PARIS : La guerre en Ukraine est un théâtre d’opération grandeur nature pour les armes de pointe et les missiles de dernière génération. Le 18 mars, le ministre de la Défense russe annonçait avoir utilisé pour la première fois un missile hypersonique pour détruire une base militaire dans l'ouest de l'Ukraine. Ces armes, faut-il le rappeler, faisaient la fierté de Vladimir Poutine lors de leur toute première exposition au grand public à l’occasion des défilés militaire à Moscou en 2019.
Un missile Kinjal a en effet été tiré mi-mars sur une usine d'armement. Le Kinjal est aussi qualifié, dans le jargon militaire, de missile aéro-ballistique, selon la fiche technique de France Stratégie. Cette arme peut aussi bien être opérationnelle dans l'atmosphère qu’à basse altitude, ce qui la rend moins prévisible pour les équipements de défense antiaériens.
Ces missiles hypersoniques, sont capables de voler à une vitesse supérieure à cinq fois celle du son. Ils sont un enjeu majeur de recherche pour les armées les mieux équipées. Ils sont au cœur de la course aux armements entre la Chine, les États-Unis, la Russie, le Royaume uni, l’inde et la France.
D’après le communiqué du Darpa, bras scientifique de l’armée américaine, les Etats-Unis rattrapent leur retard sur Pékin et Moscou. La Darpa a précisé dans un communiqué, le 5 avril, que le missile avait parcouru 550 km à au moins 6.100 km/h pour atteindre une altitude de 20.000 m.
La France a aussi, réalisé avec succès un tir à blanc de la version améliorée de son missile air-sol destiné aux frappes nucléaires le 23 mars dernier, selon le ministère des Armées dans un communiqué partagé sur les réseaux sociaux après le tir. Avec ArianeGroup et l’Onera, les armées françaises travaillent également à rattraper leur retard en matière de missiles hypersoniques nouvelle génération.
Les particularités de ces missiles hypersoniques
Comme leur nom l'indique, leur rapidité est l’une des caractéristiques de ces armes qui mettent à mal les défenses antiaériennes et antimissiles de l’adversaire. Ces armes hypersoniques foncent sur leurs cibles à des vitesses supérieures à Mach5. Elles sont aussi manoeuvrables et imprévisibles. Contrairement à des missiles classiques, qualifiés de balistiques et parfois d’intercontinentaux, qui ont des trajectoires bien plus prévisibles ; les missiles hypersoniques peuvent être équipés de volets et d’ailerons leur permettant de rebondir sur différentes strates atmosphériques pour changer de direction.





