PARIS: Avec In the Bellies of the Rocks, l’artiste saoudien Ayman Zedani transforme les pierres et les paysages d’AlUla en un territoire où se croisent mémoire, archéologie et fiction.
Présentée du 20 au 24 octobre à Paris Internationale, son installation immersive témoigne de l’ambition grandissante d’AlUla de s’affirmer non seulement comme un site patrimonial et une destination touristique de premier plan, mais aussi comme une pépinière de création contemporaine ouverte sur le monde.
À AlUla, les pierres ont une longue histoire. Elles portent les traces des civilisations qui se sont succédé dans cette région du nord-ouest de l’Arabie saoudite, carrefour d’échanges et de commerce depuis l’Antiquité.

Mais elles pourraient aussi raconter des histoires qui n’ont pas encore eu lieu. C’est précisément dans cet espace entre passé et futur que s’aventure Ayman Zedani avec In the Bellies of the Rocks, une œuvre singulière présentée à Paris à l’occasion de la Semaine de l’art.
Le visiteur est invité à pénétrer dans un univers où l’archéologie se mêle à l’imaginaire.
Un film à deux canaux, accompagné d’une série de sculptures inédites et d’interventions dans l’espace, compose une expérience immersive qui brouille les frontières entre vestiges matériels et récits inventés.
L’artiste imagine notamment une archéologie future des paysages d’AlUla, autour du Daraj, une écriture fictive qu’il a lui-même créée.
À partir d’archives, de recherches de terrain et de scans en trois dimensions, Zedani interroge notre rapport aux traces du passé, mais aussi notre manière de construire des récits pour comprendre le monde.
La pierre n’est plus un simple témoin silencieux : elle devient le point de départ d’une réflexion sur les relations entre l’humain, la nature et les formes de vie qui l’entourent.
L’exposition raconte aussi une autre histoire, celle d’un écosystème artistique en pleine construction.

In the Bellies of the Rocks est né d’une résidence d’artiste à AlUla, avant de faire l’objet d’une commande pour Arduna, l’exposition inaugurale du futur Musée d’art contemporain d’AlUla, organisée en partenariat avec le Centre Pompidou.
Sa présentation parisienne prolonge aujourd’hui cette recherche à travers de nouvelles créations et traduit une conception de l’art qui ne se limite pas à produire des œuvres destinées à être exposées, mais consiste à accompagner les artistes dans la durée, de la recherche initiale à la commande, puis à la présentation internationale et à l’intégration aux collections.
C’est toute l’ambition portée par Arts AlUla, la Commission royale pour AlUla, son futur musée d’art contemporain et l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).
Les résidences, les commandes et les collaborations avec des institutions culturelles françaises contribuent à faire émerger une scène artistique nourrie par les ressources, les paysages et les savoir-faire locaux, tout en dialoguant avec les grands courants de la création contemporaine.
Après Vie des Formes à Lafayette Anticipations et AlUla, design d’un territoire vivant à l’Institut du monde arabe, l’installation de Zedani confirme la cohérence d’une démarche qui associe patrimoine, design et art contemporain.
Longtemps identifiée à ses sites archéologiques remarquables et à ses paysages désertiques, AlUla entend désormais faire de la création un pilier de son développement.
L’objectif est de préserver un héritage exceptionnel tout en offrant aux artistes les moyens d’expérimenter, de produire et de rayonner au-delà des frontières saoudiennes.
Cette dynamique s’appuie notamment sur la coopération franco-saoudienne, dont AFALULA est l’un des acteurs essentiels. Celle-ci ouvre de nouvelles perspectives aux artistes et multiplie les passerelles entre les scènes culturelles des deux pays.
À Paris, Zedani donne une expression particulièrement évocatrice à cette ambition. Ses sculptures et ses images invitent à regarder AlUla non plus seulement comme un livre d’histoire à ciel ouvert ou une destination touristique spectaculaire, mais comme un territoire vivant, capable de nourrir les imaginaires et de faire naître de nouvelles formes artistiques.





