NAIROBI: Les rebelles du Front de libération du Peuple du Tigré (TPLF), qui affrontent depuis un an l'armée fédérale éthiopienne, ont affirmé samedi avoir pris la localité stratégique de Dessie, en région Amhara, voisine du Tigré, ce qu'a démenti le gouvernement éthiopien.
Mais des habitants ont indiqué voir des combattants du TPLF en ville, dont les troupes éthiopiennes se sont, selon eux, retirées après des combats.
Si elle était confirmée, la chute de Dessie, où avaient convergé depuis des mois des milliers de personnes déplacées par les combats au Tigré, constituerait un revers de taille pour les autorités éthiopiennes, engluées depuis un an dans un conflit armé avec le TPLF.
"La ville de Dessie est sous le contrôle total de nos forces", a affirmé sur Twitter Kindeya Gebrehiwot, un porte-parole du TPLF.
"Dessie et ses environs sont toujours aux mains de nos forces de sécurité", a répondu le service de communication du gouvernement éthiopien sur sa page Facebook.
Selon un commerçant de Dessie, joint par l'AFP, des combattants du TPLF arpentaient les rues de la ville samedi après-midi, pendant que des habitants s'entassaient dans des bus pour fuir vers le sud.
"La ville est désormais calme, les gens sont soit chez eux (...), soit en train de fuir", a déclaré ce commerçant se présentant sous le seul prénom de Fantahun.
Plus tôt, d'autres habitants de Dessie avaient état du départ de la localité des forces éthiopiennes et de l'entrée de premiers éléments du TPLF.
"Vers 02H00 du matin, les soldats éthiopiens ont commencé à quitter leurs positions dans la zone", a affirmé Amir, un habitant de Dessie qui a préféré ne pas donner son nom de famille.
Selon Mohammed, un autre résident, des rebelles tigréens du TPLF "sont entrés alors qu'il ne restait aucun soldat éthiopien" à Dessie, à environ 400 km au nord d'Addis Abeba.
"Je ne sais pas si les soldats sont partis ou s'ils ont été capturés", a-t-il ajouté en expliquant qu'il devait désormais lui aussi quitter la ville.
Les autorités éthiopiennes ne se sont pas exprimées dans l'immédiat au sujet de l'éventuelle chute de Dessie.
La plus grande partie du nord de l'Ethiopie est inaccessible pour les journalistes et les informations qui en proviennent sont très difficiles à confirmer de manière indépendante.





