ATHENES: Douze migrants sont morts lundi au large des îles grecques de Lesbos et de Samos, en mer Égée, dont six lors d'une collision avec un bateau des garde-côtes, a-t-on appris auprès de la police portuaire.
Une responsable du service de presse des garde-côtes grecs a indiqué à l'AFP qu'"une embarcation rapide de migrants est entrée en collision avec le flanc gauche de la patrouille de la police portuaire", lundi matin à 3,5 milles marin au large de l'île de Lesbos, en face des côtes de la Turquie.
Parmi les six personnes retrouvées mortes dans l'eau figure un nourrisson, quatre femmes et un homme.
Huit personnes ont survécu, selon cette même responsable.
Selon des médias grecs, les rescapés ont été hospitalisés pour les premiers soins à Mytilène, chef-lieu de Lesbos.
Un naufrage s'est également produit lundi à l'aube, à 3,7 milles marins des côtes de Samos, également proche des côtes turques, selon la même source.
"L'embarcation de migrants a chaviré et six personnes, cinq hommes et une femme, ont été repêchées sans vie", a précisé cette responsable.
Quatorze personnes, dont un passeur présumé iranien, ont en revanche survécu, a-t-elle précisé.
La nationalité des personnes mortes et rescapées n'a pas été précisé par les autorités portuaires.
Les accidents mortels d'embarcations de migrants tentant de rejoindre les îles grecques du nord et de l'est de la mer Egée mais aussi la Crète (sud), portes d'entrée dans l'Union européenne, sont fréquents.
Au moins 15 migrants sont morts en février au large de l'île grecque de Chios dans une collision entre leur embarcation et un patrouilleur des gardes-côtes grecs.
En septembre, une personne a trouvé la mort et 25 autres ont disparu dans le naufrage d'une embarcation de migrants au large de l'île de Gavdos, proche de la Crète.
"Les passeurs mettent gravement en danger les migrants", a dénoncé Thanos Plevris, ministre des Migrations et de l'Asile, sur la chaîne publique Ertnews, soulignant que les pressions s'accentuent aux frontières en cette période avant l'hiver.
Ardent partisan d'une politique migratoire très stricte, cet ancien élu d'extrême droite s'est félicité du travail effectué par les gardes-côtes grecs.
"Ils font tout ce qu’ils peuvent pour sauver des personnes tout en protégeant en même temps nos frontières", a-t-il fait valoir.
La Grèce figure parmi les cinq pays européens, avec l'Autriche, l'Allemagne, le Danemark et les Pays-bas, qui travaillent actuellement à la création de centres de rétention en Afrique où renvoyer des migrants déboutés du droit d'asile.
Cette initiative ne fait toutefois pas l'unanimité au sein des 27. Le président français Emmanuel Macron l'a jugée inefficace et non conforme aux valeurs de l'UE.
Le Conseil de l'Europe a adressé des lettres aux commissaires chargés de la politique migratoire de ces cinq pays de l'UE, leur soumettant des recommandations pour lever les potentielles atteintes aux droits humains liés à ces centres.
Les pays de l'UE ont enregistré au premier semestre 2026 quelque 332.000 demandes de protection internationale, un recul de 17% sur un an, soit le nombre le plus bas depuis cinq ans, selon l'agence de l'UE pour l'asile (EUAA).





