Liban: nouvelle saisie d'explosifs, le Premier ministre promet "la fermeté"

L’armée libanaise a indiqué que les explosifs étaient destinés à être introduits clandestinement depuis la Syrie vers le Liban. (AFP)
L’armée libanaise a indiqué que les explosifs étaient destinés à être introduits clandestinement depuis la Syrie vers le Liban. (AFP)
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Liban: nouvelle saisie d'explosifs, le Premier ministre promet "la fermeté"

Liban: nouvelle saisie d'explosifs, le Premier ministre promet "la fermeté"
  • L'armée libanaise a saisi près de 200 kg d'explosifs en provenance de Syrie, signalant des tentatives de contrebande.
  • Le Premier ministre Nawaf Salam a promis des actions fermes contre les armes illégales, en référence au Hezbollah

BEYROUTH: L'armée libanaise a annoncé lundi avoir saisi près de 200 kg d'explosifs en provenance de Syrie, le Premier ministre ayant au préalable promis la "fermeté" à l'égard des armes illégales dans une allusion au Hezbollah pro-iranien.

C'est la troisième fois depuis le début du mois que les autorités libanaises déjouent une tentative d'acheminement clandestin d'explosifs.

La déclaration du Premier ministre Nawaf Salam fait suite à une précédente saisie la semaine dernière de centaines de kilos d'explosifs soupçonnés d'être destinés au Hezbollah.

Saisie d'explosifs syriens

Lundi, l'armée a annoncé avoir saisi dans l'est du Liban, près de la frontière avec la Syrie, "près de 200 kg de matières explosives, emballées dans des sacs" acheminés "en contrebande" depuis le territoire syrien.

Les suspects se sont enfuis vers la Syrie, a précisé l'armée dans un communiqué.

Une source judiciaire a indiqué qu'il s'agissait d'explosifs "de type C4, très puissant, et transportés à dos d'âne par un passage illégal".

Depuis la chute en Syrie de Bachar al-Assad fin 2024, les deux pays s'emploient à éradiquer la contrebande terrestre sur une frontière poreuse de 330 km qu'ils partagent.

Début octobre, l'armée a annoncé avoir saisi près de 250 kg d'explosifs acheminés de Syrie. Et deux hommes ont également été arrêtés la semaine dernière, soupçonnés d'avoir acheminé 500 kg d'explosifs, selon une source judiciaire. Ils pourraient être liés au Hezbollah selon les premiers résultats de l'enquête.

Enquête et fermeté

"Il est désormais établi qu'un camion (..) a été intercepté il y a quelques jours à Dahr al-Baïdar", sur la route reliant Damas à Beyrouth, qui transportait notamment du C-4, a écrit lundi Nawaf Salam sur X.

Les autorités vont poursuivre l'enquête "pour déterminer l'identité de toutes les personnes impliquées dans cette opération criminelle et leurs commanditaires", a déclaré le Premier ministre, ajoutant que son gouvernement "fera preuve de la fermeté requise à l'égard de toutes les armes échappant au contrôle" des autorités.

Nawaf Salam a déclaré comprendre "l'inquiétude des Libanais", d'autant que "le C-4 a été utilisé dans plusieurs assassinats politiques tristement célèbres de l'histoire récente du Liban".

Contexte politique et militaire

Le Hezbollah a été accusé de mener plusieurs assassinats au Liban au début de la décennie. Un tribunal international avait condamné des membres du groupe pour l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri en 2005 au moyen d'une énorme charge d'explosifs.

La formation pro-iranienne qui dominait la vie politique au Liban a été affaiblie par deux guerres qu'elle a menées contre Israël depuis 2023. La chute du régime de Bachar al-Assad, son allié, a également coupé ses routes d'approvisionnement en armes depuis l'Iran à travers l'Irak.

Sous-payée et mal équipée, l'armée libanaise a la lourde tâche de désarmer le Hezbollah, malgré l'opposition du groupe, et de se déployer à la frontière avec Israël en vertu d'un accord-cadre signé en juin entre le Liban et Israël.

L'Union européenne a décidé lundi d'établir une nouvelle mission de formation de l'armée et des forces de sécurité libanaises.