Les lycéens ont désormais la journée de samedi en ligne de mire

Avant d'entamer deux semaines de vacances et alors que des blocages perturbent encore des établissements, les lycéens mobilisés ont en ligne de mire la journée d'action de samedi, où les jeunes sont appelés à rejoindre la contestation des gilets jaunes
Avant d'entamer deux semaines de vacances et alors que des blocages perturbent encore des établissements, les lycéens mobilisés ont en ligne de mire la journée d'action de samedi, où les jeunes sont appelés à rejoindre la contestation des gilets jaunes
Short Url

Les lycéens ont désormais la journée de samedi en ligne de mire

Les lycéens ont désormais la journée de samedi en ligne de mire
  • Devant le lycée Ampère dans le centre Lyon, touché par le blocage depuis le 1er octobre, les cours sont en distanciel. Contrairement aux jours précédents, aucun lycéen n'est devant l'établissement, ni aucune barrière ou poubelle ne bloque l'entrée.
  • "Le distanciel est bien une tentative d'étouffement du mouvement, nous bloquons par ailleurs d'autres établissements", ont indiqué à l'AFP les organisateurs du blocage de ce lycée.

PARIS: Avant d'entamer deux semaines de vacances et alors que des blocages perturbent encore des établissements, les lycéens mobilisés ont en ligne de mire la journée d'action de samedi, où les jeunes sont appelés à rejoindre la contestation des gilets jaunes.

Vers 08H00, la préfecture du Rhône relevait neuf établissements (5 lycées, 4 universités) concernés par des barricades ou des petits rassemblements, un début de matinée "plutôt calme".

Devant le lycée Ampère dans le centre Lyon, touché par le blocage depuis le 1er octobre, les cours sont en distanciel. Contrairement aux jours précédents, aucun lycéen n'est devant l'établissement, ni aucune barrière ou poubelle ne bloque l'entrée.

"Le distanciel est bien une tentative d'étouffement du mouvement, nous bloquons par ailleurs d'autres établissements", ont indiqué à l'AFP les organisateurs du blocage de ce lycée.

A Lille, comme depuis deux semaines environ, l'accès à Science Po était bloqué par une trentaine d'étudiants, qui avaient entassé des bacs de poubelles devant l'entrée.

"J'ai un peu l'impression que (la journée de samedi, ndlr) va être une sorte d'aboutissement", dit Marie-Lou, 18 ans. "On va être rejoint par les travailleurs, par les gilets jaunes qui vont se remobiliser aussi, on a aussi un peu l'espoir qu'il y a la convergence de toutes les luttes".

Les revendications multiples de cette journée de mobilisation, qui fédère gilets jaunes, agriculteurs ou encore chauffeurs de VTC, "rejoignent" celles de la jeunesse, a estimé la numéro un de la CGT Sophie Binet sur France Inter, contestant tout essoufflement" du mouvement des lycéens avancé par le gouvernement.

Pour y répondre, le Premier ministre Sébastien Lecornu doit "d'urgence" annoncer la fin de Parcoursup et "changer en profondeur" le projet de budget "pour enfin faire le choix de l'avenir et financer notre éducation et notre enseignement supérieur", a-t-elle jugé.

"Pas écoutés"

Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a de nouveau échangé avec les organisations lycéennes jeudi soir, pour la troisième fois depuis le début du mouvement.

Selon lui, des avancées ont été faites: "Une bonne partie du chemin a été fait pour entendre les revendications", a-t-il déclaré à la sortie. Il a notamment indiqué que les modifications qui seront apportées à Parcoursup fin octobre s'appliqueront aux élèves actuels de terminale.

"Nous avons quitté la réunion parce que nous n'étions pas écoutés; on nous annonce une nouvelle réunion lundi à laquelle nous ne nous rendrons pas", a déclaré à l'issue à des journalistes Marius Mesnil, de l'Union syndicale lycéenne, appelant à rejoindre le mouvement du 17 octobre.

"La mobilisation ne s'arrêtera pas si on n'obtient pas des états généraux pour la refonte de Parcoursup et un plan national de bâti scolaire +ni frigo ni fournaise+", a enfin déclaré Nathanaël Combary, président du Renouveau lycéen et militant du parti Renaissance.

Les organisations espéraient des annonces concrètes sur les problèmes de bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps, qui sont au coeur de leur mécontentement.

Parti d'un établissement de banlieue parisienne le 17 septembre, le mouvement s'est propagé en France, soutenu par des organisations étudiantes et syndicales.

Seule réponse concrète apportée pour le moment par le gouvernement: un plan d'urgence de remplacement de professeurs absents, qui s'est traduit par l'affectation depuis vendredi de 2.000 remplaçants, sur les 3.000 promis, selon le ministère de l'Éducation nationale.

"Sur ces 3.000 personnes, (...) quasiment les deux tiers ont d'ores et déjà été affectés", a précisé jeudi Édouard Geffray.

Il a par ailleurs relevé que depuis le début de la mobilisation, 165 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés.

Le mouvement s'est transformé en "un mouvement de violences urbaines", qui fait "injure d'ailleurs aux lycéens", a dénoncé Sébastien Lecornu.