MOSCOU : Vladimir Poutine doit s'entretenir samedi avec ses homologues américain et français, Washington martelant, malgré les dénégations russes et les appels au calme de Kiev, qu'une invasion russe de l'Ukraine pourrait intervenir "à tout moment".
Alors que de nombreux pays occidentaux demandaient à leurs ressortissants de quitter l'Ukraine, Moscou a ajouté à l'inquiétude en annonçant y réduire son personnel diplomatique, arguant de possibles "provocations" occidentales ou de la part de Kiev.
La menace d'une invasion russe est présentée comme potentiellement imminente par Washington, car la Russie a déployé plus de 100 000 hommes aux frontières ukrainiennes, et mène désormais aussi des manoeuvres en mer Noire et au Bélarus, encerclant de facto son voisin pro-occidental.
Pour autant, les efforts diplomatiques se poursuivent et les sonneries téléphoniques doivent retentir de plus belle samedi. Les Occidentaux veulent arracher un signe de désescalade à la Russie, qui elle réclame que les Occidentaux cessent toute expansion de l'Otan et leur soutien à l'Ukraine. Les deux camps rejettent les exigences de l'autre, s'imputant la responsabilité des tensions.
Le président américain Joe Biden doit s'entretenir samedi, dans la soirée à Moscou, avec Vladimir Poutine. Un appel est aussi prévu samedi entre le président russe et le président français Emmanuel Macron.
Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a lui parler à son homologue russe Sergueï Lavrov, qui a qualifié de "provocations" les accusations américaines lors de cette conversation.
"La campagne de propagande lancée par les États-Unis et ses alliés sur +une agression russe+ contre l'Ukraine a pour objectif la provocation, en encourageant les autorités de Kiev" à se lancer dans une "résolution militaire du problème du Donbass", a dit M. Lavrov, selon un communiqué de ses services.
L'ambassade américaine à Kiev a ordonné samedi le départ de l'essentiel de son personnel, relevant qu'une offensive russe pouvait "commencer à tout moment et sans avertissement".
"C'est un moment charnière", a averti M. Blinken.
"Nous continuons à voir des signes d'escalade russe", a prévenu le conseiller de la Maison Blanche pour la sécurité nationale Jake Sullivan vendredi après une réunion virtuelle des principaux dirigeants occidentaux.
Selon lui, une telle offensive est une "possibilité très, très réelle" avant même la fin des Jeux olympiques de Pékin le 20 février.
Il admet pourtant que le renseignement américain ne savait pas si le président russe "a pris une décision définitive" ou non.





