Blocage des lycées en France : un élève gravement blessé à la veille d'une grande journée de mobilisation

Les lycéens réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences de professeurs non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.
Les lycéens réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences de professeurs non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.
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Blocage des lycées en France : un élève gravement blessé à la veille d'une grande journée de mobilisation

Blocage des lycées en France : un élève gravement blessé à la veille d'une grande journée de mobilisation
  • Parmi les 3.700 lycées du pays, où sont scolarisés les enfants de 15 à 18 ans, le nombre d'établissements perturbés était en baisse, à 589 contre près de 800 vendredi, selon le ministère de l'Education.
  • La journée a été marquée par la blessure à Lens, dans le nord de la France, d'un jeune de 15 ans qui a eu la main arrachée lors d'une manifestation, selon le préfet.

PARIS: A la veille d'une nouvelle journée de mobilisation du mouvement lycéen en France auquel se joindront mardi des syndicats, la colère est restée forte lundi avec des centaines d'établissements fermés et plusieurs incidents, dont un grave concernant un jeune de 15 ans ayant perdu une main.

Manque de moyens, de professeurs, délabrement des locaux, plateforme de candidature pour l'enseignement supérieur jugée sélective et opaque... "Les problèmes sont clairs", estime Alma, du lycée Charlemagne à Paris, qui n'a pas souhaité donner son nom. "Quand on voit la chute de notre classement sur Pisa, c'est un système d'éducation qui ne fonctionne pas".

Début septembre, l'étude internationale Pisa, qui sonde les performances des systèmes éducatifs à travers les compétences des élèves de 15 ans, a donné pour la France les résultats les plus bas jamais mesurés depuis 2000 - ils restent cependant dans la moyenne des pays de l'OCDE.

Parmi les 3.700 lycées du pays, où sont scolarisés les enfants de 15 à 18 ans, le nombre d'établissements perturbés était en baisse, à 589 contre près de 800 vendredi, selon le ministère de l'Education.

La journée a été marquée par la blessure à Lens, dans le nord de la France, d'un jeune de 15 ans qui a eu la main arrachée lors d'une manifestation, selon le préfet.

Une situation "humainement tragique", a déclaré le ministre de l'Education Edouard Geffray, ajoutant ne pas connaître les circonstances du drame.

Cent quatre-vingt-dix élèves ont été blessés depuis le début du mouvement.

"Dérive globale"

Plusieurs syndicats ont accusé le gouvernement de "réprimer" les mobilisations lycéennes avec une brutalité "disproportionnée", pour faire taire des revendications "légitimes".

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a dénoncé une "dérive globale par rapport à l'Etat de droit" des interventions policières et Amnesty International a appelé les autorités à une "désescalade".

Six enquêtes de la police des polices sont en cours.

Débuté le 17 septembre en région parisienne, le mouvement lycéen, rejoint par des étudiants, s'est progressivement étendu avant de s'enflammer jeudi dans de nombreuses villes de France.

Cette colère explose à sept mois de l'élection présidentielle, dans un climat social et politique tendu, avec la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen donnée favorite par les sondages, et la flambée des prix des carburants.

Le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste a déclaré qu'il "craignait" un embrasement au niveau national du mouvement lycéen et étudiant. Lundi, l'Union étudiante a recensé 32 sites universitaires bloqués.

Depuis le début de la mobilisation, plus de 5.000 personnes, dont 87% de mineurs, ont été placées en garde à vue, a indiqué lundi le ministère de la Justice. A ce stade, 1.802 personnes font l'objet de poursuites.

Les services du Premier ministre ont condamné des "violences urbaines" et en ont imputé la responsabilité à La France insoumise (gauche radicale).

Par la voix de son coordinateur Manuel Bompard, LFI a dit "déplorer" les violences, mais regretté que l'exécutif "résume" le mouvement à ces débordements.

"Escarmouches"

Les lycéens réclament plus de moyens pour leurs établissements. Ils dénoncent l'insalubrité des bâtiments, des classes surchargées, ou des absences de professeurs non remplacées, particulièrement dans les quartiers populaires.

Concernant les violences, "c'est pas vraiment les lycéens, c'est plutôt les gens en dehors qui viennent casser et du coup décrédibiliser le mouvement", estime une lycéenne de Bordeaux de 17 ans, qui a souhaité rester anonyme.

Sur l'ensemble du territoire, les incidents semblent moindres que vendredi.

Un lycée parisien a néanmoins été touché par "un feu sur la porte d'entrée (...) par des individus extérieurs", selon le rectorat.

Le mouvement pourrait prendre une autre dimension mardi. Une vaste intersyndicale de l'Éducation nationale a appelé à participer aux mobilisations.

Le syndicat CGT a annoncé vouloir prêter main forte pour encadrer les manifestations lycéennes.

Sur les réseaux sociaux ont par ailleurs fleuri des appels à une "semaine noire", avec des blocages quotidiens.

La Belgique voisine a fait face lundi à une troisième journée de manifestations, des élèves de l'enseignement secondaire, mobilisés contre des mesures d'économie annoncées en Belgique francophone.