Ukraine: les séparatistes prorusses proclament la «mobilisation générale»

Des personnes transportent leurs affaires alors qu'elles traversent le point de contrôle frontalier russe sous le regard d'un secouriste du ministère russe des urgences près de la ville d'Uspenka, le 19 février 2022. (Photo, AFP)
Des personnes transportent leurs affaires alors qu'elles traversent le point de contrôle frontalier russe sous le regard d'un secouriste du ministère russe des urgences près de la ville d'Uspenka, le 19 février 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 19 février 2022

Ukraine: les séparatistes prorusses proclament la «mobilisation générale»

  • Les dirigeants des séparatistes pro-russes, en guerre contre l'Ukraine, ont proclamé samedi la «mobilisation générale»
  • Quelques minutes plus tard, Léonid Passetchnik, le dirigeant de la «république» de Lougansk, l'autre région séparatiste de l'est de l'Ukraine, a signé un décret similaire appelant à la mobilisation des hommes de 18 à 55 ans

MOSCOU : Les dirigeants des séparatistes pro-russes, en guerre contre l'Ukraine, ont proclamé samedi la "mobilisation générale", au moment où les craintes d'une attaque russe sont à leur comble.

"J'appelle mes concitoyens réservistes à se présenter aux bureaux de conscription militaire. Aujourd'hui, j'ai signé le décret de mobilisation générale", a annoncé le chef de la "république" de Donetsk, Denis Pouchiline, dans une déclaration vidéo.

Quelques minutes plus tard, Léonid Passetchnik, le dirigeant de la "république" de Lougansk, l'autre région séparatiste de l'est de l'Ukraine, a signé un décret similaire appelant à la mobilisation des hommes de 18 à 55 ans afin de se préparer, selon lui, à "repousser une agression".

Ces annonces interviennent au moment où les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont affirmé samedi avoir constaté une "augmentation spectaculaire" des violations du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine, où séparatistes prorusses et forces ukrainiennes s'affrontent depuis 2014.

Les dirigeants occidentaux accusent la Russie, qui a massé des troupes aux frontières de l'Ukraine, de préparer une attaque, le président américain Joe Biden se déclarant "convaincu" que Vladimir Poutine avait décidé d'envahir l'Ukraine.

Denis Pouchiline a affirmé que les forces de sa région avaient déjoué des attaques fomentées selon lui par Kiev, et accusé l'armée ukrainienne de continuer à attaquer la région.

"Ensemble, nous parviendrons à la victoire souhaitée et nécessaire. Nous protégerons le Donbass et tout le peuple russe", a ajouté le chef séparatiste.

Kiev a démenti vouloir reprendre par la force le contrôle des régions séparatistes, dont la Crimée annexée par la Russie en 2014.

Le conflit entre Kiev et les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 14 000 morts depuis 2014.

Une région russe frontalière de l'Ukraine déclare l'état d'urgence face à l'afflux de réfugiés

Une région russe frontalière de l'Ukraine a déclaré l'état d'urgence samedi face à l'afflux de réfugiés en provenance des régions séparatistes de l'est de l'Ukraine, qui ont ordonné l'évacuation des civils.

"Compte tenu de l'augmentation de personnes qui arrivent, il nous semble approprié d'introduire l'état d'urgence", a déclaré le gouverneur de la région de Rostov, Vassili Goloubev, cité par les agences de presse russes.

Les dirigeants des "Républiques populaires" autoproclamées de Donetsk et de Lougansk dans l'est de l'Ukraine ont annoncé vendredi l'évacuation des civils (femmes, enfants, personnes âgées) vers la Russie voisine, accusant Kiev de préparer une invasion après une flambée des heurts.

Selon eux, l'armée ukrainienne prépare une offensive pour envahir leurs deux régions.

Le conflit entre Kiev et les séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine a fait plus de 14 000 morts depuis 2014.

Selon le ministère russe des Situations d'urgence, près de 400 personnes et 150 véhicules étaient impliqués dans l'accueil des personnes arrivant depuis les territoires séparatistes.

Les autorités de Donetsk ont indiqué samedi matin qu'un peu plus de 6 600 personnes avaient été évacuées.

La région de Lougansk a pour sa part indiqué que 25.000 personnes étaient parties volontairement et que 10 000 personnes supplémantaires étaient sur le départ.

Les autorités russes ont annoncé que les réfugiés allaient être nourris et logés, qu'une assistance psychologique et médicale leur serait fournie, ainsi que des tests et des vaccins contre le coronavirus.

Pour sa part, le président russe a ordonné le versement de 10 000 roubles (environ 114 euros) à chaque personne évacuée de ces zones.

L'Ukraine a elle de nouveau répété n'avoir aucune intention d'attaquer ses adversaires.

Le président américain Joe Biden s'est pour la première fois dit "convaincu" vendredi que le président russe Vladimir Poutine avait pris "la décision" d'envahir l'Ukraine et que la multiplication des heurts visait à créer une "fausse justification" pour lancer l'offensive dans "la semaine" ou même "les jours" qui viennent.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.