La campagne d'Attal et de Philippe percutée par la crise des carburants

Cette combinaison de photos, réalisée le 24 août 2026, montre Gabriel Attal à Paris le 23 septembre 2020 (à gauche) et Édouard Philippe à Paris le 26 février 2025.  À huit mois de la présidentielle, les relations se tendent entre leurs équipes, alors que les deux hommes sont talonnés dans les sondages par Jean-Luc Mélenchon et distancés par Marine Le Pen. (AFP)
Cette combinaison de photos, réalisée le 24 août 2026, montre Gabriel Attal à Paris le 23 septembre 2020 (à gauche) et Édouard Philippe à Paris le 26 février 2025. À huit mois de la présidentielle, les relations se tendent entre leurs équipes, alors que les deux hommes sont talonnés dans les sondages par Jean-Luc Mélenchon et distancés par Marine Le Pen. (AFP)
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La campagne d'Attal et de Philippe percutée par la crise des carburants

La campagne d'Attal et de Philippe percutée par la crise des carburants
  • La crise des carburants impacte la campagne présidentielle d'Édouard Philippe et Gabriel Attal, les forçant à ajuster leurs stratégies
  • Le gouvernement privilégie des aides ciblées plutôt qu'une baisse générale des taxes sur les carburants en raison des finances publiques dégradées

PARIS: La crise des carburants perturbe la campagne des candidats à la présidentielle du bloc central, Edouard Philippe et Gabriel Attal, qui se retrouvent seuls à soutenir peu ou prou les positions du gouvernement et doivent réviser leurs plans médias, voire leurs programmes.

L'exécutif tente de calmer la grogne sociale sur les prix des carburants, qui entament le pouvoir d'achat des Français devenu un thème majeur de la campagne.

Mais sa marge de manœuvre est faible compte tenu de la dégradation des finances publiques et d'une guerre au Moyen-Orient qui s'éternise. Et il exclut notamment une baisse des taxes sur les carburants.

Aides "ciblées"

Les deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron engagés dans la course à l'Elysée, sont d'accord avec le principe du gouvernement de rester sur des aides "ciblées" et non générales face à la flambée des prix à la pompe.

Tout au plus, le candidat d'Horizons a-t-il proposé un "doublement" de ces aides qui serait financé par "des économies sur les dépenses de l'État".

L'ancien locataire de Matignon sait de quoi il parle. Celui qui était aux manettes lors de la crise des gilets jaunes fin 2018, explique que l'expérience (lui) a appris qu'avant de demander un effort aux Français dans le prochain budget, il faut toujours prendre en compte ce qu'ils vivent.

Mesure "politicienne"

Comme lui, son rival Gabriel Attal pour Renaissance soutient l'aide aux gros rouleurs qui pourrait être prolongée. Il demande juste que le gouvernement "écrive" aux 1,5 million de Français qui y ont droit mais ne l'ont pas encore demandée.

Le ministre de l'Economie Roland Lescure plaide même pour que cette aide leur soit versée "automatiquement".

Face à eux, les candidats comme Marine Le Pen (Rassemblement national) et Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) veulent des mesures générales, soit de baisse de taxes, soit de blocage des prix.

Gabriel Attal a répondu lundi qu'il ne pouvait, au vu du déficit et de la dette, soutenir une baisse de la TVA sur les carburants de 20% à 5,5% comme proposé par le RN, qui coûterait de 12 à 15 milliards d'euros.

Comme ceux (des candidats, ndlr) qui ne sont pas aux manettes aujourd'hui, la chose la plus simple pour moi, la plus populaire sans doute et aussi la plus politicienne, ce serait de (...) vous expliquer qu'il faut baisser toutes les taxes, a-t-il affirmé sur BFMTV lundi soir.

Ce qui lui a valu une passe d'armes sur X avec Marine Le Pen, qui l'a accusé de juger "souhaitable que les Français continuent de payer leur litre de carburant à 2,40 euros".

Retraites

Le secrétaire général de Renaissance l'a renvoyée à ses "alliances" avec le président américain Donald Trump, à l'origine de la guerre déclenchée en février contre l'Iran qui provoque l'envolée des prix des carburants et se prolonge.

Cette crise a conduit également les candidats à adapter les plans de leurs campagnes.

Edouard Philippe a d'abord écourté la semaine dernière un déplacement à Angers pour participer à la réunion des chefs de partis autour d'Emmanuel Macron sur la crise énergétique et les menaces russes.

Et il a dû encore revoir ses plans cette semaine pour cause de 20H télévisé du président jeudi soir, alors que lui devait participer à la nouvelle émission "L'heure de vérité" sur France 2, qui a du coup été reportée.

L'occasion aussi pour le candidat de mettre sur pause la présentation de sa réforme des retraites, prévue cette semaine et reportée à fin septembre.

La co-directrice de sa campagne Marie Guévenoux affirmant qu'elle n'aura pas lieu "avant le départ du pape" le 28 septembre afin de bénéficier d'une bonne attention médiatique.

Le candidat Horizons devait apporter des éclaircissements sur la "retraite à 67 ans" qui lui colle à la peau, alors que son soutien, le Garde des Sceaux Gérald Darmanin, y est opposé.

Mais en pleine crise du pouvoir d'achat, demander aux Français de travailler plus peut sembler délicat.

"Le trait est fin", admet un de ses proches, qui semble savoir que cet âge de 67 ans "ne va pas être au cœur" de son programme. Pour autant Edouard Philippe "ne voudra pas non plus éluder ou faire croire qu'il ne faut pas aller au-delà de 64 ans".