MANAMA: Quiconque observe l’évolution de l’Arabie saoudite en conviendra aisément: le pays se transforme, et il mise avant tout sur les secteurs de la culture et des loisirs.
Parmi les gigaprojets qui visent à transformer le royaume, trois sont directement liés à ces secteurs: Al-Qiddiya, la ville des loisirs, AlUla, dont le patrimoine somptueux se révèle progressivement au monde, et les installations touristiques de la mer Rouge, qui ont pour objectif de rendre cette zone plus attractive en développant le secteur des loisirs.
Ce changement s’est effectué de façon très rapide grâce au tournant de 2018-2019: la musique a été alors autorisée dans les lieux publics; les cinémas, les théâtres, les musées ont également été autorisés à sortir de terre, et ils ne s’en sont pas privés. Le budget que l’Arabie saoudite consacre à la culture et aux loisirs est devenu le plus important du monde, car tout était à construire. Le public ne s’y est pas trompé: il s’est massivement rendu aux différents événements organisés dès que la situation sanitaire l’a rendu possible.
Pour autant, cette montée en puissance culturelle inédite sur le plan mondial s’est accompagnée d’une demande d’expertise et de formation sans précédent: ces métiers n’existaient pas auparavant en Arabie, les Saoudiens n’y étaient fort logiquement pas formés. Cette demande fait bien entendu écho à la priorité politique du gouvernement qui consiste à faire travailler les jeunes Saoudiens dans le secteur privé aux postes les plus qualifiés possible. Étant donné la volonté exprimée par le prince héritier, Mohammed ben Salmane, de mettre l’accent sur le tourisme, les loisirs et la culture, il est devenu indispensable de valoriser les carrières dans des secteurs attractifs.
C’est précisément dans ce domaine qu’un pays comme la France est particulièrement susceptible d’apporter son expertise. L’Hexagone est la première destination touristique mondiale. En termes de loisirs et de la culture, il se situe au tout premier plan. En outre, il dispose d’un patrimoine admiré par des millions de touristes chaque année.
Par ailleurs, la France a su faire valoir sa différence et sa singularité face à la tentation hégémonique américaine. Elle est apparue comme un partenaire naturel pour accompagner l’Arabie saoudite dans sa transformation en pays touristique.
Cette association s’est d’abord faite de façon tout à fait privée, avec la nomination du Français Philippe Gas comme PDG d’Al-Qiddiya, la ville des loisirs. Il le dit lui-même: cette mission est «le projet de sa vie». Cet entrepreneur a effectué toute sa carrière chez Disney, de Paris à l’Asie; il présentait le profil idéal pour créer de toutes pièces une ville destinée à attirer les touristes du monde entier.
Experts de niveau mondial
La France est également présente auprès de la Commission royale pour AlUla, fondée au mois de juillet 2017 et présidée par le prince héritier. Ses objectifs sont la transformation de la région d’AlUla, la promotion de son patrimoine naturel et culturel ainsi que la valorisation de sa population. L’Agence française pour le développement d’AlUla est un opérateur qui a pour mission de mettre à disposition des ressources en termes de valorisation et de formation tout en déployant sur place des experts de niveau mondial afin d’accompagner le Royaume dans sa transformation.





