PARIS: L'enseignement supérieur, dont des étudiants ont rejoint le mouvement des lycéens, connaît jusqu'ici "quelques blocages, quelques dégradations", dans "une quarantaine de sites", loin de la "violence intolérable" touchant les lycées, a estimé jeudi Philippe Baptiste.
"Une quarantaine de sites ont connu des événements divers -un site, ça peut être un bâtiment ou un morceau de campus-", "il y a eu quelques blocages, quelques dégradations très limitées. Donc, à ce stade, aujourd'hui, ça n'a rien à voir avec ce qu'on peut voir dans les lycées", a déclaré le ministre de l'Enseignement supérieur sur France Info.
Les lycées sont la cible d'une "violence intolérable, inadmissible", avec "des personnels de l'Education nationale blessés, des lycéens aussi blessés par les jets divers de projectiles, des forces de l'ordre", a considéré le ministre, jugeant "scandaleux" les "partis politiques qui considèrent la violence légitime"; Selon lui, "il faut dénoncer La France Insoumise qui tient ce discours".
Dans l'enseignement supérieur, Philippe Baptiste a aussi jugé qu'il y a eu "un travail assez construit avec des revendications des syndicats étudiants assez claires et assez posées", "déjà beaucoup portées précédemment autour des questions de précarité étudiante, du nombre de places".
"Donc la situation est un peu différente" des lycées, selon lui. "Après, les choses peuvent évoluer. Évidemment, on est extrêmement attentifs avec les recteurs, avec les présidents de l'université. Et je voudrais aussi saluer le travail des personnels dans les universités, très mobilisés, qui suivent attentivement la situation".
Le ministre a aussi été interrogé sur le projet de budget 2027, qui prévoit de faire payer 178 euros de droits annuels en BTS aux étudiants non boursiers et 270 euros pour ceux en classes préparatoires aux grandes écoles, mesure dénoncée comme une "provocation" par la gauche et la CGT.
"C'est un projet de budget et tout ça doit être discuté (...) Je comprends que ça génère effectivement aujourd'hui beaucoup d'émotions. On travaille sur cette question-là. Je pense que le ministre de l'Éducation nationale s'exprimera sur cette question-là dans pas longtemps", a glissé Philippe Baptiste, se refusant à dire si cela pourrait être retiré du texte.
Quant à la généralisation du repas à 1 euro, qui fait déborder les restaurants universitaires faute de moyens suffisants, le ministre de l'Enseignement supérieur a reconnu "un immense appel d'air" et "un énorme travail des personnels dans les Crous".
Pour les moyens, "50 millions d'euros sont arrivés en 2026, là on va rajouter 20 millions d'euros", il y a eu "200 emplois en plus en 2026, je vous annonce qu'on rajoute 600 de plus", a-t-il indiqué.





