L’envoyé saoudien accuse les Houthis d’exploiter les crises au Yémen pour financer la guerre et entraver la paix

L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohammed Al-Jaber, a accusé les Houthis de se soustraire à leurs engagements dans le cadre du Dialogue national yéménite et de la feuille de route pour la paix soutenue par l’ONU. (Asharq Al-Awsat, édition arabe)
L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohammed Al-Jaber, a accusé les Houthis de se soustraire à leurs engagements dans le cadre du Dialogue national yéménite et de la feuille de route pour la paix soutenue par l’ONU. (Asharq Al-Awsat, édition arabe)
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L’envoyé saoudien accuse les Houthis d’exploiter les crises au Yémen pour financer la guerre et entraver la paix

L’envoyé saoudien accuse les Houthis d’exploiter les crises au Yémen pour financer la guerre et entraver la paix
  • La milice soutenue par l’Iran détourne les recettes de l’État pour financer des attaques contre le peuple yéménite, l’Arabie saoudite et la navigation commerciale, affirme l’ambassadeur au Yémen, Mohammed Al-Jaber
  • Il ajoute que le résultat est « une nation épuisée et une population contrainte de subir les conséquences d’un projet au service d’agendas étrangers et d’aventures militaires extrémistes sans fin »

RIYAD: L’ambassadeur saoudien au Yémen, Mohammed Al-Jaber, a accusé mardi les Houthis d’exploiter les crises humanitaire et économique du pays pour financer leurs opérations militaires et entraver les efforts de paix.

Dans un message publié sur le réseau social X, il a déclaré que la milice soutenue par l’Iran détournait les recettes de l’État, notamment les impôts, les droits de douane et les revenus des télécommunications, afin de financer des attaques contre le peuple yéménite, l’Arabie saoudite et les navires commerciaux dans les voies maritimes internationales. Dans le même temps, elle ne verserait pas les salaires des fonctionnaires et ne fournirait pas les services de base dans certaines parties du Yémen sous son contrôle.

L’ambassadeur a attiré l’attention sur la situation à Taïz, où les forces gouvernementales yéménites font face à une offensive houthie intensifiée. Il a accusé la milice d’assiéger les civils dans la ville et de leur barrer l’accès à la nourriture et aux médicaments.

« Le Yémen n’appartient pas aux Houthis, et Taïz ne restera pas l’otage de leur agenda », a-t-il déclaré.

Al-Jaber a cité un rapport publié en 2024 par un groupe d’experts de l’ONU, qui documentait l’utilisation des réseaux de télécommunications par les Houthis pour collecter des fonds destinés à leurs forces de drones et de défense côtière, notamment en envoyant des millions de SMS aux abonnés.

Les experts ont également établi que les autorités houthies avaient perçu environ 994 milliards de riyals yéménites (4,2 milliards de dollars) de droits de douane sur les importations de carburant transitant par les ports sous leur contrôle entre avril 2022 et juin 2024. En tenant compte des frais supplémentaires et des marges bénéficiaires, le groupe d’experts a estimé que les revenus totaux de la milice issus du secteur des carburants avaient atteint 1 340 milliards de riyals yéménites sur cette période.

En outre, Al-Jaber a affirmé que les Houthis tiraient chaque année 2 milliards de dollars du pétrole de contrebande, selon un communiqué de presse du département du Trésor américain publié en janvier. Il a accusé la milice d’affecter ces revenus, ainsi que d’autres ressources de l’État, à des activités militaires plutôt qu’au financement des services publics.

« Les pratiques des Houthis révèlent un schéma récurrent : exploiter les crises comme instruments de pression politique, puis se présenter en victimes tout en faisant abstraction de leur responsabilité dans leurs propres décisions », a écrit Al-Jaber.

Les actions de la milice ont pour résultat, a-t-il ajouté, « une nation épuisée et une population contrainte de subir les conséquences d’un projet au service d’agendas étrangers et d’aventures militaires extrémistes sans fin ».

Il a accusé les Houthis de se soustraire à leurs engagements dans le cadre du Dialogue national yéménite et de la feuille de route pour la paix soutenue par l’ONU, d’entraîner le pays dans des conflits régionaux, puis d’exploiter « les souffrances des Yéménites tout en accusant les autres d’entraver la paix ».

Al-Jaber a rejeté les affirmations des Houthis concernant un blocus du Yémen, soulignant que les ports de Hodeïda, sous leur contrôle, continuaient de recevoir des cargaisons de nourriture, de médicaments, de carburant et de marchandises commerciales.

Il a cité la saisie de quatre avions de Yemenia Airways par les Houthis en juin 2024 comme exemple de leurs entraves aux efforts de paix. Il a également tenu la milice pour responsable de la perturbation des opérations à l’aéroport international de Sanaa et, finalement, de sa contribution à la destruction de l’aéroport et des quatre appareils lors de frappes aériennes israéliennes en mai 2025.

Les Houthis ont rejeté les propositions ultérieures visant à rétablir les vols ou y ont imposé des conditions, notamment une initiative prévoyant la location d’avions et une proposition jordanienne visant à assurer des liaisons aériennes entre Amman et Sanaa.

Les déclarations d’Al-Jaber interviennent alors que les combats entre le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et les Houthis reprennent de plus belle. Les attaques contre les zones contrôlées par le gouvernement s’intensifient au Yémen, tandis qu’une série de frappes menées ce mois-ci contre des cibles civiles en Arabie saoudite, dont l’aéroport international du roi Khaled à Riyad, a fait 13 morts.

La situation humanitaire à Taïz s’est encore détériorée avec l’intensification des combats et la coupure des principales voies d’approvisionnement. Ces perturbations ont provoqué une hausse des prix de la nourriture et du carburant et contraint des milliers d’habitants à fuir.

Plus tôt mardi, une frappe de missile houthie contre un quartier résidentiel de la ville a tué deux adolescentes et blessé six personnes, selon les autorités locales.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a averti que le siège exposait les civils de la ville à de graves dangers et a appelé à un accès humanitaire immédiat.

Al-Jaber a affirmé que l’Arabie saoudite continuerait de protéger son territoire, ses citoyens et ses navires, tout en soutenant le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et les efforts visant à rétablir la sécurité et la stabilité dans le pays.

Le Royaume continuerait également de soutenir le peuple yéménite jusqu’à l’instauration de la paix et au rétablissement du développement et de la prospérité du pays, a-t-il ajouté.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com