Table ronde à Riyad: L'importance croissante de l'Arabie saoudite et de la région du Golfe à l'échelle mondiale

Table ronde à Riyad: L'importance croissante de l'Arabie saoudite et de la région du Golfe à l'échelle mondiale
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Table ronde à Riyad: L'importance croissante de l'Arabie saoudite et de la région du Golfe à l'échelle mondiale

Table ronde à Riyad: L'importance croissante de l'Arabie saoudite et de la région du Golfe à l'échelle mondiale
  • Le journaliste italien Federico Rampini s'est exprimé lors d'un événement organisé par le Gulf Research Center et la Maison européenne - Ambrosetti
  • Il a révélé que le sentiment «optimiste» des milieux d'affaires contredisait les récits des médias occidentaux sur l'Arabie saoudite

RIYAD: Au cours des dix dernières années, l'Arabie saoudite a connu une transformation «étonnante», favorisée par des réformes internes et des changements géopolitiques qui ont rehaussé le profil et l'importance du Royaume au niveau mondial, selon Federico Rampini, journaliste, écrivain et conférencier italien primé.

S'exprimant dimanche lors d'une table ronde organisée dans la capitale saoudienne, Riyad, sur « l’importance de l'Arabie saoudite, de la région du Golfe et du Moyen-Orient », M. Rampini a fourni une perspective globale sur la montée en puissance du Royaume, vue des États-Unis, de l'Europe et de la Chine.

Le séminaire, organisé conjointement par le Gulf Research Center et la Maison européenne - Ambrosetti, a exploré les tendances mondiales en matière d'économie, de transition énergétique et de géopolitique, qui ont ouvert la voie à l'émergence du Royaume en tant que poids lourd régional.

L'un des changements géopolitiques les plus fondamentaux de ces dernières années a été l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, qui a entraîné des sanctions occidentales sur le pétrole et le gaz russes et a contraint l'Europe à s'aligner plus étroitement sur les États du Golfe pour ses approvisionnements en énergie.

«La guerre en Ukraine a rompu les relations qui nous unissaient depuis des décennies à la Russie pour nos approvisionnements en énergie fossile et autres matières premières et produits de base», a indiqué M. Rampini lors du séminaire.

«Il s'agit d'un contre-choc, symétrique et opposé à celui de 1973-79. Il y a cinquante ans, nous avons dû nous tourner vers la Russie après l'embargo pétrolier de l'OPEP lié à la guerre du Kippour», a-t-il ajouté.

La nécessité pour l'Europe de renforcer sa sécurité énergétique dans un contexte de hausse des prix a également eu des répercussions sur le programme relatif aux énergies renouvelables, qui a dû être relégué au second plan.

«Dans le même temps, la guerre en Ukraine a remis en question les opinions les plus extrêmes, radicales et naïves des écologistes sur une décarbonisation rapide et totale», a expliqué M. Rampini.

L'Ukraine n'est pas le seul facteur qui a motivé ce réalignement. Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement dues aux pandémies et la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine ont également renforcé l'intérêt pour les partenariats avec le Moyen-Orient, aidés en cela par la diversification économique de l'Arabie saoudite.

La pandémie et la nouvelle guerre froide entre l'Occident et la Chine, avec toutes les perturbations des chaînes d'approvisionnement, ont suscité un nouvel intérêt pour certains pays du Moyen-Orient en tant que partenaires potentiels pour «délocaliser chez les amis» et «atténuer les risques» du secteur manufacturier, a signalé M. Rampini.

«Cela concorde avec le programme d'industrialisation de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite», a-t-il ajouté.

L'Arabie saoudite a évité d'être un bénéficiaire passif de ces changements géopolitiques. Le Royaume a été proactif ces dernières années, établissant des collaborations avec d'autres économies émergentes, notamment des pays africains riches en ressources.

«Le regain d'intérêt pour l'Afrique, surtout pour son abondance en ressources naturelles, requiert des partenariats avec des acteurs qui y ont déjà investi, comme l'Arabie saoudite, et qui, pour des raisons politiques et culturelles, sont mieux accueillis que les pays occidentaux», estime M. Rampini.