KABOUL: Effrayé par la vague de meurtres frappant des figures de la société civile afghane, Mohammad Yousuf Rasheed s'était résolu à envoyer sa famille en Turquie. Quelques jours après avoir pris cette décision, il était assassiné sans en avoir eu le temps.
Ce militant pro-démocratie a été tué en décembre à Kaboul en se rendant à son bureau. Il compte au nombre des quelque 180 assassinats ciblés commis depuis septembre, selon des responsables afghans qui en imputent la responsabilité aux talibans.
«Ils ont d'abord atteint au cœur, et ensuite, pour s'assurer qu'il soit bien mort, ils lui ont tiré encore et encore dans la tête», raconte son frère à Abdul Baqi Rasheed, dans leur maison familiale Kaboul.
Les meurtres de journalistes, personnalités politiques et religieuses, défenseurs des droits humains, juges, se sont multipliés récemment en Afghanistan, semant la terreur dans le pays et incitant des membres de la société civile à se cacher ou s'exiler.
Cela semble avoir coïncidé avec l'ouverture en septembre à Doha de négociations de paix entre les talibans et le gouvernement afghan, destinés à mettre fin à deux décennies de guerre.
L'analyste politique Davood Moradian y voit une stratégie délibérée visant à répandre le chaos et à démontrer que le gouvernement est incapable de protéger même les personnalités les plus éminentes.
«En affaiblissant l’État afghan, l’ennemi se rapproche de son mais ultime qui est de renverser le système constitutionnel en place», estime-t-il, prédisant que cette pratique ne fera que s'intensifier dans les mois à venir.
Terrifiée par les meurtres ciblés, l'élite afghane se cache ou s'exile
Short Url
https://arab.news/bbtcg
Publié le

Terrifiée par les meurtres ciblés, l'élite afghane se cache ou s'exile

- Les meurtres de journalistes, personnalités politiques et religieuses, défenseurs des droits humains, juges, se sont multipliés récemment en Afghanistan, semant la terreur dans le pays
- Cela semble avoir coïncidé avec l'ouverture en septembre à Doha de négociations de paix entre les talibans et le gouvernement afghan



