Avec Beirut Habibi, Assouline tente de saisir une ville en perpétuel devenir

Couverture de l'ouvrage Beirut Habibi.
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Avec Beirut Habibi, Assouline tente de saisir une ville en perpétuel devenir

Avec Beirut Habibi, Assouline tente de saisir une ville en perpétuel devenir
  • Le livre de plus de trois cents pages présente des photographies d'archives et contemporaines, illustrant la diversité de Beyrouth
  • Beyrouth est décrite comme une ville de contradictions, où coexistent beauté et laideur, opulence et pauvreté

PARIS: Après Riyadh Infinite et Dubai Wonder, la maison d’édition de luxe Assouline choisit de mettre à l’honneur une troisième ville arabe avec Beirut Habibi, paru récemment.

À travers plus de trois cents pages, des photographies d’archives et des images contemporaines font dialoguer les différentes vies de la capitale libanaise.

Cette capitale aux multiples visages est un condensé de contradictions, à travers son architecture, son tissu social, ses modes de vie et ses formes d’expression. Il suffit d’arpenter les rues de Beyrouth pour ressentir et vivre cette multiplicité qui fait l’unicité de cette ville.

Une fresque murale et une fenêtre bleue illustrent la vie artistique à Beyrouth, tandis qu'une mariée brandissant le drapeau libanais évoque l'espoir et la résilience dans un décor de destruction.
Une fresque murale et une fenêtre bleue illustrent la vie artistique à Beyrouth, tandis qu'une mariée brandissant le drapeau libanais évoque l'espoir et la résilience dans un décor de destruction.

Une multiplicité qui fait coexister laideur et beauté, opulence et pauvreté, sophistication et vulgarité, tolérance et radicalité, dans un brouhaha chaotique à la fois exaspérant et captivant.

Il y a des villes que l’on quitte sans jamais vraiment les quitter, des villes que l’on emporte avec soi. Beyrouth appartient à cette seconde catégorie.

Elle nous habite, nous hante, suscitant tantôt une rancune à son égard, voire un rejet, qui cède rapidement la place à la nostalgie et à la tendresse.

On a beau tenter de la décrire par son histoire, son architecture, sa Méditerranée ou ses blessures, innombrables et toujours saignantes, rien n’y suffit vraiment.

Beyrouth échappe aux définitions parce qu’elle est faite de contradictions : orientale et occidentale, raffinée et chaotique, nostalgique et résolument tournée vers l’avenir, une ville jamais accomplie, mais en perpétuel devenir.

C’est cette ville insaisissable que tente de raconter Beirut Habibi, le nouveau livre publié par Assouline dans sa collection Classics.

De l’ancien port phénicien à la Béryte romaine, de la ville ottomane à la capitale moderne façonnée par le mandat français, chaque époque a déposé ses stigmates, telles des couches accumulées au fil des siècles, dans un désordre qui est la nature même de Beyrouth.

Les photographies font ressurgir les boulevards d’autrefois, les cafés du front de mer, les places, les cinémas et les lieux de sociabilité qui ont façonné la mémoire collective.

Avec Beirut Habibi, Assouline offre bien davantage qu’un album consacré à une destination. Le livre ressemble plutôt à une déclaration d’amour à une ville qui refuse de disparaître, malgré les guerres, les destructions et les bouleversements.

Puis le regard se déplace vers le Beyrouth actuel, avec ses quartiers nouveaux et anciens, tels que Gemmayzé, ses galeries et ses boutiques, ses ateliers d’artistes et de créateurs, ses cafés où se poursuit cette vie si particulière qui semble toujours recommencer.

Pour donner une voix à cette histoire, Assouline a choisi Charif Majdalani, écrivain francophone qui a consacré une grande partie de son œuvre aux hommes, aux paysages et aux histoires qui composent le Liban.

Professeur à l’Université Saint-Joseph, chroniqueur au quotidien La Croix et président de la Maison internationale des écrivains de Beyrouth, Majdalani porte sur sa ville un regard à la fois intime et littéraire.

Son dernier roman, Le Nom des Rois, a été sélectionné pour le prix Goncourt en 2025.

Son apport ne cherche pas à transformer Beyrouth en carte postale, mais à restituer sa complexité, ses métamorphoses et cette étonnante capacité à renaître. Comme il le dit lui-même, « Beyrouth est photogénique jusque dans sa laideur ».

Et puis il y a Assouline. Fondée à Paris en 1994 par Prosper et Martine Assouline, la maison s’est imposée dans l’univers du livre de luxe en faisant du « beau livre » un véritable objet culturel et esthétique.

Ses ouvrages consacrés aux grandes villes, aux voyages, à l’art et aux civilisations sont reconnaissables à leur élégance et à leur ambition. Ils racontent un lieu autant par l’image que par l’atmosphère qu’il dégage.

Avec Beirut Habibi, Assouline offre bien davantage qu’un album consacré à une destination. Le livre ressemble plutôt à une déclaration d’amour à une ville qui refuse de disparaître, malgré les guerres, les destructions et les bouleversements.

Beyrouth y apparaît blessée mais vivante, ancienne mais toujours en mouvement, méditerranéenne par son paysage, arabe et levantine par son âme, et surtout profondément attachante.