CHAMAN : Les gardes-frontières pakistanais ont recouru jeudi au gaz lacrymogène pour disperser des centaines de personnes qui tentaient de forcer le passage à un poste-frontière avec l'Afghanistan, contrôlé depuis la veille du côté afghan par les talibans, ont annoncé des responsables locaux.
"Ce matin (jeudi), une foule de près de 400 personnes indisciplinées souhaitant traverser a tenté de franchir la frontière de force. Ils ont jeté des pierres, ce qui nous a forcés à utiliser du gaz lacrymogène", a déclaré à l'AFP un responsable sécuritaire ayant requis l'anonymat, au poste-frontière de Chaman (sud-ouest).
Plusieurs milliers de personnes, de nationalité afghane essentiellement, des commerçants et ouvriers agricoles, traversent chaque jour la frontière à Chaman. La frontière est fermée depuis le 6 juillet par les autorités pakistanaises, en raison de la situation sanitaire liée au Covid-19.
"Nous avons dû les bastonner parce que les gens étaient ingérables", a indiqué un autre responsable pakistanais des gardes-frontières, qui a aussi demandé à ne pas être identifié. Jumadad Khan, un haut responsable gouvernemental à Chaman, a précisé que la situation était maintenant "sous contrôle".
Les insurgés, qui avaient affirmé samedi contrôler 85% du territoire afghan, ont pris mercredi le contrôle du poste-frontière entre Chaman et Spin Boldak, en Afghanistan. Ce point de passage relie l'Afghanistan à la province pakistanaise du Baloutchistan (sud-ouest), réputée abriter une partie de la direction des talibans dans la ville pakistanaise de Quetta, ou recevoir les blessés talibans qui s'y font soigner.
Le Pakistan est depuis longtemps accusé de soutenir les talibans et de leur donner refuge.





