KABOUL: De hauts responsables des Nations unies et des dizaines d'ONG opérant en Afghanistan se concertent dimanche sur la marche à suivre après que les talibans leur ont ordonné de cesser de travailler avec des femmes, menaçant leur présence dans le pays.
Samedi soir pendant que l'Occident se préparait à célébrer Noël, le ministère afghan de l'Economie a ordonné à toutes les organisations non gouvernementales de cesser de travailler avec des femmes sous peine de suspendre leur licence d'exploitation.
Il n'a pas été précisé si la directive concernait le personnel féminin étranger des ONG.
Dans la lettre émise aux ONG locales et internationales, le ministère explique avoir pris cette décision après avoir reçu des "plaintes sérieuses" selon lesquelles les femmes y travaillant ne respectaient pas le port du "hijab islamique".
En Afghanistan, les femmes sont obligées de se couvrir le visage et entièrement le corps.
"Nous n'avons jamais été prévenus de problème concernant le code vestimentaire des femmes", a relaté dimanche une responsable d'associations sous anonymat.
"Une réunion de l'Equipe Humanitaire de Pays (HCT) est prévue dimanche pour se consulter et discuter de la manière d'aborder cette question", a déclaré à l'AFP Tapiwa Gomo, responsable de l'information pour le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies.
La HCT est composée de hauts fonctionnaires des Nations unies et de représentants de dizaines d'ONG afghanes et internationales qui coordonnent la distribution de l'aide à travers le pays.
Lors de la réunion organisée à Kaboul, les participants discuteront de l'opportunité de suspendre tout travail d'aide, ont fait savoir plusieurs responsables d'ONG.





