PARIS: "Très immature": le président d'Horizons, Edouard Philippe, multiplie les coups de griffe à l'égard de son adversaire du bloc central pour la présidentielle Gabriel Attal, dans un livre à paraître mercredi.
Depuis plusieurs mois, le camp du patron de Renaissance, se disant "meilleur en campagne", instille auprès de la presse une comparaison peu flatteuse, caricaturant Edouard Philippe en un autre Edouard, Balladur: longtemps favori de l'élection présidentielle de 1995, celui-ci avait été devancé au premier tour par son concurrent Jacques Chirac.
Le maire du Havre réplique dans un ouvrage des journalistes Jérémy Marot (AFP) et Pauline Théveniaud (RTL), Le Crépuscule des princes (Editions du Rocher), dans lequel s'expriment, souvent sans filtre, les principaux acteurs de l'élection à venir.
"Amusant, mais aussi très, très immature (...) Dire +Je suis meilleur en campagne que lui+, ça veut dire quoi ? (...) Il a gagné quelles campagnes ? Trois campagnes législatives, dans les Hauts-de-Seine, avec l'étiquette macroniste", s'agace l'ancien Premier ministre, oubliant au passage sa promesse de ne "pas tomber dans le ballet des petites phrases".
"Balladur, c'était un type qui était élu parisien, qui n'avait jamais été élu local. Ça ressemble beaucoup à Gabriel…", poursuit-il, soulignant que son cadet n'a "pas fait un an au ministère de l'Education", "n'a jamais fait un budget à Matignon".
Et de glisser qu'il s'est fait "un peu chier" devant l'annonce de candidature du député de 37 ans dans l'Aveyron, en mai dernier.
"Comme je suis le meilleur en campagne… je ferai le rassemblement. A la fin, ce qui compte c'est celui qui a le plus envie", réaffirme également dans ce livre Gabriel Attal, qui se targue aussi d'avoir "une capacité à avoir des positions tranchées qu'(Edouard Philippe) n'a pas".
A distance, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), fustige un "combat de coqs" où les candidats "vont tous jouer les gros bras". Tandis qu'à l'Elysée le conseiller en communication du président, Jonathan Guémas, regarde avec circonspection ces "deux TGV lancés à pleine vitesse". Parviendront-ils comme ils s'en sont fait la promesse à une entente début 2027 ?
Engagés dans une guerre de succession sans merci, les héritiers d'Emmanuel Macron montrent peu d'empressement à défendre son bilan.
Edouard Philippe, qui avait marqué les esprits il y an en appelant à une "élection présidentielle anticipée", redit aux deux journalistes son sentiment d'un second quinquennat "raté", pire, d'un "désastre".
Le patron de LR Bruno Retailleau a lui déjà tourné la page: "Le macronisme, c'est Emmanuel Macron tout seul, ce n'est pas un projet. Il s'éteindra à la fin de son dernier quinquennat".





