Officiellement, la bataille n’a pas encore atteint Syrte. Mais en coulisses, les acteurs se positionnent. Chacune des parties engagées dans le conflit libyen s’affaire afin de remporter ce qui s’annonce comme un long et pénible bras de fer. La ville, sous le contrôle du général Haftar depuis 2011, se prépare à être le théâtre d’affrontements entre les deux coalitions internationales engagées en Libye afin de gagner l’accès à l’une des plus larges réserves énergétiques du continent.
Pour le Gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli, reconnu par la communauté internationale et soutenu par la Turquie, la prise de Syrte permettrait d’asseoir une autorité déjà confortée par la reprise en main du nord-ouest du pays depuis le printemps. La bataille lui permettrait de mettre la main sur le bassin de Syrte, qui à lui seul rassemble 60 % des réserves libyennes en pétrole et en gaz. Surtout, en repoussant plus à l’est les forces de Khalifa Haftar et du groupe de mercenaires russes Wagner, « la conquête de Syrte éliminerait de manière définitive l’idée d’une opposition », estime Tarek Megerisi, chercheur spécialiste de la Libye au European Council on Foreign Relations.
Pour le camp Haftar, soutenu par les Émirats arabes unis, l’Égypte et la Russie, il s’agit ainsi de conserver des positions sans lesquelles « ils n’auront rien de concret à négocier face à la Turquie », note Megerisi, pour qui la perte de Syrte fragiliserait l’ensemble de la coalition pro-Haftar déjà affaiblie par la perte de Tripoli suite à l’offensive lancée en avril 2019.
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Syrte, les enjeux d’une bataille internationale
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Syrte, les enjeux d’une bataille internationale

- La ville, sous le contrôle du général Haftar depuis 2011, se prépare à être le théâtre d’affrontements entre les deux coalitions internationales
- "la perte de Syrte fragiliserait l’ensemble de la coalition pro-Haftar déjà affaiblie par la perte de Tripoli suite à l’offensive lancée en avril 2019"



