En Grèce, le pape vient une nouvelle fois plaider la cause des migrants

En Grèce, le pape vient une nouvelle fois plaider la cause des migrants
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En Grèce, le pape vient une nouvelle fois plaider la cause des migrants

En Grèce, le pape vient une nouvelle fois plaider la cause des migrants
  • Pour l'archevêque catholique d'Athènes, Théodore Kodidis, la visite du pape François en Grèce orthodoxe «peut sembler un paradoxe» en raison d’«un climat antipapiste» traditionnel mais c'est «un signe d'espérance» vers l'unité des chrétiens
  • La communauté catholique de Grèce constitue une petite minorité, près de 1 % «peut-être 2 % avec les récentes migrations», dans ce pays où l'orthodoxie est religion d’État

ATHÈNES: Il vient certes rencontrer les migrants, mais c’est toute la communauté catholique, qu’elle soit locale, expatriée ou encore migrante, qui l’attend avec impatience en Grèce. Le Pape François entame en effet une tournée en Grèce le 5 et 6 décembre, après une visite de deux jours sur l’île de Chypre.

Si les deux pays sont majoritairement orthodoxes, il y existe une minorité catholique notamment en Grèce sur l’île de Syros, historiquement majoritairement catholique. D’ailleurs, lorsque la Grèce était sous le joug ottoman, Syros était doublement protégée par la France et le Vatican. Ensuite, lorsque l’île est devenue grecque, la nationalité grecque a été octroyée aux habitants de Syros et leurs noms de famille ont été «hellénisés». Par exemple, le nom «Russo» est devenu «Russos». 

Pour l'archevêque catholique d'Athènes, Théodore Kodidis, la visite du pape François en Grèce orthodoxe «peut sembler un paradoxe» en raison d’«un climat antipapiste» traditionnel mais c'est «un signe d'espérance» vers l'unité des chrétiens.Il rappelle que la communauté catholique de Grèce constitue une petite minorité, près de 1 % «peut-être 2 % avec les récentes migrations», dans ce pays où l'orthodoxie est religion d’État.

Cette visite est pour les catholiques de Grèce, «un moment d'unité, une occasion de se réunir autour de la figure du pape, car actuellement, on est une mosaïque d'origines différentes, une communauté multicolore avec les Polonais, les Philippins, les Africains, les Latino-Américains, etc. Unifier cette communauté est une belle chose, mais c'est aussi un défi», souligne l’archevêque. 

Les expatriés catholiques d’Athènes, très heureux de cette visite, se mobilisent d’ailleurs via des messageries instantanées et les réseaux sociaux pour informer leurs pairs de la procédure à suivre pour pouvoir assister à la messe que le papa va célébrer dans la capitale grecque.

Le pape François est le premier à fouler le sol d’Athènes en vingt ans. Dans quel climat sera-t-il accueilli?

Pour l’archevêque Théodore Kodidis, «accueillir un pape à Athènes, cela peut sembler un paradoxe car il y a un esprit antipapiste en Grèce traditionnellement, mais accepter la rencontre, c'est un signe d'espérance et de progrès». Et de noter qu’il y a vingt ans (pour la visite de Jean-Paul II en mai 2001), c'était très différent, c'était la première fois qu'un pape venait en Grèce, les réticences et les résistances étaient beaucoup plus fortes, parce que c'était aussi l'inconnu. Il y avait une inquiétude mais dès le premier jour, les choses ont changé: un pape venait avec une intention de créer des ponts, de dialoguer, de rapprocher les deux Églises.»