Augmenter les prix un peu, beaucoup, trop? Le délicat exercice des entreprises américaines

Augmenter les prix un peu, beaucoup, trop? Le délicat exercice des entreprises américaines
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Augmenter les prix un peu, beaucoup, trop? Le délicat exercice des entreprises américaines

Augmenter les prix un peu, beaucoup, trop? Le délicat exercice des entreprises américaines
  • Les entreprises de la distribution sont sur une corde raide. Entre les problèmes de chaînes d'approvisionnement, la hausse des prix des matières premières et des salaires de leurs employés, leurs coûts augmentent fortement
  • Les ventes de biens de consommation courante ont reculé en avril de 1% en valeur, mais de 7% en volume. "Les gens dépensent autant, pour moins de produits", selon Marshal Cohen, spécialiste de la distribution pour le cabinet NPD

NEW YORK : Qu'elles vendent des sodas ou des matelas, les entreprises américaines sont parvenues ces derniers mois à augmenter leurs prix sans rencontrer trop de résistance de la part des consommateurs. Mais, alors que l'inflation s'installe, l'exercice devient de plus en plus délicat.

Chris Scharff a bien remarqué que les tarifs avaient grimpé tous azimuts.

Pour cet employé dans la sécurité informatique dans l'Etat de New York, ces petites hausses ne sont pas encore rédhibitoires. Mais "je fais clairement plus attention", dit-il à l'AFP.

Si l'inflation, quasiment à son plus haut depuis 40 ans aux Etats-Unis, devait persister, Eric Schwartz, éditeur habitant dans le Connecticut (nord-est), prévoit de réduire ses dépenses "à la marge": moins de trajets en voiture, moins de restaurants et "un peu plus de pâtes".

Les entreprises de la distribution sont sur une corde raide. 

Entre les problèmes de chaînes d'approvisionnement, la hausse des prix des matières premières et des salaires de leurs employés, leurs coûts augmentent fortement.

Mais elles doivent désormais faire attention à ne pas trop monter leurs prix pour ne pas rebuter les clients.

Le fabricant des cigarettes Marlboro, Altria, a ainsi observé que les parts de marché des cigarettes les moins chères avaient augmenté au premier trimestre.

Le vendeur de parquets Armstrong Flooring a, lui, déposé le bilan dimanche dernier faute d'avoir pu relever suffisamment ses prix pour couvrir la hausse des matières premières et du transport.

Avec les aides du gouvernement, la hausse des salaires et le fait qu'ils restaient à la maison, "les consommateurs ont dépensé à des niveaux très élevés pendant la pandémie", rappelle Marshal Cohen, spécialiste de la distribution pour le cabinet NPD. Mais entre la reprise des dépenses de loisirs et l'inflation, les consommateurs "deviennent plus sélectifs".

Selon NPD, les ventes de biens de consommation courante ont reculé en avril de 1% en valeur, mais de 7% en volume. "Les gens dépensent autant, pour moins de produits", résume M. Cohen.

Ne pas offusquer

"Même si cela fait plusieurs mois que l'inflation est apparue, c'est seulement maintenant qu'elle commence à vraiment avoir de l'effet" car les consommateurs ont compris qu'elle n'était pas temporaire, estime Neil Saunders, du cabinet Global Data. 

Ils réagissent différemment en fonction de leurs moyens, certains rognant sur les dépenses jugées superficielles comme les vacances ou les abonnements au streaming, d'autres allant jusqu'à éliminer tout achat de vêtements ou à choisir les marques moins chères.

Procter & Gamble, qui vend aussi bien des lessives, des dentifrices, que des couches, augmente ses prix depuis juin dernier et prévoit de nouvelles hausses cet été. 

L'ampleur et le moment des augmentations dépend de chaque catégorie, a souligné le directeur financier, Andre Schulten, lors de la présentation des résultats du groupe fin avril.

Procter & Gamble veille en particulier à offrir un large éventail de prix sur un même produit mais les consommateurs, jusqu'à présent, "continuent de se tourner vers les marques premium".