Le choc et l'amertume des vétérans américains d'Afghanistan

Le lendemain de la Journée des anciens combattants, un homme s'arrête entre des rangées de pierres tombales dans la section 60, où la plupart des victimes des guerres en Afghanistan et en Irak sont enterrées au cimetière national d'Arlington, le 12 novembre 2012 à Arlington, Virginie. (Photo, AFP)
Le lendemain de la Journée des anciens combattants, un homme s'arrête entre des rangées de pierres tombales dans la section 60, où la plupart des victimes des guerres en Afghanistan et en Irak sont enterrées au cimetière national d'Arlington, le 12 novembre 2012 à Arlington, Virginie. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 17 août 2021

Le choc et l'amertume des vétérans américains d'Afghanistan

  • Pour les vétérans américains ayant combattu lors de cette guerre, la progression ultrarapide des talibans a provoqué sidération, colère, résignation et inquiétude, à la fois pour leurs alliés afghans abandonnés sur place
  • Chad Fross, un vétéran, était certain que le retrait américain « se terminerait n'importe comment », la faute à une compréhension irrémédiablement faussée de l'Afghanistan

WASHINGTON: Dix ans après son retour d'Afghanistan, Marc Silvestri, 43 ans, ne souhaitait qu'une chose: que ses camarades puissent eux aussi rentrer chez eux. Mais c'est sous le choc que le vétéran américain a observé ce retrait s'achever dans le chaos.

"Les derniers jours n'ont pas été faciles", a-t-il confié à l'AFP, désormais à la tête des services d'aide aux anciens combattants de Revere, dans l'Etat du Massachusetts.

"J'étais pour le retrait, je trouvais qu'il était temps. Après vingt années et des milliards de dollars, je n'aurais jamais imaginé que les talibans soient si rapides et culottés."

"Je n'aurais jamais imaginé qu'avec tout l'entraînement et l'argent que nous avons investis dans l'armée afghane, ils baissent simplement leurs armes et donnent les clés du pays. J'ai été choqué par ça", explique-t-il.

Pour les vétérans américains ayant combattu lors de cette guerre, la progression ultrarapide des talibans a provoqué sidération, colère, résignation et inquiétude, à la fois pour leurs alliés afghans abandonnés sur place et leurs compatriotes rentrés aux Etats-Unis et abasourdis par la fin catastrophique des opérations américaines dans le pays.

Le gouvernement et l'armée afghane se sont effondrés en quelques semaines, Kaboul tombant dimanche sans combattre aux mains des talibans.

La reddition a conduit des milliers d'Afghans à prendre d'assaut l'aéroport de la capitale, dans une tentative désespérée de quitter le pays alors que les gouvernements étrangers tentaient de faire évacuer leurs personnels.

Chad Fross, un autre vétéran, était certain que le retrait américain "se terminerait n'importe comment", la faute à une compréhension irrémédiablement faussée de l'Afghanistan.

"Beaucoup de gens vont demander: Pourquoi? C'était inutile que j'y aille. Pour voir des amis mourir, être mutilés ou devenir fous", a-t-il dit, soulignant que le résultat "aurait été identique", même après 20 années supplémentaires.

« Les laisser se débrouiller »

Les vétérans sont notamment inquiets du sort que les talibans réservent aux femmes afghanes.

Sous leur poigne brutale, entre 1996 et 2001, les extrémistes islamistes avaient réduit à rien les droits des femmes, leur interdisant même de s'éduquer.

L'invasion américaine avait amélioré la situation des filles et femmes afghanes, surtout dans les zones urbaines, mais tous ces progrès pourraient être perdus avec le retour des talibans.

"Ces idéaux que nous pensions aller défendre là-bas, c'est ça qui, je pense, désole beaucoup de gens", a dit Chad Fross. "Ça me désole aussi."

Lundi, le président démocrate Joe Biden a défendu le retrait américain. "Je suis profondément attristé par la situation mais je ne regrette pas", a-t-il lancé.

Il a assuré que des "milliers" de citoyens américains et d'Afghans ayant aidé les forces américaines seraient évacués.

Cette promesse est peut-être celle à laquelle les vétérans accordent le plus d'importance. L'idée de laisser leurs frères d'armes afghans seuls face à la peur "très réelle" de représailles des talibans leur est insupportable.

"Ils nous ont aidés et on les laisse se débrouiller. Je pense simplement que ce n'est bien", a dit Chad Fross, résumant l'état d'esprit d'autres vétérans interrogés par l'AFP.

L'association des Anciens combattants américains d'Irak et d'Afghanistan a exhorté les autorités américaines dans un communiqué lundi à se hâter d'évacuer vers les Etats-Unis les auxiliaires afghans de l'armée américaine.

"Nous devons tenir nos promesses auprès de ceux qui ont tant sacrifié pour nous", a estimé Tom Porter, un représentant de cette association, dans ce communiqué.

Tout ça pour rien?

"J'entends tellement de colère", a-t-il dit par ailleurs à l'AFP, précisant que la déception ne portait pas sur le retrait lui-même mais sur "la façon désordonnée et chaotique dont nous les évacuons".

Les parallèles se multipliaient sur les réseaux sociaux entre les images tristement célèbres du départ des troupes américaines de Saïgon, au Vietnam, et celles du retrait d'Afghanistan.

Un vétéran de la guerre au Vietnam avec lequel Marc Silvestri était en contact n'en revenait pas d'assister à ces scènes similaires: "Je pensais ne jamais revoir ça... Ça réveille tout ce que j'ai ressenti lorsque j'ai vu Saïgon tomber", lui aurait dit cet ancien soldat.

Selon ce natif du Massachusetts, de nombreux vétérans auxquels il a parlé et leur familles se demandent désormais si leurs sacrifices en valaient la peine.

Face au besoin de ces familles d'être "écoutées", il veut qu'elles sachent que "leurs enfants ne sont pas morts en vain".

"Au bout du compte, ils se battaient au moins pour nous. Si on a pu rentrer, c'est grâce à ceux qui n'ont pas pu le faire."

 


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.