BERLIN : Le chancelier allemand Olaf Scholz reçoit jeudi à Berlin les dirigeants des pays baltes, ex-républiques soviétiques devenues membres de l'Otan, aux premières loges de la crise russo-ukrainienne et de la crainte de guerre aux frontières de l'Europe.
"La mission est d'assurer la sécurité en Europe et je crois que nous y parviendrons", avait déclaré mercredi le chancelier allemand, faisant montre d'optimisme en assurant croire dans les "progrès" nés de la reprise d'intenses échanges diplomatiques entre la Russie et les Occidentaux.
Après avoir accueilli mercredi la cheffe du gouvernement danois Mette Frederiksen, le successeur d'Angela Merkel va tenter de partager son optimisme avec la Lettonie, la Lituanie et l'Estonie, frontalières de la Russie.
Flanc oriental de l'Otan
Cette rencontre est d'autant plus stratégique que l'engagement de l'Otan en Pologne et dans les États baltes, flanc oriental et stratégiquement sensible de l'Alliance atlantique, constitue l'une des principales pommes de discorde avec la Russie, qui demande à l'Otan de reconsidérer son déploiement dans la région.
Olaf Scholz avait déclaré dimanche que l'Allemagne, qui dirige une opération de l'Otan en Lituanie, où 500 soldats allemands sont déployés, était prête à envoyer des troupes supplémentaires dans les pays baltes.
Après sa visite à Washington lundi, destinée à rassurer les Américains, puis une réunion mardi à Berlin avec la France et la Pologne, M. Scholz avance donc encore jeudi sur un fil, entre les attentes de ses partenaires occidentaux et la dépendance de son pays au gaz russe.
Cette rencontre avec les alliés baltes intervient à la veille d'un discours du chancelier devant le Bundestag, chambre basse du Parlement, et à moins d'une semaine de la visite très attendue que rendra le 15 février Olaf Scholz à Vladimir Poutine, la première depuis son élection à la chancellerie début décembre.
Les réticences de Berlin à la livraison par l'Estonie d'armes allemandes à Kiev ont créé des crispations ces dernières semaines et Olaf Scholtz tente de se défaire de son image d'homme effacé dans la crise, loin d'un Boris Johnson jouant la mouche du coche avec Moscou ou d'un Emmanuel Macron.





