PARIS: Les putschistes au Gabon et au Niger ont un profil similaire mais les circonstances des coups d'Etat survenus à un mois d'intervalle sont très différentes, souligne Elie Tenenbaum, chercheur à l'Institut français des relations internationales. Dans les deux cas, ils ne sont pas sans conséquences pour la France en Afrique.
QUESTION: Quels sont les points communs et les différences entre le coup d'Etat au Niger et le putsch au Gabon?
REPONSE: C'est le même profil de gens qui s'emparent du pouvoir: des militaires d'une garde présidentielle censés être les garants du régime et qui sont ceux les plus à même de le renverser. Mais il y a beaucoup de différences entre les deux coups d'Etat.
Le régime initial n'est pas le même. La légitimité de la réélection d'Ali Bongo était posée quand la légitimité de Mohamed Bazoum était réelle.
Le Gabon fait partie des pays d'Afrique centrale dominés par des régimes autoritaires, familiaux, installés depuis fort longtemps, contrairement au Niger où il y eu des alternances.
De plus, au Niger, la situation sécuritaire s'améliorait mais restait très compliquée là où au Gabon, il n'y a pas de fortes tensions sécuritaires, pas de guerre civile, pas de terrorisme ou de menace sécuritaire imminente.
D'ailleurs, les putschistes au Gabon dans leur communiqué ce matin évoquent une crise institutionnelle, politique, économique et sociale.
Au Niger, les militaires ont pris le pouvoir au prétexte de répondre à des questions de sécurité.





