TYR: Le Comité International de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé vendredi avoir transféré au Liban quatre nouvelles personnes relâchées par Israël, au lendemain de la libération d'un premier civil.
"À la demande des parties concernées, le CICR a facilité le transfert vers le Liban de cinq personnes libérées" par Israël, a indiqué l'organisation internationale dans un communiqué, précisant qu'"une personne a été transférée jeudi et quatre autres vendredi".
Israël avait annoncé jeudi qu'il libérait les cinq civils capturés dans le sud du Liban, où il est en guerre avec le Hezbollah pro-iranien.
Une source militaire israélienne a confirmé au bureau de l'AFP à Jérusalem que les quatre personnes avaient été transférées au Liban.
Un correspondant de l'AFP a vu vendredi trois voitures du CICR arriver depuis la zone occupée par Israël dans le sud du Liban au barrage de l'armée libanaise à Amiriya, qui marque le début de la zone tenue par les autorités de Beyrouth.
Le convoi a été escorté par deux véhicules de l'armée libanaise vers la ville de Tyr, où les personnes libérées devaient subir un examen médical et être interrogées par l'armée.
Il s'agit de deux Libanais et deux Syriens, a indiqué à l'AFP un responsable libanais qui a requis l'anonymat, sans préciser leur identité.
Sorti faire du sport
Ahmad Atwi, un habitant du sud qui attendait au barrage de l'armée à Amiriya, a affirmé à l'AFP que son ami avait été enlevé l'année dernière par Israël. "J'espère qu'il figure parmi les personnes libérées", a-t-il dit.
C'est la première fois que des personnes détenues sont libérées depuis le début en avril des négociations entre le Liban et Israël, sous l'égide des Etats-Unis.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait affirmé jeudi qu'"à l'issue de leur interrogatoire, il est apparu qu'il s'agissait de citoyens (...) qui n'avaient pas participé à des activités terroristes".
Le président libanais Joseph Aoun a remercié dans un communiqué les Etats-Unis et le CICR, et affirmé que cette libération "confirme la pertinence de la position" du Liban engagé dans les négociations avec Israël, rejetées par le Hezbollah.
Jeudi, Israël avait libéré par l'entremise du CICR un jeune libanais, Malek Ghazi, porté disparu en octobre 2025 par sa famille, alors qu'il était sorti selon elle faire du sport près de leur village d'Aïn Aata dans le sud-est du Liban.
Beyrouth avait demandé lors de la dernière session de pourparlers en août à Rome la libération d'un premier groupe de ses ressortissants enlevés par Israël. Un comité de proches de ces Libanais estime leur nombre à plus d'une trentaine, parmi lesquels des combattants du Hezbollah.
Dépouilles de Juifs libanais
Les Etats-Unis ont salué jeudi "le gouvernement d'Israël et le gouvernement du Liban pour avoir fait preuve de bonne foi à travers ces premières étapes", exprimant l'espoir que cela "servira de base à des discussions élargies sur d'autres questions civiles".
Les deux pays doivent tenir une nouvelle session de négociations en septembre, mais aucune date n'a encore été fixée.
Le Liban et Israël ont signé un accord-cadre le 26 juin prévoyant que l'armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, en commençant par des "zones pilotes" dont se retirerait l'armée israélienne.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en menant des frappes sur Israël en soutien à Téhéran, le 2 mars, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre.
Selon le bureau du Premier ministre israélien, l'annonce jeudi "fait suite aux efforts déployés par Israël et le Liban pour localiser et rapatrier les dépouilles des dirigeants de la communauté juive qui avaient été enlevés et tués au Liban".
Douze Juifs libanais, dont le chef de cette communauté, avaient été enlevés entre 1984 et 1986, alors que des groupes clandestins accusés d'être liés au Hezbollah kidnappaient des Occidentaux. La plupart ont été exécutés.
Par ailleurs, l'armée israélienne avait annoncé mi-août avoir rapatrié la dépouille d'un soldat tué au Liban en 1982.





