Sans ressources, le château de Chantilly appelle l'État au secours

Sans ressources, le château de Chantilly appelle l'État au secours
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Sans ressources, le château de Chantilly appelle l'État au secours

Sans ressources, le château de Chantilly appelle l'État au secours
  • Cinq mois de fermeture en 2020, Covid oblige, ont occasionné 5 à 6 millions de pertes
  • Chantilly, au nord de Paris, s'enorgueillissait d'avoir 450 000 visiteurs par an, dont 30% d'étrangers

CHANTILLY: L'une dépoussière méticuleusement des porcelaines, une autre se prépare à enregistrer une vidéo sur un tableau de Poussin : avec la crise sanitaire, le domaine de Chantilly (Oise) s'est transformé en belle endormie, qui en appelle à l'État pour le sauver.  

Cinq mois de fermeture en 2020, Covid oblige, ont occasionné 5 à 6 millions de pertes. L'ardoise s'allonge chaque jour un peu plus : énormes frais d'entretien, de chauffage. Charges pour les 130 salariés, des conservateurs aux palefreniers. Aucune billetterie. Les spectacles équestres réputés -130 par an-, annulés...

Chantilly, au nord de Paris, qui s'enorgueillissait d'avoir 450 000 visiteurs par an, dont 30% d'étrangers, « en appelle au gouvernement, au président de la République », souligne Christophe Tardieu, son administrateur général. Il a lancé sur internet une collecte inédite qui a déjà rapporté 100 000 euros. Des dons bienvenus mais complètement insuffisants. 

« On ne peut imaginer que ce trésor national et international soit abandonné », s'émeut Mathieu Deldicque, conservateur du patrimoine, qui parcourt l'exposition présentant des porcelaines de Meyssen et Chantilly, qu'il a obtenu de prolonger jusqu'à fin août, grâce à des prêteurs « très solidaires ».  

Le domaine abrite un centre équestre et, dans son château, le Musée Condé, avec la deuxième collection d'art ancien de France --des Très riches heures du Duc de Berry à une collection de tableaux inestimables, dont plusieurs Raphaël.

« Trou dans la raquette »

« Notre trésorerie en avril sera quasiment à zéro si nous continuons ainsi. Nous sommes dans le trou de la raquette (des aides) », se lamente Christophe Tardieu.

De nombreuses tâches doivent continuer d'être assurées : on restaure des portraits de Jean Clouet, peintre du XVIe siècle. On pourra enfin s'attaquer au grand chantier de la Bibliothèque du Théâtre, empoussiéré. Il y a l'entretien de l'immense parc de 115 hectares. Il y a la sécurité, les rondes de nuit, car des carpes et des cygnes ont été volés...

De vitrines, Anne-Claire Sauvage sort des assiettes en porcelaine à décor Kakiemon, et, lentement, avec un aspirateur spécial, enlève les poussières.