L'OMS appelle à éviter les erreurs du passé: vacciner les pays pauvres est une priorité

L'OMS appelle à éviter les erreurs du passé: vacciner les pays pauvres est une priorité
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L'OMS appelle à éviter les erreurs du passé: vacciner les pays pauvres est une priorité

L'OMS appelle à éviter les erreurs du passé: vacciner les pays pauvres est une priorité
  • Le directeur général a mis en garde contre le «nationalisme vaccinal pour servir des objectifs politiques à court terme
  • Le docteur Tedros a rappelé qu'il a fallu aux pays défavorisés «10 ans» pour accéder aux médicaments contre le VIH

GENEVE: C’est sur un ton très sombre que le patron de l"OMS a appelé vendredi à ne pas répéter les erreurs du passé et abandonner les pays pauvres en attendant que les richesses vaccinent leurs populations.
«Si nous gardons les vaccins pour nous, et si nous ne partageons pas, il y aura trois problèmes majeurs», a mis en garde Tedros Adhanom Ghebreyesus. «Un: un échec moral catastrophique; deux: cela permet à la pandémie de continuer à faire rage et trois: une reprise économique très lente».
«Donc c'est une faute morale, cela n'aidera pas à stopper la pandémie et cela ne ramènera pas les moyens de gagner sa vie. Est-ce que cela que nous voulons? C'est à nous de décider!», A lancé le directeur général, en fixant la caméra, lors d'un point de presse bi-hebdomadaire.
Il a puisé dans le passé pour donner plus de poids à sa mise en garde, au moment où les pays riches ont mobilisé les ressources pour pouvoir vacciner leur population tandis que les pays les plus pauvres doivent attendre pour pouvoir vacciner même leur personnel soignant, pourtant en première ligne.
Le docteur Tedros a rappelé qu'il a fallu que les pays défavorisés «attendent 10 ans» pour avoir accès aux médicaments permettant de lutter contre la pandémie du VIH. Pour l'épidémie de H1N1, les plus démunis ont bien eu accès au vaccin «mais après que l'épidémie soit finie», a-t-il rappelé.
Le directeur général a encore une fois mis en garde contre le «nationalisme vaccinal, qui peut servir des objectifs politiques à court terme. Mais c'est (une stratégie) à courte vue et vouée à l'échec».
Nous vivons «dans un village mondial» et que tant que le vaccin n'aura pas le droit d'endiguer la pandémie partout, personne ne sera en sécurité nulle part, a-t-il rappelé.

Les déclarations du patron arrivent dans un contexte de pénurie pour certains des vaccins les plus efficaces sur le marché, au grand dam des pays richesses.

S'ils ont pu acheter leur ticket d'accès à ces remèdes efficaces, ils sont souvent obligés de ralentir voire suspendre leurs campagnes de vaccination, provoquant la colère de la population.