AMMAN : Les adversaires politiques du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ont demandé jeudi un vote parlementaire rapide afin de mettre officiellement fin à son long règne, dans l'espoir d'empêcher toute tentative de dernière minute de faire dérailler leur gouvernement de coalition nouvellement annoncé.
Le chef de l'opposition Yair Lapid et son principal partenaire de coalition, Naftali Bennett, sont parvenus à un accord pour former un nouveau gouvernement avec une majorité au sein des 120 membres de la Knesset.
Des manœuvres politiques, la signature de l'accord de coalition par Mansour Abbas, chef de la Liste arabe unie (Ra'am), pour intégrer la nouvelle alliance émerge comme un événement historique.
En même temps, il est possible qu'Ahmad Tibi et Oussama Saadi du Mouvement arabe pour le changement, qui s'est séparé plus tôt cette année de Ra'am, s'abstiennent de voter. Ceci aiderait certainement la nouvelle coalition à rester en vie.
Bien que Ra’am n'ait aucun ministre au sein du gouvernement, il dirigera la commission de l'Intérieur de la Knesset.
Issawi Freij, membre arabe de la Knesset du parti de gauche Meretz, sera nommé ministre de la Coopération régionale.
Les citoyens palestiniens d'Israël devraient bénéficier économiquement de l'accord de coalition. $16 milliards sont prévus pour le développement des communautés arabes en Israël au cours des quatre prochaines années.
Ra’am a réussi à mettre en place une feuille de route pour légaliser les villes arabes non reconnues en Israël, et œuvrer pour la suspension des démolitions de maisons.
Johnny Mansour, un professeur d'université de Haïfa, rappelle que la nouvelle coalition vise à sauver le régime israélien de sa crise. Il explique que même si la nouvelle coalition ouvre la voie à l'avenir aux partis arabes pour faire partie d'un nouveau processus, alors que dans le passé ils étaient opposés aux politiques des gouvernements israéliens, on ne sait toujours pas quelle sera la contribution de la coalition au statut des Arabes palestiniens en Israël.
De son côté, Wadi Abounassar, directeur du Centre international de consultation, estime que la nouvelle coalition est «une réalisation historique» pour l'ensemble de la communauté arabe qui donne «une légitimité aux Palestiniens dans le soi-disant État juif».
Abounassar a en outre souligné que Netanyahou doit être remercié pour ce progrès car «il a préparé le terrain de manière à permettre à Ra’am de faire partie d’une coalition israélienne. Même s’ils ne sont pas directement représentés au gouvernement par des ministres, ils dirigeront quand même des comités au sein du Knesset».
Ofer Zalzberg, directeur du programme Moyen-Orient à l'Institut Herbert C. Kelman, en Autriche, a expliqué que la présence d'un parti arabo-palestinien qui s'inspire des Frères musulmans dans cette coalition, offre des opportunités et des défis uniques.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com





