Le raisonnement sent le subterfuge : le président du Conseil de la choura d’Ennahdha, Abdelkerim Harouni, et le député du même mouvement, Mohamed Goumani, ont annoncé que «leur parti est prêt à soutenir les forces de sécurité pour faire régner l’ordre». Ils appellent ainsi à des prérogatives bien au-delà des attributions de leur mouvement et de celles des autres partis politiques. Plus encore : condamnant les actes de vandalisme et de pillage et considérant que «les mineurs impliqués dans les protestations nocturnes sont exploités par des parties politiques en faillite et n’ayant aucun poids sur le terrain», ils estiment «qu’Ennahdha est capable de gérer les mouvements et les conflits sociaux» et rassurent que «les enfants du mouvement islamiste seront sur le terrain pour soutenir les efforts des forces de sécurité».
Inquiétant. Car certains partis politiques donnent bien trop souvent le sentiment d’une descente dans les bas-fonds. Le paysage politique, générateur de plus en plus de pratiques et de forces contradictoires, s’est transformé en un spectacle dominé par le dérèglement, l’égarement, voire la perversion, confirmant l’idée que les déficits de ses principaux acteurs sont devenus chroniques, en raison notamment d’une gestion conséquente et contrariée, de jugements inappropriés et à coups d’arguments inaudibles. Mais ce n’est au fait que la conséquence de toute une série d’attitudes et d’adoption de valeurs qui se répètent et qui se ressemblent.
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