PARIS: Voix reconnaissable entre toutes, présence magnétique teintée de mélancolie: Jean-Louis Trintignant, décédé vendredi à 91 ans, a mené pendant un demi-siècle une immense carrière au théâtre et au cinéma, de "Et Dieu... créa la femme" à "Amour".
Entré dans l'histoire du cinéma avec "Un homme et une femme" de Claude Lelouch - Palme d'or en 1966 -, il remporté le prix d'interprétation à Cannes pour "Z" de Costa Gavras en 1969 et le César pour "Amour" (2012) de Michael Haneke.
Trois sommets dans sa carrière.
Ce perfectionniste était aussi un homme inquiet et réservé qui confiait avoir eu des tentations suicidaires: "Je reconnais n'avoir jamais été très gai".
Ce pessimisme l'accompagne bien avant la mort de sa fille Marie avec qui il entretenait une grande complicité. Elle est morte en 2003 sous les coups de son compagnon, le chanteur Bertrand Cantat.
Quelques mois auparavant, père et fille avaient interprété en duo sur scène les "Poèmes à Lou" d'Apollinaire.
Ce décès tragique n'allait plus cesser de le hanter: "J'aurais pu arrêter ma vie à ce moment-là". Poussé par ses proches, il était remonté sur scène, trouvant une "thérapie" dans la poésie et le théâtre. Les planches, son "vrai métier", racontait-il à l'AFP. "On fait du ciné un peu par vanité", "pour ne plus être timide".





