BEYROUTH: Des frappes israéliennes nocturnes ont tué 11 personnes dans un village du sud du Liban, dont deux nourrissons, a rapporté lundi l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), au lendemain de raids ayant fait sept morts malgré le cessez-le-feu en cours.
Neuf personnes ont été tuées dans une frappe qui a détruit un immeuble résidentiel de trois étages du village de Kfar Remmane, et deux secouristes dont la voiture a été visée ont été tués dans la même localité, selon l'Ani.
L'armée israélienne ordonne des évacuations
L'armée israélienne a ordonné lundi aux habitants d'un secteur de la localité de Deir Zahrani, dans le sud du Liban, d'évacuer en prévision de frappes contre une installation du groupe pro-iranien Hezbollah.
A la suite du "lancement d'un drone explosif" par le Hezbollah en direction des forces israéliennes, l'armée va "cibler" un local de cette organisation, a-t-elle averti en arabe sur Telegram.
La chaîne de télévision du Hezbollah, Al-Manar, a par la suite fait état d'un raid aérien israélien contre Deir Zahrani, village du district de Nabatiyé, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël.
Cet avertissement israélien intervient après plusieurs jours de bombardements meurtriers au Liban, malgré une fragile trêve en vigueur.
Après des frappes qui avaient fait quatre morts dans le sud et l'est vendredi soir, Israël avait visé dimanche plusieurs localités de la région de Nabatiyé, tuant sept personnes.
L'armée israélienne avait affirmé de son côté avoir riposté au lancement par le Hezbollah de deux drones contre ses soldats, sans faire de blessés, et dénoncé "une violation flagrante" du cessez-le-feu.
Elle avait émis avant ces raids son premier ordre d'évacuation depuis plusieurs semaines, sommant les habitants du village d'Arab Salim de quitter les lieux.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant, dès le mois de mars, des attaques contre Israël en soutien à l'Iran, son allié. Les représailles israéliennes ont fait plus de 4.300 morts, selon les autorités.
Si les hostilités ont faibli depuis juin à la suite d'un protocole d'accord américano-iranien et d'un accord-cadre entre le Liban et Israël, l'armée israélienne maintient des opérations sporadiques dans le sud, où elle occupe toujours une bande frontalière d'une dizaine de kilomètres.
Jeudi, Israël avait annoncé avoir pris le contrôle de la crête montagneuse Ali Taher, qui servait de position stratégique au Hezbollah à Nabatiyé. Le mouvement libanais n'a pas confirmé.
Après les frappes de dimanche, le président libanais Joseph Aoun a exhorté Washington et la communauté internationale à "faire cesser" les attaques israéliennes, dénonçant une "dangereuse escalade".
De nouveaux pourparlers sont attendus ce mois-ci entre responsables libanais et israéliens, bien qu'aucune date n'ait été annoncée.





