes de vie liés à une mauvaise alimentation.

Les solutions pourraient consister à de nouvelles innovations scientifiques menées par les start-ups. L'ingrédient manquant, selon Rubenstein, est tout simplement l'adaptabilité. « C'est quelque chose sur lequel nous devons tous travailler ensemble », a-t-elle déclaré. « La seule façon d'y parvenir est de mettre à profit les connaissances et la recherche sur l'innovation. Il ne s’agit pas forcément de mettre la nourriture entre les mains d’un pays ; ce qui manque cruellement, ce sont les connaissances en matière d’innovation ».

Ce document non daté de «Eat Just publié le 19 décembre 2020 montre un nugget fabriqué à partir de viande de poulet cultivée en laboratoire dans un restaurant de Singapour (Photo, AFP).

Les universités des Émirats arabes unis, par exemple, n'ont actuellement pas de programme de doctorat en science alimentaire, ce qui n’aide pas les startups régionales dont l'objectif est de créer les aliments du futur. L'entreprise de Rubenstein veut changer tout cela. « Prenons notre modèle de chercheurs et appliquons le dans vos universités pour que la prochaine génération produise des scientifiques de l'alimentation », a-t-elle signalé.

Un des points à retenir de la pandémie est le changement des préférences des consommateurs vers des aliments plus sains et les produits plus durables. Les experts estiment que la technologie et les réglementations devront s'adapter rapidement de manière à répondre à ces demandes variables.

« Nous traversons ce qui est probablement la période la plus difficile au cours des 20 dernières années », a avoué le prince Khaled. « De mon point de vue, c’est la chose la plus importante qui nous soit arrivée, car elle a détourné l’attention des gens vers les vraies priorités ».

En réponse à ces nouvelles demandes, les détaillants allouent déjà plus d'espace de stockage à des produits tels que Beyond Meat, Impossible Foods et d'autres alternatives à base de plantes, car les consommateurs réduisent de plus en plus leurs produits d'origine animale.

En Bref

Cellules cultivées

* Singapour est devenu le premier pays au monde en décembre 2020 à approuver un produit de viande commercial fabriqué à partir de cellules animales de culture pour la consommation humaine.

Les scientifiques sont allés plus loin en explorant les possibilités révolutionnaires de l'agriculture cellulaire telles que la production de protéines, de graisses et de tissus à l'aide de cultures cellulaires de laboratoire qui, auparavant, provenaient d’abattoirs.

En décembre 2020, la société de protéines alternatives installée à San Francisco, Eat Just, a annoncé que son produit de poulet de culture avait été approuvé pour la vente à Singapour ; c’était la première fois que de la viande fabriquée à partir de cellules animales de culture avait été approuvée pour la consommation humaine.

«Je salue Singapour pour l'énorme courage qu'il a fallu en vue de commencer à réglementer l'agriculture cellulaire», a déclaré le prince Khaled. «Le fait que cela se produise pendant cette pandémie n’est pas un hasard. Elle a ouvert les yeux des gens concernant les maladies zoonotiques qui existent ».

Des concentrations élevées de bétail sont, sans aucun doute, des terrains propices aux épidémies. En effet, les scientifiques pensent que le coronavirus responsable de la pandémie de Covid-19 est originaire d'animaux vendus sur un marché d'animaux vivants de la ville chinoise de Wuhan avant de passer aux humains.

La table ronde, organisée dans le cadre de la Semaine de la durabilité d'Abou Dhabi (18-21 janvier), a examiné comment les besoins alimentaires du monde ont évolué au cours des dernières décennies, de la prévention de la faim à la lutte contre l'obésité (Photo, fournie).

Les experts estiment que délaisser l'élevage de masse de viande, d'œufs et de produits laitiers pourrait non seulement réduire le risque de futures épidémies zoonotiques, mais également réduire la pression sur l'environnement.

Le prince Khaled souhaite voir les entreprises travaillant dans l'agriculture cellulaire et les protéines végétales démontrer comment elles peuvent faire face à la pénurie de nourriture et de terres. « C’est ce moment ou jamais qu’il faut trouver des solutions fiables », a-t-il déclaré.

Avec environ 9,7 milliards de personnes à nourrir d'ici 2050, les entreprises impliquées dans ces projets devront jouer un rôle crucial dans l'élaboration des réglementations. Beaucoup dépendront ainsi de ce que les gouvernements choisiront de subventionner.

«En fin de compte, l'avenir sera définitivement résolu grâce à des personnes comme ces panélistes ; des personnes qui ont l'argent, le soutien et les investisseurs pour le faire», a expliqué le prince Khaled.

« Mais, plus important encore, c’est une combinaison gagnante, lorsque vous avez des entrepreneurs qui partagent cette vision avec vous. Nous avons investi dans une entreprise qui expédie des semences biologiques aux gens pour qu'ils les cultivent chez eux. Celles-ci ne résoudront certainement pas les problèmes mondiaux ou la faim, mais ces éléments combinés représentent la seule véritable façon de faire évoluer les choses ».

L'environnement réglementaire devra évoluer avec le temps afin d’assurer une transition harmonieuse. Singapour ouvre actuellement la voie, son agence alimentaire travaillant d’arrache -pied en étroite collaboration avec les start-ups spécialisées.

« Je viens de Californie et je suis à Singapour depuis plusieurs années, mais je n'ai jamais rien vu de tel », a déclaré Max Rye, stratège en chef chez TurtleTree Labs, une société de biotechnologie basée à Singapour fondée en 2019 spécialisée dans la production des produits laitiers fabriqués en laboratoire.

La viande d’un laboratoire américain est présentée au Disgusting Food Museum (Musée de la nourriture dégoûtante) le 6 décembre 2018 à Los Angeles, en Californie (Photo, AFP).

« Nous rencontrons l'agence sur une base très régulière. Les responsables posent des questions sur la manière dont nous pouvons travailler ensemble afin de mettre nos produits sur le marché; cela n’est pas du tout ce que j’ai l’habitude d’entendre », a-t-il déclaré.

En revanche, aux États-Unis, une grande partie de cette discussion tournera autour de la sécurité alimentaire et de la toxicologie, a-t-il ajouté.

« S'il y avait une recommandation, ce serait simplement de travailler beaucoup plus étroitement avec vos startups », a affirmé Rye. « Ces types d'entreprises tentent de résoudre les problèmes les plus importants liés surtout au changement climatique ».

KBW Ventures a récemment augmenté son investissement dans TurtleTree Labs et le Prince Khaled a rejoint l'entreprise en tant que conseiller officiel. Il détient également des investissements dans la société californienne Beyond Meat.

Le prince Khaled est entièrement d’avis qu'un environnement qui s’occupe de la nourriture soit réglementée sera évidemment crucial.

« Ce qui m'a impressionné avec Singapour, c'est qu'il s'agit d'une percée en matière d'approbations réglementaires », a-t-il déclaré. « J’espère vraiment que les États-Unis et le Moyen-Orient suivront ce modèle ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël veut se «  protéger » contre l'Iran après une attaque sans précédent

Le porte-parole militaire israélien, le contre-amiral Daniel Hagari (G), pose à côté d'un missile balistique iranien tombé en Israël le week-end dernier, lors d'une visite des médias à la base militaire de Julis, près de la ville de Kiryat Malachi, dans le sud d'Israël, le 16 avril 2024. (AFP).
Le porte-parole militaire israélien, le contre-amiral Daniel Hagari (G), pose à côté d'un missile balistique iranien tombé en Israël le week-end dernier, lors d'une visite des médias à la base militaire de Julis, près de la ville de Kiryat Malachi, dans le sud d'Israël, le 16 avril 2024. (AFP).
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  • D'après le diffuseur public israélien Kan, M. Netanyahu a décidé de ne pas mettre en oeuvre des plans pré-approuvés de frappes de représailles en cas d'attaque, après avoir discuté avec le président américain Joe Biden
  • Des sources ont indiqué au site américain Axios que le cabinet de guerre avait jonglé, lors d'une réunion lundi, la deuxième après l'attaque iranienne, avec l'idée de donner le feu vert à des frappes, sans toutefois les ordonner

JERUSALEM: Israël "se réserve le droit de se protéger" face à l'Iran, soutient son Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont le gouvernement a, selon des médias, envisagé un temps des frappes de représailles rapides contre Téhéran après l'attaque du week-end.

Les autorités israéliennes répètent que l'attaque iranienne, avec plus de 350 drones et missiles lancés vers Israël dont la quasi-totalité ont été interceptés en vol, ne restera pas "impunie".

Téhéran a indiqué que son offensive aérienne sans précédent sur Israël avait été menée en riposte à une frappe mortelle sur son consulat à Damas, imputée à Israël, le 1er avril.

Retenue, sanctions et milliards

En visite en Israël, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a appelé mercredi toutes les parties à faire preuve de "retenue".

"Je ne parle pas de céder, je parle ici de retenue intelligente", a déclaré la première responsable étrangère à faire le déplacement en Israël, avec son homologue britannique David Cameron, depuis l'attaque iranienne du week-end.

Mais Israël "se réserve le droit de se protéger", a affirmé Benjamin Netanyahu lors de ses entretiens avec ces deux ministres européens.

Les Etats-Unis, alliés indéfectibles d'Israël, ont dit ne pas vouloir "d'une guerre étendue avec l'Iran" et soutenu qu'ils ne participeraient pas à une riposte israélienne. Washington a cependant annoncé mardi de nouvelles sanctions contre Téhéran.

Idem pour l'Union européenne qui a décidé mercredi de cibler l'Iran avec des sanctions contre les producteurs de drones et de missiles afin "d'envoyer un message clair après l'attaque contre Israël", a déclaré le président du Conseil, Charles Michel.

La Chambre américaine des représentants doit tenir samedi une série de votes séparés pour débloquer 61 milliards de dollars pour l'Ukraine et plus de 26 milliards pour Israël.

"A la fois l'Ukraine et Israël sont attaqués par des ennemis impudents qui cherchent leur annihilation", a écrit Joe Biden dans les colonnes du Wall Street Journal. "Si les deux pays sont tout à fait capables de défendre leur propre souveraineté, ils dépendent pour ce faire de l'aide américaine, y compris en armements. Et nous sommes à un moment charnière", a-t-il ajouté.

 


L’artiste saoudien embrasse le non conventionnel avec des œuvres anti-aesthétiques

Le travail d’Asrar Al-Qarni présenté à la galerie d’art Zawaya à Djeddah. (Instagram/ies0)
Le travail d’Asrar Al-Qarni présenté à la galerie d’art Zawaya à Djeddah. (Instagram/ies0)
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  • Cette approche non conventionnelle de l’art peut être considérée comme une rébellion romantique contre les contraintes de la société, ainsi que comme une célébration de l’individualité et de la liberté d’expression.
  • En mettant en évidence la discorde et la dissonance dans ses peintures, Al-Qarni, artiste autodidacte, crée une expérience unique et stimulante pour ceux qui rencontrent son travail.

RIYADH : Dans un monde obsédé par la beauté et la perfection esthétique, l’artiste saoudien Asrar Al-Qarni produit avec audace un art anti-aesthétique et troublant.

À travers son travail, la jeune femme de 33 ans défie les notions traditionnelles de beauté et conteste la conformité. Elle oblige les spectateurs à confronter des vérités inconfortables et à explorer des aspects plus sombres de la société.

Cette approche non conventionnelle de l’art peut être considérée comme une rébellion romantique contre les contraintes de la société, ainsi que comme une célébration de l’individualité et de la liberté d’expression.

Al-Qarni a déclaré à Arab News que l’art anti-aesthétique encourage les gens à regarder au-delà de la surface et à trouver la beauté dans l’inattendu et le non conventionnel. Il cherche à perturber le statu quo et à provoquer une réflexion et une discussion sur la nature même de l’art : « Au lieu d’être visuellement attrayant et réconfortant, l’anti-aesthétisme privilégie l’évocation d’émotions et d’expressions dérangeantes au sein de l’œuvre », a déclaré l’artiste.

Cela peut conduire à ce que les œuvres anti-aesthétiques soient étiquetées laides, choquantes ou anti-art par ceux qui préfèrent les œuvres plus esthétiques.

En mettant en évidence la discorde et la dissonance dans ses peintures, Al-Qarni, artiste autodidacte, crée une expérience unique et stimulante pour ceux qui rencontrent son travail. « L’intégration d’éléments de chaos, de laideur et d’inconfort oblige les spectateurs à confronter leurs idées préconçues sur ce que l’art devrait être », a-t-elle ajouté.

Al-Qarni s’est intéressé à l’art anti-aesthétique en raison de son expression humaine brute et de sa beauté cachée par des imperfections.

Elle utilise des couleurs audacieuses et des formes abstraites pour créer des pièces qui défient les idées préconçues des spectateurs et provoquent une forte réaction émotionnelle.

« J’utilise divers matériaux pour mon art, notamment des techniques mixtes, de la peinture à l’huile, de la peinture acrylique et de l’aquarelle. Mon choix de matériaux dépend de la technique ou de l’effet spécifique que je veux obtenir dans mon œuvre », a déclaré Al-Qarni.

En se libérant des contraintes de la beauté conventionnelle, l’artiste repousse les limites et inspire les autres à sortir des sentiers battus.

Al-Qarni a déclaré qu’elle cultivait son style grâce à une pratique dévouée. Enfant, elle a commencé à copier et à dessiner des dessins animés de ses émissions de télévision préférées. « En vieillissant, j’ai commencé à peindre des portraits réalistes, en essayant de capturer le monde qui m’entoure, mais j’ai vite réalisé que le réalisme ne me permettait pas d’exprimer mes émotions assez profondément », a-t-elle ajouté.

L’artiste saoudienne a finalement eu recours à une méthode plus libre, lui permettant de suivre son instinct et de laisser ses coups de pinceau la guider : « Lorsque je tiens le pinceau contre la toile, cela devient un moyen de calmer le bruit de la vie et de me connecter à mon moi intérieur, offrant une source de détente et de tranquillité. »

L’artiste entretient un espace polyvalent où elle peint, servant à la fois d’atelier et d’espace personnel confortable.

« C’est là que je dors, que je lis et que je passe le plus clair de mon temps. Me réveiller entouré du désordre créatif de mon art me procure un sentiment de passion et d’inspiration pour continuer mon parcours artistique chaque jour. »

Il y a dix ans, Al-Qarni a décidé de poursuivre l’art professionnellement, et elle n’a pas regardé en arrière depuis. Son travail a été présenté dans des galeries et des expositions à travers l’Arabie saoudite, ce qui lui a valu la reconnaissance et la reconnaissance de la critique et du public.

La première exposition d’Al-Qarni a eu lieu en 2016 à Djeddah avec Behance, le plus grand réseau mondial de présentation et de découverte du travail créatif.

« Face à l’auditoire, j’ai reçu à la fois des compliments et des critiques. « L’expérience a été utile et encourageante, m’inspirant à créer davantage et à améliorer mon art », a-t-elle déclaré.

Elle a participé à plusieurs expositions d’art, telles que le Misk Art Institute en 2019, qui offre une plate-forme aux créatifs pour influencer les discussions actuelles.

Al-Qarni a également présenté son travail à la Grey Art Gallery à Alkhobar, et à la Zawaya Art Gallery et à la Sensation Art Gallery à Djeddah.

L’artiste donne à chaque peinture un titre qui reflète l’émotion globale ou l’histoire derrière l’œuvre. Le titre peut être inspiré d’un roman, d’une chanson ou d’une expérience personnelle liée à la peinture.

« La façon dont quelqu’un perçoit et ressent une peinture peut varier selon la personne qui la regarde », a-t-elle ajouté. « Nous apportons tous nos propres pensées et expériences, ce qui ajoute à la richesse et au sens de toute œuvre d’artiste. »

Pour les artistes en herbe qui pourraient être intimidés de partager leurs œuvres et leurs émotions les plus intimes avec un public, Al-Qarni prêche que le monde a besoin d’art.

« Saisissez la possibilité de vous épanouir et de tisser des liens avec d’autres artistes grâce à vos commentaires et à vos expériences, et rappelez-vous que chaque artiste commence quelque part, et partager votre travail est une étape vers l’atteinte de vos objectifs. » 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


La Jordanie ne veut pas devenir un «  terrain de jeu » pour Téhéran

Selon Samih Maaytah, plusieurs pays de la région: Irak, Syrie et Liban, sont déjà devenus selon lui des "terrains de jeu" pour les Iraniens. (AFP).
Selon Samih Maaytah, plusieurs pays de la région: Irak, Syrie et Liban, sont déjà devenus selon lui des "terrains de jeu" pour les Iraniens. (AFP).
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  • La Jordanie, pays voisin d'Israël avec lequel elle est liée par un traité de paix depuis 1994, a annoncé avoir intercepté "des engins volants" ayant pénétré dans son espace aérien lors de l'attaque aux drones et aux missiles lancée par l'Iran contre Israë
  • Les forces armées jordaniennes "feront face (...) à toute menace ou violation mettant en danger la sécurité et la sûreté du pays", a prévenu alors le gouvernement

AMMAN: En participant à l'interception des projectiles lancés par l'Iran vers Israël, la Jordanie veut éviter d'être touchée par un éventuel conflit ou de devenir un "terrain de jeu" pour Téhéran, selon des responsables et des analystes.

La Jordanie, pays voisin d'Israël avec lequel elle est liée par un traité de paix depuis 1994, a annoncé avoir intercepté "des engins volants" ayant pénétré dans son espace aérien lors de l'attaque aux drones et aux missiles lancée par l'Iran contre Israël dans la nuit de samedi à dimanche.

Les forces armées jordaniennes "feront face (...) à toute menace ou violation mettant en danger la sécurité et la sûreté du pays", a prévenu alors le gouvernement.

Israël a annoncé avoir intercepté, avec l'aide des Etats-Unis et d'autres pays alliés dont la France et le Royaume-Uni, mais aussi la Jordanie et l'Arabie saoudite, la quasi-totalité des 350 drones et missiles lancés ce weekend par l'Iran.

La Jordanie, où environ la moitié de la population est d'origine palestinienne, est régulièrement le théâtre de nombreuses manifestations de soutien aux habitants de la bande de Gaza, où une guerre oppose deuis le 7 octobre Israël au Hamas palestinien soutenu par Téhéran.

« Grande préoccupation »

Si la Jordanie affiche un soutien indéfectible à la cause palestinienne, ses autorités veulent se prémunir d'un débordement du conflit, d’autant plus que le pays est voisin de l’Irak et la Syrie, où l'Iran jouit d'une grande influence.

Le roi Abdallah II de Jordanie a indiqué dimanche lors d'un appel téléphonique avec le président américain Joe Biden que son pays "ne sera pas le théâtre d'une guerre régionale".

"La Jordanie n’a rien à voir avec la lutte d'influence entre le projet perse et le projet sioniste (dans la région), et elle ne veut pas s'impliquer dans un conflit régional", a déclaré à l'AFP l'ancien ministre jordanien de l'Information, Samih Al-Maaytah.

Le royaume, a-t-il ajouté, "n'accepte pas que son territoire ou son espace aérien soit utilisé pour une action militaire contre un pays de la région".

Selon M. Maaytah, plusieurs pays de la région: Irak, Syrie et Liban, sont déjà devenus selon lui des "terrains de jeu" pour les Iraniens.

Pour Nimrod Goren, spécialiste des affaires israéliennes au Middle East Institute, l’Iran "pourrait chercher à intervenir en Jordanie et à y changer la situation à son avantage, comme il l’a fait dans d’autres pays".

"Cela est en soi une source de grande préoccupation pour la Jordanie", a-t-il dit à l'AFP.

La participation de la Jordanie à l'interception des drones et missiles iraniens lui a valu des critiques iraniennes.

Une source militaire citée par l’agence iranienne de presse Fars a mis ainsi en garde la Jordanie contre "des actions potentielles" en faveur d'Israël, faute de quoi elle serait "la prochaine cible".

Suite à ces déclarations, le ministère jordanien des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur d'Iran à Amman pour demander à Téhéran de cesser de "remettre en question" les positions du royaume.

Le chef de la diplomatie jordanienne Ayman Safadi a souligné à cet effet que si "le danger venait d'Israël, la Jordanie aurait pris les mêmes mesures".

« Souveraineté »

Mardi, l'armée jordanienne a indiqué dans un communiqué avoir revu à la "hausse ses sorties aériennes afin (...) de défendre le ciel du royaume", en prévision, selon elle, d'une potentielle riposte israélienne.

Pour M. Maaytah, "la Jordanie n’a pas défendu Israël, mais a plutôt défendu sa souveraineté et la sécurité de son territoire".

Général à la retraite de l'armée jordanienne, Suleiman Mneezel considère aussi "l’arrivée de drones et de missiles iraniens dans le ciel du royaume comme une violation flagrante de la souveraineté jordanienne".

Pour M. Goren, la Jordanie a joué un rôle "plus important que ce que beaucoup prévoyaient", illustrant un "positionnement (...) dans le camp lié aux Etats-unis dans la région".

Alors que l’opinion publique jordanienne reste largement hostile à Israël, 30 ans après l'accord de paix avec le pays voisin, le roi Abdallah II a qualifié à plusieurs reprises les relations avec Israël de "paix froide".