Venezuela: émeute dans une prison, deux policiers otages

Des agents de police transportent des prisonniers survivants après que des cellules de détention de la police ont pris feu à Valence, dans le nord de l'État de Carabobo, au Venezuela, le 29 mars 2018 (Photo, AFP).
Des agents de police transportent des prisonniers survivants après que des cellules de détention de la police ont pris feu à Valence, dans le nord de l'État de Carabobo, au Venezuela, le 29 mars 2018 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 02 mai 2022

Venezuela: émeute dans une prison, deux policiers otages

  • Dans des vidéos postées sur les réseaux sociaux, on peut voir l'un des policiers être pressé contre les barreaux du cachot par plusieurs des prisonniers
  • Les autorités vénézuéliennes n'ont pour le moment pas commenté l'incident

CARACAS: Quarante-sept prisonniers qui étaient enfermés dans une cellule de la police prévue pour dix personnes se sont révoltés et ont pris deux policiers en otage dimanche près de Valence (centre Nord), a annoncé une ONG qui défend les droits des prisonniers.

"L'émeute est menée par 47 détenus dans l'une des cinq cellules de ce commissariat où il devrait y avoir un maximum de 10 personnes", a déclaré à l'AFP Carolina Giron, directrice de l'Observatoire vénézuélien des prisons (OVP), souvent critique de l'action du gouvernement.

Dans des vidéos postées sur les réseaux sociaux, on peut voir l'un des policiers être pressé contre les barreaux du cachot par plusieurs des prisonniers. L'un des agents aurait été blessé à l'oreille. 

Les détenus de ce commissariat de la Police nationale bolivarienne (PNB), situé à Los Guayos, dans l'État de Carabobo (à environ 160 km de Caracas), dénoncent des violations des droits de l'homme et des retards de procédure, selon Mme Giron.

Quatre membres de la famille des prisonniers sont entrés dans la prison pour servir de médiateurs, selon l'OVP. 

Les autorités vénézuéliennes n'ont pour le moment pas commenté l'incident.

148% de leur capacité 

L'OVP estime que les prisons vénézuéliennes sont à 148% de leur capacité. "Le Venezuela a une capacité de 20.000 prisonniers et il y en a 32.000 dans les prisons, tandis qu'il y a environ 35.000 détenus dans les cellules de la police", a déclaré Mme Giron.

Dans les cachots de Los Guayos, a-t-elle ajouté, "il y a 251 prisonniers et la structure a cinq cachots pour un maximum théorique de 40 personnes. Beaucoup dorment debout".

Ces centres de détention provisoire n'ont pas été conçus pour garder les détenus pendant plus de 72 heures. "Et il y a des gens là-bas qui purgent même des peines", a prévenu l'expert.

"Si leurs familles ne leur apportent pas de nourriture, ces personnes ne mangent pas, elles dépendent aussi des médicaments qu'elles peuvent obtenir. Il n'y a pas d'eau, les ordures ne sont pas ramassées...", dit-elle.

Le gouvernement a promis à plusieurs reprises une "humanisation" des prisons alors que le pays, un des plus violents du monde, est empêtré dans une crise économique sans précédent qui a vu le PIB par habitant chuter au niveau de celui de Haïti. 

Une cinquantaine de détenus avaient été tués lors d'une émeute dans une prison de Portuguesa (ouest), le 1er mai 2020, en pleine pandémie de Covid-19. 

Un an plus tôt, dans le même État, 29 autres détenus sont morts lors d'une émeute dans un poste de police.

Le 31 décembre 2019, un autre incident a couté la vie à 10 détenus à Cabimas (Zulia, nord-ouest). En mars 2018, 68 détenus étaient morts lors d'une émeute et d'un incendie dans une prison de Valence.


Traversées de la Manche: 39 arrestations font tomber un réseau de passeurs

Le gouvernement britannique espère pouvoir commencer à envoyer une partie des migrants illégaux sur son territoire vers le Rwanda (Photo, AFP).
Le gouvernement britannique espère pouvoir commencer à envoyer une partie des migrants illégaux sur son territoire vers le Rwanda (Photo, AFP).
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  • Il s'agit d'une grande organisation criminelle irako-kurde, structurée et de haut niveau
  • Le réseau est soupçonné d'avoir fait passer jusqu'à 10 000 migrants originaires du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Est au cours des 12 à 18 derniers mois

LA HAYE: Un important réseau d'immigration clandestine, organisant des traversées de la Manche par bateaux, a été démantelé lors de la plus grande opération internationale de la sorte menant à 39 arrestations, a-t-on appris mercredi lors d'une conférence de presse à Eurojust.

Il s'agit d'une grande organisation criminelle irako-kurde, structurée et de haut niveau, qui avait la mainmise sur le passage de migrants de la France vers le Royaume-Uni par la traversée de la Manche, selon les enquêteurs.

Le réseau est soupçonné d'avoir fait passer jusqu'à 10.000 migrants originaires du Moyen-Orient et d'Afrique de l'Est de la France vers le Royaume-Uni au cours des 12 à 18 derniers mois avec de petites embarcations pneumatiques.

"Il s'agit de la plus grande opération internationale jamais menée contre les passeurs de petits bateaux", a déclaré Jean-Philippe Decouffe, directeur exécutif d'Europol, lors d'une conférence de presse à Eurojust.

Les 39 arrestations ont été effectuées lors d'une opération internationale menée conjointement par la France, l'Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, coordonnée par Europol et Eurojust, toutes deux basées à La Haye.

Au cours de plus de 50 perquisitions, 1.200 gilets de sauvetages, près de 150 bateaux pneumatiques et 50 moteurs ont été saisis, tout comme plusieurs milliers d'euros en liquidités, des armes et de la drogue, ont précisé les agences.

Ces chiffres sont provisoires puisque des perquisitions sont encore en cours.

Les suspects facturaient en moyenne 2.500 à 3.500 euros par migrant, selon la nationalité, générant pas moins de 15 millions d'euros de chiffre d'affaires, selon les estimations d'Europol.

"L'organisation supervisait l'acheminement de personnes de toutes nationalités vers les plages et les traversées maritimes proprement dites", a déclaré lors de cette même conférence de presse Carole Etienne, procureure du tribunal de Lille, dans le nord de la France.

"L'opération a permis pour la première fois en France d'identifier" des "donneurs d'ordres" au sein des réseaux, a-t-elle soulevé.

Plusieurs cadres, des passeurs, des acteurs locaux et la tête du réseau, un homme de 26 ans d'origine irako-kurde, ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

La tête du réseau "avait un rôle clé dans l'organisation et la logistique, il était très important", a souligné Matt Rivers, directeur régional des investigations de l'Agence nationale contre le crime (NCA) au Royaume-Uni, où l'homme a été arrêté.

En 2021, l'utilisation de petits bateaux est devenue le principal moyen de trafic de migrants de l'UE vers le Royaume-Uni, dépassant le trafic dans des camions, a indiqué Europol.

Près de 50.000 migrants en situation irrégulière ont tenté l'année dernière de traverser la Manche dans de petites embarcations, soit trois fois plus que l'année précédente.

Au cours des six premiers mois de 2022, plus de 11.500 migrants en situation irrégulière ont atteint le Royaume-Uni, générant près de 30 millions d'euros de chiffre d'affaires pour les organisations criminelles actives dans cette zone.


Suède: Un mort dans une attaque au couteau lors d'un événement politique

Un véhicule de police dans le nord-ouest de Stockholm (Photo, AFP).
Un véhicule de police dans le nord-ouest de Stockholm (Photo, AFP).
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  • Une femme d'une soixantaine d'années a été tuée dans une attaque au couteau en plein jour sur l'île de Gotland
  • La police a aussi indiqué qu'elle ne pensait pas que les événements étaient liés à la semaine d'Almedalen

STOCKHOLM: La police suédoise a annoncé mercredi qu'une femme d'une soixantaine d'années avait été tuée dans une attaque au couteau en plein jour sur l'île de Gotland, où les principaux responsables politiques du pays sont réunis pour un événement annuel.

"Malheureusement, je peux vous annoncer qu'une femme a succombé à ses blessures", a déclaré Fredrik Persson, chef de la police de Gotland, lors d'une conférence de presse où il a été précisé que l'agression s'est produite peu avant 14H00 (12H00 GMT) à Visby, la seule ville de l'île.

Il a annoncé qu'un homme de 33 ans avait été arrêté peu après les faits et qu'il était soupçonné de meurtre.

"Une enquête approfondie est en cours. Il s'agit notamment d'établir le mobile et les antécédents de la personne arrêtée", a poursuivi le chef de la police.

Il a ajouté que les enquêteurs se penchaient sur une série de questions "puisque cela s'est produit dans un lieu très public, où il y avait beaucoup de monde dans le centre de Visby en milieu de journée".La police n'a pas souhaité s'exprimer sur le mobile, bien que M. Persson ait admis qu'un motif politique ne pouvait être exclu à ce stade précoce de l'enquête.

La police a aussi indiqué qu'elle ne pensait pas que les événements étaient liés à la semaine d'Almedalen, un événement annuel rassemblant l'élite suédoise et où les partis politiques présentent souvent leur nouvelle politique et lancent leurs campagnes.

Le journal Expressen a rapporté que le suspect aurait des liens avec le groupe néo-nazi NMR, ce que la police n'a pas voulu le confirmer.


Otan: La Suède condamne l'action de députés posant avec le drapeau du PKK

Les trente pays membres de l'Otan lancent le processus d'adhésion de la Suède et de la Finlande (Photo, AFP).
Les trente pays membres de l'Otan lancent le processus d'adhésion de la Suède et de la Finlande (Photo, AFP).
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  • La Suède et la Finlande ont signé un accord avec la Turquie qui a levé dans l'immédiat le veto d'Ankara à l'entrée des deux pays dans l'Otan
  • La Suède et la Finlande s'engagent également à étudier promptement et minutieusement des demandes d'extradition turques

STOCKHOLM: La Première ministre suédoise a déploré mercredi l'action de députés d'un parti de gauche ayant posé avec le drapeau du PKK kurde, au moment où Stockholm s'efforce d'amadouer la Turquie pour entrer dans l'Otan.

"Le PKK est sur la liste des organisations terroristes, pas seulement en Suède mais ausis dans l'UE, et poser avec ce genre de drapeaux est extrêmement déplacé", a affirmé Magdalena Andersson dans une interview à l'agence TT.

La Suède et la Finlande ont signé un accord mardi dernier avec la Turquie qui a levé dans l'immédiat le veto d'Ankara à l'entrée des deux pays nordiques dans l'alliance.

Le texte confirme que Stockholm et Helsinki considèrent le PKK comme une organisation terroriste et que les deux capitales s'engagent à ne pas soutenir divers groupes honnis par Ankara, dont le mouvement armé kurde YPG en Syrie.

La Suède et la Finlande s'engagent également à étudier "promptement et minutieusement" des demandes d'extradition turques.

L'accord a suscité des inquiétudes dans l'importante communauté kurde de Suède et des critiques au sein de partis de gauche suédois, qui accusent le gouvernement d'avoir trop cédé au président turc Recep Tayyip Erdogan.

L'action de plusieurs parlementaires du parti de gauche a eu lieu mardi lors d'une semaine d'universités d'été des partis politiques suédois sur l'île du Gotland, où on les voit poser avec des drapeaux du PKK, mais aussi des YPG et du mouvement armé de femmes kurdes YPJ.

La députée Lorena Delgado Varas, l'une de ceux qui a posé avec les drapeaux, a déploré l'hypocrisie de Stockholm vis-à-vis des groupes kurdes en Syrie qui ont combattu l'organisation jihadiste de l'Etat islamique.

"Maintenant ils font volte-face, pour se rapprocher du dictateur Erdogan. Tout ça pour joindre l'Otan", a-t-elle écrit sur Twitter.

Hostile à l'adhésion à l'Otan, le parti de Gauche (ex-communiste) est un appui parlementaire de Magdalena Andersson, sans faire partie du gouvernement.

Si la Turquie a donné son feu vert à la première phase de la candidature d'adhésion de la Suède et de la Finlande, le Parlement turc doit encore ratifier cette entrée.

Ankara a prévenu que cette ratification serait conditionnée au respect des engagements pris par Stockholm et Helsinki.

Le président Erdogan avait affirmé la semaine dernière que la Suède avait "promis" d'extrader 73 "terroristes" vivant sur son sol et voulus par Ankara, même si aucun engagement de cette sorte ne figure dans l'accord signé en marge du sommet de l'Otan à Madrid.