PARIS: Après plusieurs semaines de mobilisation, les organisations lycéennes doivent être reçues pour la troisième fois jeudi par le ministre de l’Éducation et devraient aborder une nouvelle fois les problèmes de bâti scolaire, Parcoursup et les emplois du temps.
Avant cette rencontre, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, doit se rendre dans la matinée dans l'agglomération bordelaise.
La réunion est prévue à 17H30 au ministère de l’Éducation à Paris.
"On attend des choses concrètes sur Parcoursup, le bâti scolaire, les emplois du temps", rappelle à l'AFP Pierre Sourzat, représentant de Les Lycéens!, déplorant n'avoir eu que des "miettes" jusqu'à présent.
A l'issue de la précédente réunion, jeudi 8 octobre, son association et l'Union syndicale lycéenne (USL) s'étaient dites insatisfaites et avaient appelé à la poursuite des actions.
Le représentant de Renouveau lycéen, Nathanaël Combary - également adhérent du parti Renaissance - avait, lui, salué "quelques avancées", notamment sur la représentativité des lycéens dans des instances consultatives.
Le gouvernement s'est dit prêt à travailler sur l'accompagnement lors de l'orientation au lycée et à des modifications de la plateforme Parcoursup, mais refuse de supprimer le système actuel.
Parti d'un établissement de banlieue parisienne le 17 septembre, le mouvement des lycéens s'est propagé à l'ensemble du territoire, soutenus par des organisations étudiantes et syndicales.
Annoncé jeudi dernier, le plan ministériel de redéploiement de 3.000 enseignants titulaires remplaçants, associé à l'embauche de contractuels, n'a pas convaincu les lycéens mobilisés, qui déplorent des heures d'enseignement perdues à cause d'absences non remplacées.
Mercredi en fin de matinée, encore 160 établissements étaient bloqués, selon les chiffres ministériels.
Depuis le début du mouvement, sur les 3.700 lycées français, un tiers n'a "jamais été perturbé", un tiers "a connu une perturbation très modérée sur une durée très limitée", et un tiers des lycées a connu "une perturbation plus importante", selon Édouard Geffray, qui s'est plusieurs fois indigné d'"une violence totalement débridée dirigée contre le service public de l'éducation".
"Laminés", les proviseurs sont appelés par leur principal syndicat à une "opération rideaux" jeudi après-midi, consistant à ne gérer que les urgences, pour signifier leur "ras-le-bol".
Trente-sept établissements ont été "partiellement incendiés" selon M. Geffray, environ 150 personnels ont été blessés et la police des polices a ouvert 36 enquêtes.
"Des événements comme ceux qu'on connaît actuellement, vont générer des milliers de décrocheurs, singulièrement en voie professionnelle", s'est inquiété le ministre, alors que le gouvernement espère que les vacances mettront un terme au mouvement.
Après une nouvelle journée de mobilisation mardi, qui a réuni entre 161.000 et 480.000 personnes, des organisations de jeunesse appellent, elles, à rejoindre la mobilisation samedi avec des gilets jaunes.





