TEHERAN: L'Iran se dit prêt à rouvrir le détroit d'Ormuz sous deux jours, au lieu du plan initial de sept jours, si Washington accepte ses conditions, a déclaré lundi son porte-parole de la diplomatie.
"La possibilité de mettre en œuvre ce plan en deux jours est un signe supplémentaire de la bonne foi de l'Iran", a estimé Esmaïl Baghaï lors d'un point presse à Téhéran. "Si les demandes de Téhéran sont satisfaites, il serait possible de rétablir la sécurité dans le détroit d'Ormuz et de relancer le processus de négociation dans un délai très court".
"L'échange de messages se poursuit" par l'intermédiaire de médiateurs et "tout dépend" de l'acceptation par la partie américaine des exigences iraniennes, a poursuivi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. "Ce n'est qu'à ce stade que nous pourrons discuter des étapes suivantes".
Depuis le début de la guerre, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février, Téhéran revendique le contrôle de cette voie maritime et cible régulièrement des navires qui tentent de le traverser sans son autorisation.
En septembre, l'Iran avait présenté, via le Qatar, un plan en sept jours pour rouvrir le détroit mais le président américain Donald Trump l'avait rejeté, tout en laissant la porte ouverte à la poursuite de négociations indirectes.
Téhéran conditionne sa réouverture à un cessez-le-feu sur l'ensemble des fronts dans la région, au dégel de ses avoirs détenus à l'étranger, à la levée des sanctions frappant son secteur pétrolier ainsi qu'à la fin du blocus naval américain contre ses ports.
Ces points figuraient déjà dans un protocole d'accord irano-américain conclu en juin, après un cessez-le-feu en avril pour mettre fin à 40 jours de bombardements intenses.
Mais la fragile entente a volé en éclats cet été, et les échanges de frappes ont repris, l'Iran ripostant en ciblant de nouveau les alliés de Washington dans la région, du Golfe à la Jordanie.
Dimanche, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a complété les demandes de l'Iran dans une interview à la chaîne Al Jazeera, soulignant que Washington devait également accepter le "nouvel itinéraire convenu entre l'Iran et Oman pour le transit par le détroit d'Ormuz".
Il a également mentionné une réduction des effectifs militaires américains récemment déployés dans la région.
Si une accalmie militaire est observée depuis septembre, les États-Unis et Israël ont intensifié ces derniers jours leurs menaces, dans un contexte marqué par d'importants rendez-vous électoraux dans les deux pays.
Samedi, le président américain Donald Trump a déclaré qu'il lui restait à "s'occuper" d'un ou deux sites nucléaires en Iran.
"Tout acte d'agression contre l'Iran, toute attaque militaire contre l'Iran, quel qu'en soit le moyen, fera l'objet d'une riposte puissante, immédiate et globale de notre part", a averti lundi Esmaïl Baghaï, après des mises en garde similaires du guide suprême et de l'armée.





