Energie: les mesures prises en Europe contre la flambée des prix

Après plusieurs jours de tergiversations entre un chèque carburant et une baisse des taxes, une "indemnité classe moyenne" défiscalisée de 100 euros a été annoncée jeudi pour 38 millions de Français gagnant moins de 2.000 euros nets par mois. (Photo, AFP)
Après plusieurs jours de tergiversations entre un chèque carburant et une baisse des taxes, une "indemnité classe moyenne" défiscalisée de 100 euros a été annoncée jeudi pour 38 millions de Français gagnant moins de 2.000 euros nets par mois. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 22 octobre 2021

Energie: les mesures prises en Europe contre la flambée des prix

  • L'explosion des prix du gaz entraîne dans son sillage les prix de l'électricité tandis que les carburants augmentent, dans un contexte de hausse de la demande avec la reprise post-Covid et l'approche de l'hiver
  • Jeudi, les Vingt-Sept ont salué les outils « utiles » proposés par la Commission européenne pour amortir l'envolée des prix (rabais fiscaux, aides aux ménages...) après d'intenses débats sur la crise de l'énergie

PARIS : Prix bloqués, baisse des taxes, chèque ou indemnité, aides ciblées... Face à la flambée des prix de l'énergie, voici les mesures mises en place par plusieurs gouvernements européens pour limiter l'impact sur le pouvoir d'achat et la facture des consommateurs.

L'explosion des prix du gaz entraîne dans son sillage les prix de l'électricité tandis que les carburants augmentent, dans un contexte de hausse de la demande avec la reprise post-Covid et l'approche de l'hiver.

Jeudi, les Vingt-Sept ont salué les outils "utiles" proposés par la Commission européenne pour amortir l'envolée des prix (rabais fiscaux, aides aux ménages...) après d'intenses débats sur la crise de l'énergie.

Aides ciblées, notamment pour les plus précaires

Après plusieurs jours de tergiversations entre un chèque carburant et une baisse des taxes, une "indemnité classe moyenne" défiscalisée de 100 euros a été annoncée jeudi pour 38 millions de Français gagnant moins de 2.000 euros nets par mois. 

Le gouvernement avait déjà prévu un versement exceptionnel de 100 euros en décembre pour les six millions de ménages bénéficiaires du chèque énergie, qui aide certains foyers à payer leur facture.

Au Royaume-Uni, le gouvernement a annoncé il y a quelques semaines un fonds de 500 millions de livres afin d'aider les plus précaires à payer leurs factures d'énergie, notamment de chauffage, mais aussi à couvrir des dépenses d'alimentation et d'habillement.

Début octobre, le gouvernement belge a décidé d'étendre jusqu'en mars 2022 le bénéfice du tarif social de l'énergie pour les foyers les plus pauvres. Cette mesure s'accompagne d'"un chèque énergie" de 80 euros envoyé dès l'automne à un million de familles.

La Pologne a prévu une enveloppe d'un montant maximal de 1,1 milliard d'euros pour 2022 afin d'aider notamment les retraités et les familles nombreuses face à la hausse des prix. Un foyer sur cinq sera éligible.

En Lettonie, environ 150.000 foyers parmi les plus modestes, ceux qui comptent un membre handicapé et les familles nombreuses recevront entre 15 et 20 euros par mois de novembre jusqu'à au moins fin 2022 pour payer leur facture d'électricité ou de gaz.

Le gouvernement estonien va mobiliser environ 75 millions d'euros pour faire baisser la facture d'électricité de tous les consommateurs et 20 millions pour aider environ 72.000 familles parmi les plus modestes de septembre à mars 2022.

Le Parlement lituanien doit adopter plusieurs propositions du gouvernement, notamment l'étalement de la hausse des prix du gaz sur cinq ans et l'élargissement d'une aide chauffage pour les plus pauvres à 110.000 familles.

Gel des prix: une mesure encore rare

La France a aussi décidé de geler les prix du gaz jusqu'à fin 2022 tandis que la prochaine hausse des prix de l'électricité en février sera limitée à 4% par une baisse de taxe. 

Baisse des taxes

Le gouvernement allemand va baisser de près de moitié au 1er janvier la redevance sur les énergies renouvelables, une taxe qui concerne l'ensemble des consommateurs.

La diminution sur la facture des Allemands sera proportionnelle à la consommation mais elle pourrait être compensée par une hausse sur d'autres composantes du prix de l'électricité, qui figure déjà parmi les plus chères en Europe, selon des analystes.

L'Espagne, plus dépendante du gaz pour sa production d'électricité que ses voisins européens, a agi dès juillet avec une baisse temporaire de la TVA sur l'électricité.

Mais cette baisse a déjà en partie été absorbée par l'envolée des prix, et le gouvernement a présenté une seconde salve de mesures mi-septembre, dont une baisse temporaire de l'impôt spécial sur l'électricité et une limitation des bénéfices extraordinaires engrangés par les compagnies d'électricité.

Le gouvernement tchèque a, lui, supprimé la TVA sur l'électricité et le gaz pour novembre et décembre, et approuvé cette semaine une proposition de loi pour l'annuler également en 2022. Mais il doit pour cela obtenir l'autorisation de l'Union européenne.

L'Italie a annoncé en septembre une enveloppe totale de trois milliards d'euros. L'enveloppe permettra notamment d'exonérer les plus précaires de la hausse sur leur facture d'électricité. Quelque 2,6 millions de personnes bénéficiant d'ores et déjà d'un "bonus social" ne subiront pas la hausse des prix du gaz. Pour les autres, la TVA sera abaissée à 5%.

 


Le pétrole accentue sa flambée après de nouvelles frappes en Iran

L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
L'armée américaine a mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran lundi, tandis que le président américain Donald Trump a rétabli un blocus du transport maritime iranien et proposé d'imposer une redevance de 20 % pour assurer la protection du détroit d'Ormuz. (Shutterstock)
Short Url
  • Le pétrole bondit après de nouvelles frappes en Iran et l'annonce du retour du blocus des ports iraniens
  • Les tensions autour d'Ormuz renforcent les craintes pour l'approvisionnement mondial

LONDRES: Les cours du pétrole accélèrent mardi leur ascension, après de nouvelles frappes en Iran, à quelques heures du rétablissement du blocus naval des ports iraniens annoncé par Donald Trump, qui a aussi dit vouloir de mettre en place un péage sur le détroit d'Ormuz.

En pleine escalade militaire entre Téhéran et Washington, les autorités locales ont rapporté de nouveaux bombardements américains sur la ville portuaire de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire d'Iran, et au sud-ouest du pays, dans une zone pétrolifère proche de l'Irak et du Koweït.

Peu après avoir brièvement pris plus de 5%, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, montait de 4,93% à 87,41 dollars vers 10H55 GMT (12H55 à Paris). Celui de son équivalent américain, le West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en août, progressait de 3,75% à 81,07 dollars.

Les deux références du brut ont atteint mardi des prix inédits depuis mi-juin, après s'être envolées jusqu'à plus de 10% la veille.

Le président américain a annoncé lundi sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz, avec la mise en place d'un nouveau blocus des ports iraniens, qui doit entrer en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

"La perte de pétrole brut iranien, qui a représenté en moyenne 2% de la demande mondiale depuis la signature du protocole d'accord" entre Washington et Téhéran le 17 juin - qui s'était traduit par la levée du précédent blocus - "se fera sentir sur les marchés mondiaux", note Vivek Dhar, de CBA.

L'analyste estime qu'environ 40 à 50% du pétrole ayant quitté le détroit d'Ormuz depuis le 18 juin est attribuable à l'Iran, contre une part de 10 à 15% avant la guerre.

"La véritable inconnue est la réaction de l'offre non iranienne" selon lui, car la République islamique "est désormais fortement incitée à rétablir son propre blocus".

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, Donald Trump a aussi dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Pour l'association d'armateurs Bimco, "le surcoût qui en résulterait constituerait un frein supplémentaire au transit" via Ormuz.

"Un tournant extraordinaire des événements est en train de se jouer au Moyen-Orient", résume John Evans, de PVM Energy, qui constate que "cette dégradation de la diplomatie et cette accélération des échanges de tirs ont pris le marché quelque peu de court".

Mais Donald Trump tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible", les consultations avec les médiateurs se poursuivant selon la diplomatie iranienne.


Le pétrole bondit après les déclarations Trump sur la fin du cessez-le-feu avec l'Iran

Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
Les contrats à terme sur le Brent ont progressé de 3,82 dollars, soit 5,15 %, pour atteindre 77,98 dollars le baril à 11h32 (heure saoudienne). (Shutterstock)
  • Les prix du pétrole ont bondi de plus de 6 % après les déclarations de Donald Trump annonçant la fin du cessez-le-feu avec l’Iran
  • La reprise des tensions au détroit d’Ormuz ravive les craintes sur l’approvisionnement mondial en pétrole, malgré la poursuite possible des négociations

LONDRES: Les cours du pétrole bondissent mercredi après les déclarations de Donald Trump affirmant mettre fin au cessez-le-feu avec l'Iran, dans la foulée d'une reprise des hostilités à la suite d'attaques de bateaux dans le détroit d'Ormuz.

Vers 09H15 GMT (11H15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en septembre, s'envolait de 6,45% à 78,94 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août, grimpait de 6,49% à 75,01 dollars.

Les deux références du brut évoluaient à leurs plus hauts niveaux depuis deux semaines.

Le président américain a affirmé mercredi à Ankara que le cessez-le-feu avec l'Iran était "terminé", qualifiant les Iraniens de "menteurs".

"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a-t-il affirmé, interrogé sur le cessez-le-feu avec l'Iran, qu'il a qualifié de pays "malade".

Le locataire de la Maison Blanche a toutefois laissé entendre que les négociateurs pourraient poursuivre les discussions.

Si "le prix du baril a fortement progressé" ce matin, il n'est pas revenu à ses plus hauts atteints durant la guerre, tempère John Plassard, analyste chez Cité Gestion, interrogé par l'AFP.

L'analyste voit davantage une "pause" du cessez-le-feu que sa fin, car si le président américain dit qu'il "est terminé, c'est aussi un moyen de mettre de la pression".

Donald Trump n'a, selon lui, "aucun intérêt à ce que les discussions s'arrêtent totalement", pour des raisons électorales, après avoir mis en avant les prix bas à la pompe dans sa campagne.

Trois navires ont été frappés en 24 heures dans le détroit d'Ormuz, a rapporté l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO mardi. Le Qatar et l'Arabie saoudite ont imputé deux de ces attaques à l'Iran.

Dénonçant des "attaques iraniennes" et une "violation flagrante du cessez-le-feu", l'armée américaine a lancé une série de "frappes puissantes" contre l'Iran, touchant plus de 80 cibles, dont des systèmes iraniens de défense antiaérienne.

Ces tirs américains ont déclenché mercredi des représailles de Téhéran, qui a dit avoir attaqué des bases américaines au Koweït et à Bahreïn.

Washington a également rétabli ses sanctions économiques sur le pétrole iranien.

Le protocole d'accord, signé le 17 juin pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre la République islamique, prévoit la réouverture du passage stratégique d'Ormuz ainsi que la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien.


Le patron de TotalEnergies voit la Syrie comme une «route alternative» pour le pétrole

  • "Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas"
  • "C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient"

DAMAS: La Syrie peut devenir un "pays de transit important pour le pétrole qui vient d'Irak vers la Méditerranée", et offrir des "routes alternatives" au détroit d'Ormuz, a déclaré mardi à Damas le patron de TotalEnergies Patrick Pouyanné, en marge de la visite d'Emmanuel Macron.

"Aujourd'hui, c'est clair que la situation sécuritaire ne permet pas encore de travailler, mais je trouve que c'est une belle initiative de venir ici, à Damas", a-t-il dit à des journalistes juste avant l'annonce de l'explosion de deux bombes à proximité de l'hôtel où le président français avait passé la nuit.

"C'est un pays qui est à la croisée des chemins dans le Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

Selon lui, "ce qui vient de passer avec le détroit d'Ormuz" dans le Golfe, bloqué durant la guerre américano-israélienne contre l'Iran, "lui donne également plus d'importance", "puisqu'on voit bien que maintenant, si on veut investir au Moyen-Orient, il va falloir qu'on trouve des routes alternatives".

Début avril, l'Irak avait annoncé avoir commencé à transporter du pétrole par camion à travers la Syrie en vue de sa réexportation, en raison de la fermeture du détroit d'Ormuz. L'Irak et la Syrie ont récemment évoqué un projet de restauration de l'oléoduc reliant les deux pays, fermé depuis des décennies.

TotalEnergies a conclu un mémorandum d'entente avec la Syrie pour un bloc d'exploration offshore en Méditerranée, mais n'a pas encore d'autre projet spécifique dans le pays, a souligné Patrick Pouyanné.

Sa visite à Damas, la première depuis la fin de la guerre civile en 2024, vise à "rencontrer les autorités" pour "des prises de contact", a-t-il précisé.

"Laissons au gouvernement le temps de prendre le contrôle de ce pays. Il ne faut pas trop demander" après plus de 13 ans de guerre civile, "il faut être un peu patient", a-t-il ajouté.