« Le silence ne peut pas être notre réponse » face au sort des enfants palestiniens: le ministre belge des Affaires étrangères

Des enfants palestiniens font la queue devant une cantine caritative dans le camp de réfugiés de Nuseirat, au centre de la bande de Gaza, le 14 septembre 2025.
Des enfants palestiniens font la queue devant une cantine caritative dans le camp de réfugiés de Nuseirat, au centre de la bande de Gaza, le 14 septembre 2025.
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« Le silence ne peut pas être notre réponse » face au sort des enfants palestiniens: le ministre belge des Affaires étrangères

« Le silence ne peut pas être notre réponse » face au sort des enfants palestiniens: le ministre belge des Affaires étrangères
  • « Les enfants doivent continuer à faire partie du débat politique », déclare Maxime Prévot lors d’une réunion à laquelle assistait Arab News
  • Le ministre jordanien des Affaires étrangères : « Nous assistons tous à l’effondrement du droit international à Gaza et en Cisjordanie »

NEW YORK : Mercredi, les délégations européennes et arabes ont observé une minute de silence en hommage aux enfants palestiniens dont la vie a été brisée par la guerre et la violence, lors d’une réunion à laquelle Arab News a assisté en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

« Nous venons d’observer une minute de silence, mais le silence ne peut pas être notre réponse », a déclaré Maxime Prevot, ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre de la Belgique.

« Les enfants doivent rester au cœur du débat politique, même lorsque l’attention internationale se porte ailleurs, et nous devons accorder beaucoup plus d’attention à ce à quoi ressemble réellement leur quotidien. »

La mission belge auprès de l’ONU a organisé cet événement afin de discuter des mesures urgentes à prendre pour protéger les enfants palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. (Photo AN / Mustafa Abu Sneineh)

La mission belge auprès de l’ONU a organisé cet événement afin de discuter des mesures urgentes à prendre pour protéger les enfants palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. (Photo AN / Mustafa Abu Sneineh)

La mission belge a organisé cet événement en collaboration avec la Jordanie et Save the Children. Le sort des enfants palestiniens sous occupation israélienne a été au cœur de plusieurs événements organisés pendant la semaine de haut niveau à l’ONU.

Des responsables européens et arabes ont exprimé leur consternation face à la brutalité d’Israël à l’encontre des mineurs en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, où au moins 300 enfants palestiniens ont été tués depuis la conclusion d’un accord de cessez-le-feu en octobre dernier.

L’ONU estime que depuis octobre 2023, Israël a tué 20 000 enfants et en a blessé 44 000 à Gaza. Il a également interdit l’entrée de jouets dans l’enclave palestinienne.

« Nous passons beaucoup de temps à discuter de Gaza et de la Cisjordanie en termes politiques », a déclaré M. Prevot. « Pour un enfant, les questions suivantes sont bien plus pressantes : puis-je aller à l’école ? Puis-je consulter un médecin ? Ma famille aura-t-elle encore un toit le mois prochain ? Suis-je en sécurité ce soir ?

« Ce sont des questions très fondamentales, et bien trop d’enfants palestiniens ne peuvent toujours pas compter sur une réponse affirmative. »

M. Prevot a indiqué que Bruxelles portait cet appel à l’action à New York afin de garantir que l’aide parvienne aux enfants palestiniens, que leurs écoles fonctionnent et qu’ils aient accès à des soins médicaux et à un lieu de vie sûr.

« Perdre des années d’école, grandir en souffrant de dépression récurrente ou vivre avec les séquelles d’un traumatisme ne sont pas des situations qui peuvent être simplement réparées une fois les combats terminés », a-t-il ajouté.

La Belgique a reconnu l’État palestinien lors d’une conférence organisée par l’Arabie saoudite et la France au siège de l’ONU en septembre dernier, et a financé plusieurs projets palestiniens d’éducation et de formation. En juillet, Bruxelles a approuvé une interdiction d’importer des marchandises produites dans les colonies israéliennes illégales.

Lors de la réunion, le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, a souligné que les enfants palestiniens de Gaza subissaient de graves privations depuis fin 2023, et qu’en Cisjordanie, ils étaient quotidiennement confrontés à la violence des colons israéliens et aux raids militaires.

Il a averti que les mois de grand froid et de pluie approchaient à Gaza, et qu’une action urgente était nécessaire pour éviter que les enfants ne vivent dans le désespoir et la misère.

« L’avenir des enfants de Palestine ne peut pas continuer à être pris en otage par les politiques radicales, racistes et expansionnistes du gouvernement israélien », a déclaré M. Safadi.

Il a dénoncé le fait qu’Israël empêche l’aide d’entrer à Gaza, les provisions « périmant sur les étagères et dans les entrepôts d’Amman ».

Par ailleurs, en Cisjordanie, on recense « en moyenne plus de six attaques terroristes perpétrées par des colons contre des Palestiniens chaque jour ».

Il a ajouté : « Nous assistons tous à l’effondrement du droit international à Gaza et en Cisjordanie. »

La Jordanie est en première ligne des efforts visant à fournir aux Palestiniens de Gaza une aide humanitaire et des denrées alimentaires, par le biais de convois d’aide ou de largages aériens.

« Les ministres israéliens continuent, jour après jour, de déshumaniser les Palestiniens, en appelant à leur déplacement et en se vantant de priver les enfants palestiniens de leur droit à la vie dont devraient bénéficier tous les enfants, partout dans le monde », a déclaré Safadi.