Comme l’on s’y attendait, l’obtention par Hichem Mechichi de la confiance du Parlement pour ses nouveaux ministres dont la désignation a pour objectif, comme il l’a affirmé lui-même, «de renforcer la cohésion au sein de l’équipe ministérielle, de rendre le rendement des ministres encore plus efficient et de sélectionner les compétences à même de mettre en œuvre les grandes réformes propres à sortir la Tunisie de sa crise politique, sociale et économique», n’a pas fait que des heureux parmi les forces soutenant le gouvernement.
Cette opération a, de plus, ouvert la voie à une polémique constitutionnelle sans précédent dans la jeune histoire de l’expérience démocratique post-révolution: le Président Kaïs Saïed va-t-il s’accrocher à son engagement annoncé une journée avant que les députés n’accordent leur confiance aux nouveaux ministres désignés contre sa propre volonté par Hichem Mechichi ou va-t-il céder aux «lectures savantes» des constitutionnalistes qui font la pluie et le beau temps sur les plateaux TV et les studios radio et accepter que les ministres en question prêtent serment au Palais de Carthage.
Quatre jours après la confiance accordée aux députés, le Chef de l’Etat ne s’est toujours pas prononcé sur sa décision finale et les Tunisiens ne sont guère rassurés sur la possibilité de voir Hichem Mechichi appliquer son programme révélé devant les députés par sa nouvelle équipe ministérielle ou attendre indéfiniment que «les ministres de l’efficience et du haut rendement» reçoivent l’aval du Président de la République.
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