Ce sont de véritables missions rivales qu’ont effectuées hier à Beyrouth le secrétaire d’État adjoint américain pour les Affaires politiques, David Hale, et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. Des missions qui, par ailleurs, se font en parallèle à celle d’un autre acteur de poids sur la scène libanaise, la France, dont la ministre des Armées, Florence Parly, était aussi sur place.
L’enjeu est clair, sans pour autant être simple. Que faire du Liban de l’après-4 août et de l’après-démission du gouvernement de Hassane Diab? Que faire du Liban et au Liban après la tragédie nationale d’une explosion qui, en détruisant le port et une partie de Beyrouth, a révélé sans retour l’état de négligence administrative et de pourrissement des institutions au Liban, et l’emprise sur lui d’une structure para-étatique qui l’anémie ? Le numéro trois du département d’État n’a fait hier aucune allusion, dans ses déclarations, à la visite du ministre iranien. Ce dernier n’a pas observé la même réserve. Ainsi, lors d’une réunion avec son homologue libanais, Charbel Wehbé, M. Zarif a mis en garde contre la volonté de parties étrangères de vouloir « exploiter » la situation actuelle pour « imposer des diktats » au Liban.





