En jungle guyanaise, la formation d'une certaine élite militaire française

Des soldats français s'entraînent sur le parcours d'obstacles "Pécari", au Centre d'entraînement de la forêt équatoriale (CEFE), spécialisé dans la guerre dans la jungle à Regina, en Guyane française, le 21 octobre 2021. JODY AMIET / AFP
Des soldats français s'entraînent sur le parcours d'obstacles "Pécari", au Centre d'entraînement de la forêt équatoriale (CEFE), spécialisé dans la guerre dans la jungle à Regina, en Guyane française, le 21 octobre 2021. JODY AMIET / AFP
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Publié le Jeudi 28 octobre 2021

En jungle guyanaise, la formation d'une certaine élite militaire française

  • Des 42 stagiaires au départ de cette session, il n'en reste que 19. Les autres ont jeté l'éponge.
  • Les combats en forêt avaient tendance à s'inscrire dans un passé révolu. Mais ils reviennent d'actualité en particulier au Sahel

DANS LA FORET GUYANAISE, FRANCE : "Restez sérieux jusqu'au bout, les premières blessures vont commencer à apparaître. Il faut serrer un peu les dents", admoneste le capitaine Quentin. Face à lui, devant une épaisse forêt équatoriale, les six stagiaires en tenue camouflage ne bronchent pas.

Sac à dos et arme de guerre posés au sol devant leurs pieds, ils sont les derniers à rester debout après plus d'un mois de formation au Centre d'entraînement en forêt équatoriale (CEFE), prestigieuse institution du 3e Régiment étranger d'infanterie (REI), le plus décoré de la Légion étrangère, installé à Régina au nord-est de la Guyane, territoire français d'Amérique du Sud.

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A l'issue de ce stage, à l'évidence inaccessible au commun des mortels, ils formeront à leur tour des soldats d'élite, espions, gendarmes, policiers. JODY AMIET / AFP

Des 42 stagiaires au départ de cette session, il n'en reste que 19. Les autres ont jeté l'éponge. Le CEFE a ensuite sélectionné parmi eux ces six hommes, désormais désignés par de simples numéros, pour devenir dans 15 jours des aides-moniteurs forêt (AMF).

A l'issue de ce stage, à l'évidence inaccessible au commun des mortels, ils formeront à leur tour des soldats d'élite, espions, gendarmes, policiers. Autonomie, rusticité, esprit d'équipe: autour de ces trois piliers s'articulent ce que le capitaine Quentin décrit comme "le référent milieu équatorial de l'armée française".

De fait, explique-t-il à quelques journalistes invités en Guyane dont une équipe de l'AFP, "une bonne majorité des stagiaires découvrent leurs limites". Les blessures apparaissent sous les assauts des efforts, de la pression psychologique et de la privation de sommeil, dans un milieu extrêmement chaud, humide et dangereux, peuplé d'espèces plus ou moins hostiles.

"Le but c'est de recréer artificiellement les conditions de difficultés physiques, physiologiques, psychologiques", ajoute l'atypique légionnaire, passé par l'Ecole normale supérieure en philosophie avant d'intégrer la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr. Mais "on ne fait rien pour faire du mal aux stagiaires sans raison".

Rapido !

De fait, la géopolitique mondiale replace le CEFE dans une nécessité stratégique. Les combats en forêt avaient tendance à s'inscrire dans un passé révolu. Mais ils reviennent d'actualité en particulier au Sahel, où les affrontements entre la force antijihadiste française Barkhane et les groupes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique se rapprochent des zones boisées du nord du Burkina Faso et de la Côte d'Ivoire.

Maîtriser le combat en forêt et en jungle est donc redevenu essentiel. Avec ses spécificités: visibilité réduite, combat rapproché, communications difficiles, accès par pirogue ou hélicoptère uniquement.

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Maîtriser le combat en forêt et en jungle est donc redevenu essentiel. JODY AMIET / AFP

Les médias ne sont pas invités pour la partie la plus dure du stage. Mais on la devine violente, caricaturale. Pour qu'un homme dépasse ses propres limites, il faut qu'il les découvre. "Ils doivent rêver de moi", sourit le sergent-chef Miroslav, 40 ans dont 20 ans dans la Légion, d'origine slovaque. 

Les stagiaires avalent la "piste pécari", ponctuée d'épreuves dans la boue, les racines, les barbelés et les obstacles divers. Tour à tour, ils se supervisent les uns les autres. "Faut les stimuler un peu, numéro 3. Faut que ce soit dynamique ! Rapido", demande le Slovaque d'une voix de stentor. "Pas besoin de crier, pas besoin de faire le méchant. Tu donnes de la voix", exige-t-il d'un autre, un taiseux taillé dans une armoire à glace.

"On est des immigrés, tous. On parle mal, il faut être clair", rappelle-t-il, en soulignant cette spécificité de la Légion, qui accueille sous un nom d'emprunt neuf mille hommes, dont 90% d'étrangers venus des quatre coins du globe refaire leur vie sous le drapeau tricolore.

En mode survie

A distance, le caporal Romain, un auxiliaire sanitaire qui a effectué trois missions au Mali et une en Côte d'Ivoire, observe sans mot dire. "Je les mets en slip tous les soirs, je vérifie tout", dit-il en distinguant "bobologie" - blessures bénignes mais à soigner - et problèmes sérieux.

C'est après plusieurs semaines, "quand la fatigue arrive, qu'il y a des pathologies liées au manque de vigilance", analyse-t-il. Satisfait, il constate: "ils ramassent (ils souffrent, ndlr), mais ils ramassent ensemble et ils ramassent bien".

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"ils ramassent (ils souffrent, ndlr), mais ils ramassent ensemble et ils ramassent bien". JODY AMIET / AFP

Le lieutenant Etienne, officier de communication du 3e REI, se souvient d'un Saint-Cyrien qui a fini l'entraînement avec une "sale entorse" à la cheville. "Je ne suis pas sûr que sans la pression psychologique, il aurait accompli ce genre de choses", ajoute-t-il.

"Dans une situation dangereuse, ce qui nous vient directement à l'esprit, ce sont des automatismes. C'est vraiment par l'entraînement qu'on arrive à faire en sorte de mettre la panique de côté pour rester professionnel". 

Et il rejette le concept "d'humiliation gratuite" au profit d'une "mise en conditions". Certains stagiaires sont ainsi largués sans nourriture en forêt profonde pendant deux ou trois jours. "Ils sont contents de se retrouver en survie. Ils se disent: "trois jours sans instructeur, je ne connais pas meilleur bonheur", assure le lieutenant.


Nouveau départ de feu dans le Var: plus de 600 évacuations, 100 hectares parcourus

Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook. (AFP)
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  • Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var
  • 250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires

MARSEILLE: Plusieurs centaines de personnes ont dû être évacuées mercredi soir après le départ d'un nouveau feu dans le Var, au sud-est de Brignoles, a annoncé le maire de la commune, Didier Brémond sur sa page Facebook.

"600 à 700 personnes" ont été évacuées, indique le maire, faisant état de 100 hectares de végétation parcourus depuis le déclenchement de ce nouveau feu, moins de 24 heures après l'annonce de la fixation de l'incendie du Gros Besillon, à une vingtaine de km plus au nord, qui a parcouru 4.500 hectares en huit jours.

Le feu s'est déclaré aux environs de 17H00 en périphérie de Brignoles, commune de 17.000 habitants, entrainant l'évacuation de plusieurs quartiers, selon la préfecture du Var. Parmi les personnes évacuées, 120 sont accueillies au Hall des expositions de Brignoles, a précisé M. Brémond.

250 pompiers, assistés de trois Canadair, deux Dash et sept hélicoptères ont été mobilisés, alors que le département du Var faisait face mercredi à des températures caniculaires.

 

 


Incendie dans le sud-ouest: le feu «toujours stabilisé», le risque de reprises persiste

L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes. (AFP)
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  • La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer
  • Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange

BORDEAUX: L'incendie d'une rare intensité qui a consumé 42.000 hectares en Gironde, dans le sud-ouest de la France, depuis le 22 juillet est "toujours stabilisé" mercredi matin, selon la préfecture, mais les fortes chaleurs et le vent attendus dans la journée menacent d'alimenter de nouvelles reprises des flammes.

"La nuit a été calme, le feu est ce matin toujours stabilisé avec plusieurs reprises de feu traitées rapidement cette nuit", a annoncé la préfecture de Gironde, une semaine après le début du plus gros incendie de forêt à ravager la France depuis 1949, où environ 50.000 hectares avaient été calcinés.

"La surface brûlée n'a pas évolué", a précisé la préfecture, mais les conditions météorologiques restent "défavorables" mercredi, avec des températures attendues en hausse : jusqu'à 41°C dans les terres et 38°C sur le littoral.

La Gironde et le département voisin des Landes sont placés en vigilance orange canicule à partir de midi, de quoi assécher encore une végétation prompte à s'enflammer.

Le dispositif d'avertissement français comprend quatre niveaux, de vert (pas de vigilance particulière) à rouge (vigilance absolue) en passant par jaune et orange.

Outre la chaleur, le vent risque de souffler sur les braises et alimenter de nouveau l'incendie.

Les autorités s'attendent dès le début d'après-midi à des vents d'ouest avec des rafales de 30 à 45 km/h, et un taux d'humidité en baisse. Un risque d'orages est annoncé pour jeudi.

Au regard de ces conditions météorologiques, les sapeurs-pompiers de Gironde ont alerté sur un "risque de reprise de feux extrêmement élevé" dans la journée.

La veille, elles avaient conduit à l'évacuation préventive de 4.000 touristes des campings et résidences de vacances de la station balnéaire de Lacanau, à 50 km à l'ouest de Bordeaux.

Depuis le début de cet incendie hors-norme, 222.000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 24 communes du secteur.

Mardi soir, 57.000 habitants de trois villes proches de Bordeaux évacués dans le week-end ont pu rentrer chez eux, a indiqué la préfète du département Sophie Brocas.

Un chantier colossal de 127 kilomètres de "coupes tactiques", quasiment achevé, vise à priver ce feu, d'origine accidentelle, de "combustible" et empêcher sa progression, selon l'association Défense de la forêt contre les incendies de la région aquitaine (DFCI).

"126 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de cet évènement", a indiqué la préfecture.

Ces derniers jours, le sud-est du pays a aussi été touché par plusieurs incendies, en Corse, dans les Hautes-Alpes et dans le Var.

 


Incendies: Engie va consacrer 25 millions d'euros à la reconstruction des forêts

Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
Un pompier de Paris observe les dégâts alors que la fumée envahit les arbres à Marcheprime, près de Bordeaux, le 26 juillet 2026, lors d’un incendie qui ravage la forêt au nord du bassin d’Arcachon depuis le 22 juillet. (AFP)
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  • Engie consacrera 25 millions d’euros à la restauration durable des forêts françaises touchées par les incendies
  • Le groupe vise à renforcer la biodiversité et la résilience des écosystèmes face au changement climatique

PARIS: Le groupe énergétique français Engie va verser 25 millions d'euros pour participer à "la reconstruction et la régénération durable des forêts détruites", a-t-il annoncé mardi, mettant en avant le "choc humain, environnemental et économique" des incendies, notamment en Gironde et à Fontainebleau.

"Cette contribution permettra d'accompagner les efforts de reconstitution des espaces forestiers détruits et de soutenir les initiatives visant à renforcer la résilience des écosystèmes naturels face aux effets du changement climatique", a écrit le groupe dans un communiqué.

"Cela implique notamment de réfléchir aux essences les plus adaptées, à la préservation de la biodiversité, à la restauration de zones humides, aux conditions d'accès pour les services de secours ainsi qu'à la protection et au retour de la faune sauvage", ajoute Engie, soulignant que ces incendies avaient atteint "une part du patrimoine naturel français".

Les incendies ont déjà parcouru plus de 116.000 hectares en France cette année, un record, selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, dont une part importante par le "mégafeu" qui sévit depuis plusieurs jours en Gironde.

Les efforts de reboisement s'annoncent très coûteux: chaque hectare de forêt à restaurer coûte entre 5.000 et 10.000 euros, selon le ministère de la Transition écologique. La ministre Monique Barbut a rappelé mardi dernier que l’État augmenterait de 20 millions d'euros les fonds alloués à l'Office national des forêts (ONF) en 2026.

Le groupe énergétique affirme qu'il va "se rapprocher des autorités publiques, des collectivités territoriales, des acteurs de la filière forestière et du monde de la recherche afin de déployer concrètement ce soutien" et qu'il s'inscrit "dans le cadre du plan +France Forêt 2100+".

Quelques initiatives de la part des entreprises ont eu lieu depuis le début de la saison des incendies, à l'instar de Carrefour qui a promis de donner environ 8 tonnes de denrées alimentaires et de produits d'hygiène, de Lidl qui a indiqué en livrer 3 tonnes, de la Macif qui a annoncé un fonds d'un million d'euros pour ses sociétaires et des actions de solidarité, et du Crédit Agricole qui a prévu notamment un fonds d'urgence de deux millions d'euros à destination des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS).