GENEVE: Quelque 19,2 millions d'Afghans, soit plus d'un tiers de la population du pays, devraient être confrontés à une insécurité alimentaire aiguë d'ici le mois d'avril 2027, a alerté mardi le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha).
"Durant la période de soudure hivernale, qui s'étend de novembre à avril, le nombre de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë devrait atteindre 19,2 millions", a annoncé à la presse, à Genève depuis Kaboul, Olga Cherevko, porte-parole d'Ocha en Afghanistan.
"Parmi elles, cinq millions devraient être exposées à des niveaux de faim correspondant au stade d'+urgence+", soit "à deux doigts de la famine", a-t-elle encore alerté.
Après des séismes meurtriers l'année dernière, plusieurs désastres climatiques cette année et le retour de millions d'Afghans d'Iran et du Pakistan depuis 2023, une partie de la population afghane est en proie à une crise alimentaire.
Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) entre septembre et octobre, 15,9 millions de personnes ont été ou sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë atteignant le niveau "crise" ou pire. Ce chiffre inclut déjà 3,4 millions de personnes vivant dans des conditions relevant du niveau d'"urgence".
Il est à craindre également que "plus de quatre millions d’enfants, âgés de six mois à cinq ans, auront besoin d’un traitement contre la malnutrition aiguë l’année prochaine", a prévenu Mme Cherevko.
"Ces chiffres correspondent à des enfants dont les parents n’ont pas les moyens d’acheter une alimentation nutritive, et à des familles dont les capacités de résilience ont été érodées par des années de conflit, de difficultés économiques, de sécheresse et d’autres chocs", a-t-elle expliqué.
La situation est aggravée par le fait qu'environ un tiers des centres de nutrition à travers le pays ont fermé leurs portes ou suspendu leurs services, "en grande partie en raison de coupes budgétaires". "Une fois ces services disparus, les conséquences pourraient être irréversibles, en particulier pour les enfants", a indiqué la porte-parole.
Selon Mme Cherevko, "cette crise ne se résume pas à la simple disponibilité de la nourriture ; elle porte sur la capacité des populations à se la procurer, à générer des revenus, à accéder aux services de base, et sur leur aptitude à faire face au prochain choc".
L’aide humanitaire est donc indispensable, "mais l’Afghanistan a également besoin d'investissements durables dans les fondements du redressement : l'agriculture et les moyens de subsistance en milieu rural, les marchés locaux, l'emploi, les systèmes d'approvisionnement en eau, les services de santé et de nutrition, ainsi que des opportunités permettant aux femmes de participer à la vie économique".
"Il est impératif d’agir avant l’hiver, plutôt que d’attendre que les familles aient épuisé toutes leurs ressources", a exhorté Mme Cherevko.





