Le Vermont, champion de la vaccination aux Etats-Unis

Une vue générale montre Burlington, Vermont, qui a un nouveau titre de gloire : l'État le plus vacciné d'Amérique contre la Covid-19 (AFP)
Une vue générale montre Burlington, Vermont, qui a un nouveau titre de gloire : l'État le plus vacciné d'Amérique contre la Covid-19 (AFP)
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Publié le Dimanche 04 juillet 2021

Le Vermont, champion de la vaccination aux Etats-Unis

  • Lorsque le rythme des injections s'est ralenti dans les grands centres, des unités mobiles ont été déployées dans des lieux éloignés», au bord des lacs, dans les parcs naturels et dans les fermes, pour immuniser les travailleurs agricoles, souvent immigré
  • Pour beaucoup d'habitants du Vermont, le taux record de vaccination est un soulagement

BURLINGTON : Le petit Etat américain du Vermont, frontalier du Canada, était déjà connu pour son sirop d'érable, ses hivers rudes et son sénateur Bernie Sanders. La pandémie lui a donné une nouvelle notoriété: il détient le taux de vaccination contre le Covid-19 le plus élevé des Etats-Unis.

Cet Etat rural de Nouvelle-Angleterre, le deuxième moins peuplé des Etats-Unis avec 640 000 habitants, a franchi mi-juin la barre des 80% de la population éligible ayant reçu au moins une dose de vaccin anti-Covid. Et caracole en tête du classement américain, avec désormais 82% des plus de 12 ans au moins partiellement vaccinés, loin devant la moyenne nationale de 64% et près du double de celle du Mississippi, bon dernier.

"Ça fait probablement de nous l'endroit le plus sûr du pays, peut-être même du monde", dit Mark Levine, patron des services sanitaires de l'Etat, avec sur son bureau une figurine du docteur Anthony Fauci, le célèbre conseiller médical de la Maison Blanche.

Responsables et résidents du Vermont attribuent ce succès à la multiplication des lieux de vaccination, à la confiance accordée aux responsables politiques et à la science, et à un fort civisme.

"Les Vermontois donnent la priorité à leur santé, ce qui est un bon point de départ", dit M. Levine, depuis ses bureaux de Burlington, ville principale du Vermont sur les bords du lac Champlain.

Ils sont aussi "coopératifs et respectueux des règles", poursuit-il, citant une grande tradition de participation à la vie locale dans toute cette région de la Nouvelle-Angleterre, qui inclut aussi les Etats du Maine et du Massachusetts, aux taux de vaccination également très élevés.

Le Vermont, dont la population est à 94% blanche et au niveau d'éducation parmi les plus hauts du pays, n'a enregistré qu'environ 250 morts du Covid-19. Son gouverneur Phil Scott, un républicain modéré, a levé toutes les restrictions lorsque le seuil des 80% de vaccinés a été franchi.

Evan David Warner, musicien de rue à Burlington, est persuadé que le caractère des habitants a joué un rôle-clé.

"Nous, Vermontois, pensons être responsables de la sécurité de tous. C'est un code moral et social", affirme ce guitariste de 23 ans, entre deux chansons.

Dans cet Etat montagneux à la population éparpillée - on y vient skier l'hiver et faire de la randonnée l'été - la vaccination de la population comportait pourtant de réels défis.

Lorsque le rythme des injections s'est ralenti dans les grands centres, des unités mobiles ont été déployées dans des lieux éloignés», au bord des lacs, dans les parcs naturels et dans les fermes, pour immuniser les travailleurs agricoles, souvent immigrés.

«Pratique»

"On s'est rendu compte qu'il fallait aller les chercher", explique Ellen Monger, infirmière, en attendant d'éventuels futurs vaccinés sur un marché de produits locaux de la bourgade de Northfield, à 70 km de Burlington.

"Parfois ça veut dire emprunter des routes de campagne, ou aller chez les gens qui ne peuvent pas sortir de chez eux (...) J'ai été dans des endroits où je n'aurais jamais pensé aller en tant qu'infirmière", dit-elle, au milieu des stands de thé biologiques, de cornichons artisanaux et de fraises fraîchement cueillies.

Un peu plus loin, à Websterville, des soldats de la Garde Nationale proposent le vaccin Johnson & Johnson à des employés de la Vermont Creamery: cette fromagerie a noué un partenariat avec la Garde pour augmenter le taux de vaccination parmi ses employés, qui se limitait à 55%.

"On essaie juste d'éliminer toutes les barrières", dit Kate Paine, directrice du marketing de la fromagerie, qui offre aussi des tacos gratuits aux nouveaux vaccinés.

De longues heures de travail, de longs trajets domicile-travail et des obligations familiales avaient jusque-là empêché certains employés de se faire immuniser.

"C'était juste pratique", confie l'un d'eux, Jason Stride, pour expliquer pourquoi il s'est finalement fait vacciner à la fromagerie.

Pour beaucoup d'habitants du Vermont, le taux record de vaccination est un soulagement.

"C'est formidable de voir des visages normaux, souriants autour de soi", dit Aida Arms, 21 ans, employée d'un magasin de vêtements de Burlington. "Un taux de vaccination élevé stimule aussi l'économie."

Le Vermont n'a offert aucune incitation spectaculaire pour convaincre de se faire vacciner, dit Mark Levine. Pas de grande loterie comme il y en a eu dans certains Etats - juste, parfois, un cornet de glace gratuit.

Pour ce responsable sanitaire, ce n'est pas l'hésitation à se faire vacciner qui dissuade les réticents, mais plutôt une certaine "apathie".

Qu'importe, M. Levine est bien décidé à leur piquer le bras, surtout avec l'inquiétude montante autour des mutations du virus et du variant Delta. "La persévérance: voilà une autre bonne valeur de la Nouvelle-Angleterre", dit-il.

 

 


Avec l'ouverture de consulats, France et Canada marquent leur soutien au Groenland

Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
Des passagers se préparent à embarquer à bord d’un avion d’Air Inuit alors qu’ils voyagent de Montréal à Nuuk, au Groenland, le 5 février 2026. (Christinne Muschi / The Canadian Press via AP)
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  • La France et le Canada ouvrent des consulats généraux à Nuuk, marquant leur soutien au Groenland face aux velléités américaines et renforçant la reconnaissance internationale de l’autonomie groenlandaise
  • Cette démarche s’inscrit dans une stratégie européenne et alliée visant à internationaliser la question du Groenland, tout en accompagnant le territoire dans sa montée en puissance diplomatique et politique

COPENHAGUE: La France et le Canada, qui s'opposent au projet de l'administration américaine de prendre le contrôle du Groenland, ouvrent chacun vendredi un consulat général à Nuuk, la capitale de ce territoire autonome danois, une reconnaissance pour le gouvernement local.

"C'est une victoire pour les Groenlandais de voir deux pays alliés ouvrir des représentations diplomatiques à Nuuk", estime Jeppe Strandsbjerg, politologue rattaché à l'Université du Groenland. "Les Groenlandais apprécient énormément le soutien face aux remarques de Trump".

La récente crise a débouché sur la conclusion entre le président américain et le secrétaire général de l'Otan d'un "cadre" en vue d'un accord sur l'avenir de l'île arctique, aux contours encore flous tandis qu'Américains, Groenlandais et Danois se retrouvent au sein d'un groupe de travail.

Le contenu de l'accord et la teneur des discussions n'ont pas été rendus publics.

Danemark et Groenland, qui partagent les préoccupations de Donald Trump sur la sécurité arctique, refusent tout transfert de souveraineté.

La décision française d'ouvrir un consulat est antérieure aux récentes tensions. Elle avait été annoncée en juin lors d'une visite du président Emmanuel Macron à Nuuk où il était venu exprimer la "solidarité européenne" pour l'île, critiquant déjà les velléités de Donald Trump de l'annexer.

Jean-Noël Poirier, ancien ambassadeur de France au Vietnam, a été nommé consul général.

Le Canada avait lui indiqué fin 2024 qu'il allait ouvrir un consulat général sur l'immense territoire arctique pour affermir la coopération avec les Groenlandais.

L'ouverture de ces représentations diplomatiques permet de dire "à Donald Trump que son agressivité envers le Groenland et le Danemark n'est pas seulement une question pour le Groenland et le Danemark, c'est aussi une affaire pour les alliés européens, mais également pour le Canada", souligne à l'AFP Ulrik Pram Gad, spécialiste de l'Arctique à l'Institut danois des études internationales.

"C'est un petit pas, cela fait partie de la stratégie de rendre le problème européen", insiste Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, experte en questions de sécurité et de défense. "Ses conséquences ne sont évidemment pas seulement danoises, c'est un problème européen et global".

- Reconnaissance -

Pour la diplomatie groenlandaise, l'ouverture de consulats - qui dépendent formellement des ambassades de France et du Canada à Copenhague - c'est aussi "l'occasion de s'entraîner à l'indépendance en ayant des relations directes", note M. Strandsbjerg.

C'est une forme de reconnaissance pour leur autonomie grandissante, définie dans la loi-cadre de 2009.

"Les Groenlandais penseront, dans le cadre de leur propre quête de souveraineté, à avoir des contacts plus directs avec d'autres pays européens", dit Mme Nissen.

Cela permet de "réduire l'importance du rôle du Danemark en diversifiant la dépendance du Groenland vis-à-vis du monde extérieur, pour que tout ne vienne plus uniquement du Danemark, mais qu'il y ait davantage de relations sur les plans économique, commercial, des investissements, politique, etc.", abonde M. Pram Gad.

Le Groenland a des représentations diplomatiques auprès de l'Union européenne depuis 1992, à Washington depuis 2014 et à Reykjavik depuis 2017.

A Nuuk, l'Islande a ouvert son consulat général en 2013 et les Etats-Unis en 2020. Entre 1940 et 1953, les Américains avaient eu un premier consulat dans la paisible capitale groenlandaise.

La Commission européenne a elle ouvert un bureau en 2024.


Le président Trump déclare qu'il «travaille dur pour mettre fin» à la guerre au Soudan

Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
Le président américain Donald Trump s'exprime lors du National Prayer Breakfast à Washington DC, jeudi. (Capture d'écran)
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  • M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier saoudien lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis
  • "Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien

LONDRES : Le président américain Donald Trump a déclaré jeudi qu'il "travaillait dur" pour mettre fin à la guerre au Soudan.

"Je travaille dur pour mettre fin à cette guerre. Nous sommes très proches d'y parvenir. Ce sera le neuvième, si nous ne réglons pas d'abord la question de la Russie et de l'Ukraine. Mais nous travaillons dur pour mettre fin à toute cette guerre. Nous sommes très près d'y parvenir. Nous l'avons presque fait", a déclaré le président lors du National Prayer Breakfast à Washington DC.

M. Trump a déclaré pour la première fois qu'il commencerait à "travailler" sur la guerre au Soudan en novembre dernier, après que le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed bin Salman lui a demandé d'aider à mettre fin au conflit lors d'une visite aux États-Unis.

"Sa majesté aimerait que je fasse quelque chose de très puissant en rapport avec le Soudan", a déclaré M. Trump lors du Forum d'investissement américano-saoudien.

"Ce n'était pas dans mon programme, je pensais que c'était quelque chose de fou et d'incontrôlable", a-t-il ajouté.

"Mais je vois à quel point c'est important pour vous, et pour beaucoup de vos amis dans cette salle, le Soudan. Et nous allons commencer à travailler sur le Soudan".

Depuis son déclenchement en avril 2023, la guerre entre l'armée soudanaise et les forces paramilitaires de soutien rapide a tué des dizaines de milliers de personnes et en a déplacé près de 12 millions.


Pologne: l'ambassadeur américain rompt avec le président du Parlement à cause d'«insultes» envers Trump

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix. (AFP)
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  • Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale"
  • Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix

VARSOVIE: L'ambassadeur des Etats-Unis à Varsovie a annoncé jeudi la rupture de "tout échange" avec le président de la chambre basse du Parlement polonais, qualifiant d'"insultes" ses propos sur son refus de soutenir Donald Trump pour le Prix Nobel de la Paix.

"Nous ne permettrons à personne de nuire aux relations américano-polonaises ni de manquer de respect à (Donald Trump) qui a tant fait pour la Pologne et le peuple polonais", a écrit l'ambassadeur Tom Rose sur X.

Le Premier ministre, Donald Tusk, a réagi aussitôt aux déclarations de l'ambassadeur, insistant sur le fait que "les alliés devraient se respecter et non pas se faire la morale".

Lundi, le président de la Diète polonaise, Wlodzimierz Czarzasty, a fustigé une proposition conjointe américano-israélienne visant à soutenir la candidature de M. Trump au prix Nobel de la paix.

"Je ne soutiendrai pas la motion en faveur d'un prix Nobel de la paix pour le président Trump, parce qu'il ne le mérite pas", a alors déclaré M. Czarzasty.

Il a estimé que plutôt que se rapprocher davantage de la Maison-Blanche, la Pologne devrait "renforcer les alliances existantes" telles que l'OTAN, l'ONU et l'OMS.

Il a critiqué M. Trump, notamment pour l'imposition de tarifs douaniers aux pays européens, ses menaces d'annexer le Groenland ou ses affirmations selon lesquelles les alliés des Etats-Unis au sein de l'OTAN, dont la Pologne, seraient "restés un peu loin des lignes de front" pendant la guerre en Afghanistan.

"C'est une violation de la politique des principes et des valeurs, souvent une violation du droit international", a déclaré M. Czarzasty.

Fin janvier, avec plusieurs autres hauts responsables polonais, M. Czarzasty a dénoncé des propos du président Trump selon lesquels les États-Unis "n’avaient jamais besoin" des alliés de l'OTAN.

Il a qualifié ces affirmations de "scandaleuses".

Quarante-trois soldats polonais sont morts au sein de la coalition de l’OTAN dirigée par les Etats-Unis en Afghanistan.

Jeudi, le président de la Diète a soutenu ses propos.

"Conformément à mes valeurs, j'ai défendu les soldats polonais engagés dans des missions et je n'ai pas soutenu la candidature du président @realDonaldTrump au prix Nobel de la paix", a-t-il déclaré sur X, accueillant "avec regret" la déclaration de l'ambassadeur.

M. Czarzasty dirige le parti La Nouvelle Gauche, membre de la coalition gouvernementale pro-européenne du Premier ministre Donald Tusk, avec laquelle M. Rose a déclaré entretenir "d'excellentes relations".

Cette coalition est confrontée à une cohabitation difficile avec le président conservateur-nationaliste Karol Nawrocki, fervent soutien de M. Trump.