Présidentielle : la victoire de Glucksmann à la primaire, nouvelle donne pour Attal et Philippe ?

Raphaël Glucksmann, candidat aux primaires du Parti socialiste (PS) et du parti de centre-gauche « Place Publique » (PP) en vue de l'élection présidentielle française de 2027, aux côtés du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol (à droite), et du sénateur du parti « Les Écologistes », Yannick Jadot (2e à gauche) observe la scène lors de sa visite de l'usine Renault de Cléon, dans le nord-ouest de la France, le 2 octobre 2026.
Raphaël Glucksmann, candidat aux primaires du Parti socialiste (PS) et du parti de centre-gauche « Place Publique » (PP) en vue de l'élection présidentielle française de 2027, aux côtés du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol (à droite), et du sénateur du parti « Les Écologistes », Yannick Jadot (2e à gauche) observe la scène lors de sa visite de l'usine Renault de Cléon, dans le nord-ouest de la France, le 2 octobre 2026.
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Présidentielle : la victoire de Glucksmann à la primaire, nouvelle donne pour Attal et Philippe ?

Présidentielle : la victoire de Glucksmann à la primaire, nouvelle donne pour Attal et Philippe ?
  • La large victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire sociale-démocrate interroge au sein du bloc central, notamment pour Gabriel Attal, qui courtise le centre-gauche.
  • Dimanche, le fondateur de Place Publique a remporté dès le premier tour la primaire organisée par le PS et par son parti, consacrant la présence d'une offre sociale-démocrate sur la ligne de départ de l'élection présidentielle et sa ligne d'un refus de toute alliance avec La France insoumise.

PARIS: Nouveau concurrent ? Acteur d'un retour du clivage droite-gauche ? La large victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire sociale-démocrate interroge au sein du bloc central, notamment pour Gabriel Attal, qui courtise le centre-gauche.

Dimanche, le fondateur de Place Publique a remporté dès le premier tour la primaire organisée par le PS et par son parti, consacrant la présence d'une offre sociale-démocrate sur la ligne de départ de l'élection présidentielle et sa ligne d'un refus de toute alliance avec La France insoumise.

Pas de quoi perturber la formation de Jean-Luc Mélenchon. Raphaël Glucksmann "se positionne comme M. Attal, comme M. Retailleau, comme M. Édouard Philippe, dans l'espace centriste macroniste", a classifié la députée LFI Clémence Guetté sur franceinfo.

Raphaël Glucksmann "ne chasse pas sur nos terres". "Sa stratégie va être de tailler des croupières à Attal et Philippe" et "cela a un double avantage pour nous : ça nous libère de l'espace et ça accroît la concurrence dans le bloc central, ce qui va abaisser le seuil de qualification pour le second tour", théorise un cadre mélenchoniste.

Chez Gabriel Attal, on nourrissait un certain espoir de voir cette primaire déboucher sur un candidat plus à gauche. Peine perdue. Mais pas question de surréagir. "Il faut voir comment ça prend ou pas dans les prochaines semaines. De ces 70.000 personnes (ayant voté pour M. Glucksmann à la primaire, NDLR) peuvent découler une dynamique, une progression très forte, ou rien du tout. Mais si ça décolle, c'est mauvais" pour M. Attal, commente un élu Renaissance.

Cette nouvelle donne intervient alors que la candidature de M. Attal peine à trouver sa dynamique. Samedi, l'ancien Premier ministre a rassemblé quelque 2.000 personnes à Lyon, dans une salle qui pouvait en contenir 3.000. Après cinq mois de campagne active, M. Attal n'est toujours pas parvenu à refaire son retard dans les sondages sur son concurrent du bloc central, Édouard Philippe.

L'équation stratégique se corse également : Gabriel Attal explique régulièrement être le "seul candidat" sur la ligne de départ à vouloir "rassembler de la gauche à la droite" comme l'a fait Emmanuel Macron, reprochant à M. Philippe de vouloir "refaire l'UMP" en prétendant rassembler la droite et le centre. Un retour au clivage droite-gauche également souhaité... par le camp de Raphaël Glucksmann, qui théorise la division de l'électorat en quatre blocs.

"Besoin de clarté" ?

"Le 'et en même temps', c’est fini. Nous avons besoin de clarté à tous les étages ! Édouard Philippe représente la droite, porte le bilan des dix dernières années, et c’est parfaitement légitime. Je porte les couleurs de la gauche démocratique et propose une rupture nette avec le macronisme. Ce n’est absolument pas soluble l’un dans l’autre. Les électeurs choisiront", a exposé le candidat Place publique dans un entretien au Point.

La concurrence du candidat PS-Place Publique risque d'assécher l'espace au centre-gauche pour Renaissance, dont quelques membres ont déjà rejoint Raphaël Glucksmann comme les députés Sacha Houlié et Aurélien Rousseau, ancien directeur de cabinet d’Élisabeth Borne à Matignon. Une élue Renaissance interrogée cette semaine explique ne pas exclure un soutien à "un candidat d'opposition comme Raphaël Glucksmann" s'il "arrive à rassembler une partie de la gauche macroniste".

Dans un sondage Ifop-Fiducial pour LCI et Sud Radio réalisé après la primaire, Raphaël Glucksmann recueille 16% des voix quand Gabriel Attal est testé comme candidat unique du bloc central (13%). Davantage que lorsqu'il est opposé à Édouard Philippe.

Côté Horizons, Raphaël Glucksmann "ne pose pas de problème", estime un cadre, car il devrait d'abord "décrocher quelques électeurs de gauche de chez Jean-Luc Mélenchon" et abaisser le score du candidat insoumis.

"En revanche, ça peut poser problème à Gabriel", poursuit cette source qui escompte le ralliement de M. Attal à Édouard Philippe et ne croit guère, dans cette hypothèse, à une déperdition des membres de Renaissance au profit de M. Glucksmann, car sa ligne n'est "pas majoritaire dans ce parti".

"En 2024, les circonscriptions conservées par Renaissance sont les circonscriptions les plus centre-droit et droite modérée. Dans les Yvelines, dans les Hauts-de-Seine, ils vont faire campagne pour Glucksmann ? S’ils font ce choix... eh bien ils seront battus", conclut ce cadre Horizons.