ROME: Le pape François, chef de l'Église catholique romaine, est le premier pontife à se rendre en Irak, où il espère encourager la communauté chrétienne en déclin à rester dans leur ancienne patrie tout en tendant la main de l'amitié au monde islamique.
Le «pèlerinage» de trois jours intervient malgré une récente flambée des cas de coronavirus en Irak et une recrudescence de la violence. François arrive quelques jours à peine après une attaque à la roquette sur la base d'Ain al-Assad dans le désert occidental de l'Irak, qui abrite les troupes de la coalition dirigée par les États-Unis.
Un entrepreneur civil a été tué dans le barrage de mercredi, que les États-Unis ont imputé aux milices soutenues par l'Iran. Benoît XVI, qui a démissionné de son poste de pontife il y a huit ans, a averti lundi dans une interview que la visite était «un voyage dangereux: pour des raisons de sécurité ainsi que la montée du coronavirus».
Confirmant que la visite était maintenue, lors de son discours hebdomadaire de mercredi, François a déclaré: «Depuis longtemps, je souhaite rencontrer ces personnes qui ont tant souffert. Je vous demande d'accompagner ce chemin apostolique de vos prières afin qu'il se déroule de la meilleure façon possible et porte les fruits espérés. Les Irakiens nous attendent, ils attendaient saint Jean-Paul II, à qui il fut interdit de partir. On ne peut pas décevoir un peuple pour la deuxième fois. Prions pour que ce voyage soit couronné de succès.»
Il s’agit du premier voyage de François à l’étranger en près de quinze mois, en raison de la pandémie de coronavirus et des restrictions de mouvement qui en découlent. Bien que le pontife argentin âgé de 84 ans et son entourage aient tous été vaccinés contre la Covid-19, aucune campagne de vaccination de ce type n'a eu lieu en Irak. La majorité du pays sera strictement fermée lors de sa visite et les déplacements entre les provinces seront limités.
Mardi, un porte-parole du pape a déclaré qu'il voyagerait dans un véhicule blindé – et non dans sa «papamobile» blanche habituelle – et qu'il ne rencontrerait pas les foules, à l'exception de ceux qui assisteront à la messe dans la ville kurde du nord d'Erbil dimanche.
«C’est une situation particulière, c’est pourquoi les transports se feront tous dans un véhicule fermé, ce qui signifie qu’il sera compliqué de voir le pape dans les rues», a déclaré Matteo Brunei, le porte-parole, lors d’un point de presse auquel a participé Arab News. «Il y aura un certain nombre de rencontres, mais aucune ne comptera plus de quelques centaines de personnes.»
François a atterri à Bagdad vendredi, accueilli à l'aéroport par Mustafa al-Kadhimi, le Premier ministre irakien, lors de la première rencontre entre un pape et un Premier ministre irakien depuis 2008.
Il se rend au palais présidentiel pour une rencontre privée avec le président Barham Salih, qui le présentera aux autorités politiques et religieuses locales. Le président a rencontré le pape à Rome à deux reprises: la première fois, le 24 novembre 2018 et de nouveau le 25 janvier l'année dernière.

Le pape François rencontre la communauté chrétienne à la cathédrale catholique syrienne de Notre-Dame du Perpétuel Secours, dans laquelle au moins 47 chrétiens sont morts dans une attaque de Daech en 2010. Dans l'église restaurée en 2012, le pape est accueilli par le patriarche Joseph Younan.
L'étape la plus attendue de la visite se déroulera samedi, lorsque François se rendra à Nadjaf, la ville sanctuaire où est enterré l'Imam Ali, le quatrième calife islamique. François y rencontrera le grand ayatollah Ali al-Sistani, âgé de 90 ans, le chef spirituel des chiites irakiens.
François est le premier pape qui ait visiter la péninsule Arabique il y a deux ans, lorsqu'il a rencontré le religieux sunnite cheikh Ahmed al-Tayeb, le grand imam d'Al-Azhar, à Abu Dhabi. Les deux chefs religieux ont signé à cette occasion un document sur «la fraternité humaine pour la paix dans le monde» et ont lancé un appel conjoint à la liberté de croyance.





