Aussi loin que notre mémoire peut le permettre, la problématique des inondations dans la capitale s’est toujours posée de manière cruciale. Des pertes humaines sont déplorées à chaque averse qui traverse le ciel d’Alger. Les dégâts matériels souvent sous-estimés sont noyés dans des statistiques de circonstance. Il faut vite passer la pelleteuse pour enfouir l’ampleur des pertes occasionnées aux collectivités publiques. Il n’est pas question d’aller plus loin que le simple constat des ruines laissées par le caprice de la nature. La fatalité est accolée systématiquement à chaque catastrophe naturelle pour mieux dédouaner l’homme de l’infime responsabilité.
Les milliers de citoyens morts emportés par les crues de Bab El Oued sont juste de lointains souvenirs dont seule la mémoire collective se rappelle le temps d’une commémoration à dessein propagandiste. Les raisons et les responsabilités de cette catastrophe, d’ampleur incalculable, demeurent à ce jour inconnues de tous. Il y va, bien sûr, des sanctions qui n’ont visé, évidemment, aucun des gestionnaires de la ville.
L’impunité hissée en mode de gestion des affaires publiques a permis tous les excès de la bêtise humaine. Comment expliquer alors que la topographie d’une ville millénaire ne soit pas prise en considération dans son expansion ? Il est connu de tous qu’Alger est traversée par quelque 26 oueds.





