PARIS: Cigare à la bouche et esprit frondeur, Jean-Luc Godard a marqué des générations de cinéphiles avec ses films cultes comme "A bout de souffle" ou "Le mépris", ses innovations formelles qui en ont fait une figure de la Nouvelle Vague et ses provocations.
"Je ne veux parler que de cinéma. Pourquoi parler d'autre chose? Avec le cinéma, on parle de tout, on arrive à tout", disait avec son accent traînant le Franco-Suisse, qui "a fichu la pagaille dans le cinéma", selon François Truffaut, son complice, un temps, de la Nouvelle Vague.
"JLG", qui a tourné une cinquantaine de longs-métrages depuis le début des années 1960 - auxquels s'ajoutent des dizaines de formats courts ou vidéos, était une figure à la fois familière et énigmatique, à l'image de ses films.
Cinéaste parmi les plus étudiés dans le monde, il a été honoré par un César et un Oscar pour sa carrière, ainsi que par une Palme d'or spéciale à Cannes en 2018.
Les films de l'homme aux lunettes en écaille tranchaient par leur montage inédit, nerveux, une utilisation très personnelle des citations littéraires, ou leur esprit provocateur.
"JLG" a toujours divisé critiques et public: pour certains, c'est un génie, pour d'autres un cinéaste à l'oeuvre hermétique.
Il a su occuper comme personne le domaine de la théorie du cinéma, livrant ses préceptes: "Quand on va au cinéma, on lève la tête. Quand on regarde la télévision, on la baisse" ou "le cinéma n'est pas à l'abri du temps. Il est l'abri du temps".





