Dans les environs de Kiev, les démineurs sont à l'oeuvre

A certains endroits, des roquettes et des obus de mortier non explosés étaient encore plantés dans le sol, vestiges de frappes ratées (Photo, AFP).
A certains endroits, des roquettes et des obus de mortier non explosés étaient encore plantés dans le sol, vestiges de frappes ratées (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 15 avril 2022

Dans les environs de Kiev, les démineurs sont à l'oeuvre

  • Fin mars, la Russie s'est retirée de la région de Kiev, changeant de «cible prioritaire» pour tenter de prendre le contrôle de l'est de l'Ukraine
  • Les troupes ukrainiennes ont repris possession des villes occupées dans les premières semaines de l'invasion lancée le 24 février, mais la guerre a laissé ses marques

BROVARY: En marchant sans regarder ses pieds, on pourrait facilement les perdre: de la taille d'une grosse assiette, des dizaines de mines antichar sont nichées dans ce champ boueux bordant une petite rivière du nord de Kiev.

Ils sont cinq à être visibles: des disques d'un vert olive terne surmontés d'inquiétants plateaux de pression marrons, ceux qui provoquent l'explosion. Sous les broussailles piétinées, beaucoup d'autres sont potentiellement cachés.

Pourtant, la petite équipe de démineurs se déplace avec une facilité déconcertante à travers ce champ de mines proche de Brovary, une ville d'environ 100 000 habitants de la banlieue de Kiev.

Une des mines est prête à exploser: les sapeurs allument une mèche, d'une durée de deux minutes, puis se retirent nonchalamment à distance de sécurité pendant que le filet de fumée grise devient de plus en plus épais.

Vient l'explosion: une boule de lumière violente, une onde de choc qui fait comme un coup de poing dans la poitrine, puis un affreux bruit sourd. Une mine de moins dans cet immense champ.

Retraite et couverture

Fin mars, la Russie s'est retirée de la région de Kiev, changeant de "cible prioritaire" pour tenter de prendre le contrôle de l'est de l'Ukraine.

Les troupes ukrainiennes ont repris possession des villes occupées dans les premières semaines de l'invasion lancée le 24 février, mais la guerre a laissé ses marques.

Ces dernières semaines, les journalistes de l'AFP ont vu d'innombrables munitions non explosées dans les rues des villes et villages au nord-est et nord-ouest de la capitale, abandonnées ou égarées durant le retrait russe.

A certains endroits, des roquettes et des obus de mortier non explosés étaient encore plantés dans le sol, vestiges de frappes ratées.

Mais les Ukrainiens affirment aussi que les troupes russes ont laissé nombre de pièges destinés à couvrir leur retraite.

A l'extérieur de Brovary --un lieu que les responsables de l'armée ukrainienne ont demandé à l'AFP de ne pas révéler--, les mines sont éparpillées dans un champ, près d'un petit pont qui traverse un ruisseau menant à un groupe d'élégantes maisons.

La retraite "n'était pas un geste de bonne volonté des Russes", affirme le général de brigade Valeri Iembakov, qui observe la scène dans son uniforme de camouflage pixelisé.

"Ils ont battu en retraite très rapidement mais ils ont quand même pris le temps de miner le pont (...) et les routes autour pour que nos chars ne puissent pas en faire le tour", ajoute-t-il.

Selon le général, les soldats russes n'ont pas réussi à faire exploser le pont mais leurs mines, à la présence désormais signalée par des panneaux rouges à tête de mort sur lesquels est écrit "Danger, mines" en ukrainien et en russe, sont restées.

L'art du déminage

Le déminage ukrainien n'est pas un processus de haute technologie: il repose sur des outils rudimentaires et des nerfs d'acier. 

Oleksandr, qui a refusé de donner son nom de famille, explique que la "reconnaissance" est la première étape.

Elle se fait avec un détecteur de mines ou à l'aide d'une longue perche pointue. La mine est ensuite progressivement déterrée à la pelle, puis retirée d'un coup sec de la terre avec un grappin. 

Les mines antichar ne sont pas conçues pour être déclenchées au passage d'un homme mais elles peuvent être piégées avec des explosifs se déclenchant quand les démineurs font leur travail.

Une fois cette vérification effectuée, le détonateur est retiré et le dispositif ajouté à l'arsenal de l'Ukraine.

"Cette mine pourra être réutilisée à l'avenir", sourit Oleksandr. "C'est important pour nous, on essaie d'économiser les munitions de notre camp pour combattre les Russes", ajoute le démineur de 50 ans.

Un peu plus loin, au bord du champ, il montre sa lourde pelle, celle qu'il utilise pour déterrer les mines.

"C'est ma pelle porte-bonheur", se vante-t-il: "Mon talisman". Puis il se remet au travail.


Ethiopie: combats entre armée fédérale et forces tigréennes, vols supendus vers le Tigré

Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie. (AFP)
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  • De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar
  • Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés

ADDIS ABEBA: Des combats, selon des sources concordantes, ont opposé ces derniers jours les troupes fédérales à des forces tigréennes et les vols à destination du Tigré ont été suspendus, une première très inquiétante depuis la fin d'une guerre sanglante en 2022 dans cette région du nord de l'Ethiopie.

De premiers affrontements directs entre armée fédérale et forces tigréennes avaient eu lieu en novembre 2025 dans la région voisine de l'Afar. Des tirs d'armes lourdes et des frappes de drones avaient notamment été dénoncés.

Ces tensions font planer le risque d'une reprise d'un conflit après la sanglante guerre qui a opposé entre novembre 2020 et novembre 2022 l'armée éthiopienne aux forces du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Au moins 600.000 personnes étaient mortes, selon l'Union africaine, des estimations que plusieurs experts pensent sous-estimées.

Ces derniers jours, des combats se sont tenus à Tsemlet (ouest du Tigré), une zone revendiquée par des forces de la région voisine de l'Amhara, ont déclaré à l'AFP, sous couvert d'anonymat, des sources diplomatique et sécuritaire en poste en Ethiopie.

"Raisons opérationnelles" 

A Tsemlet, face aux forces tigréennes, "ce sont les ENDF (armée éthiopienne, NDLR) avec des milices amharas", a déclaré la source diplomatique, sous couvert d'anonymat. Des affrontements se sont tenus "ces derniers jours", mais "aujourd'hui on ne sait pas encore" s'il se poursuivent, a-t-elle ajouté, sans plus de détails.

Les combats ont été confirmés par une source locale au Tigré, qui a également requis l'anonymat.

"La situation semble dégénérer", a corroboré la source sécuritaire, se montrant "dubitative sur la capacité des TDF (l'armée tigréenne, NDLR), à récupérer par la force Tselemt".

Le porte-parole de l'armée fédérale et des membres du TPLF n'ont pour l'heure pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.

Les liaisons aériennes vers le Tigré d'Ethiopian Airlines, compagnie publique et seule à desservir cette région, ont été suspendues, ont également affirmé les sources diplomatique et sécuritaire.

Les vols, tout comme les services de télécommunications et bancaires, avaient été complètement suspendus durant la guerre, avant de reprendre à la suite de l'accord de paix conclu à Pretoria fin 2022. Leur suspension est une première depuis l'accord de paix.

Selon deux responsables d'Ethiopian Airlines, qui ont requis l'anonymat, les vols ont été interrompus pour "raisons opérationnelles", sans donner plus de détails.

L'un d'eux a toutefois déclaré "suspecter" que l'arrêt pour l'instant temporaire du trafic soit lié "aux tensions politiques" entre les autorités fédérales et l'administration au Tigré.

"Escalade militaire" 

Selon un journaliste à Mekele, joint au téléphone par l'AFP et qui a lui aussi requis l'anonymat, une "anxiété croissante" se ressent dans cette ville, capitale du Tigré.

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue dans le nord de l'Ethiopie. Des forces amhara et érythréennes sont toujours présentes dans la région, en violation de l'accord de paix de Pretoria - auquel elles n'ont pas participé - qui prévoyait leur retrait.

Début 2025, le chef de l'administration intérimaire au Tigré, institution mise en place par Addis Abeba, avait été contraint de fuir Mekele, la capitale régionale, en raison de divisions croissantes au sein du TPLF.

Ce parti qui a dominé l'Ethiopie pendant presque trois décennies avant de se retrouver marginalisé après l'arrivée au pouvoir en 2018 du Premier ministre Abiy Ahmed et d'être aujourd'hui radié, est accusé par les autorités fédérales de s'être rapproché de l'Erythrée voisine.

Les relations entre les deux voisins de la Corne de l'Afrique, qui s'étaient réchauffées durant la guerre du Tigré, lorsque les troupes érythréennes avaient appuyé les forces fédérales éthiopiennes, sont de nouveau acrimonieuses, nourries de discours belliqueux, faisant planer le risque d'un nouveau conflit.

Pour Kjetil Tronvoll, professeur à Oslo New University College et spécialiste de la zone, cette confrontation entre forces fédérales et tigréennes "n'est pas surprenante". "Le risque d'une escalade militaire est grave, et il est possible que des forces non éthiopiennes viennent appuyer les forces tigréennes", a-t-il confié à l'AFP.

 


Intempéries au Portugal: cinq morts, 450.000 clients toujours sans électricité 

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  • La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts
  • "Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité

LISBONNE: La tempête Kristin, qui a frappé le Portugal dans la nuit de mardi à mercredi, a fait au moins cinq morts, et 450.000 clients étaient toujours sans électricité jeudi matin, selon un nouveau bilan des autorités portugaises.

Ce nouveau bilan humain a été confirmé à l'AFP par un porte-parole de l'Autorité nationale de la protection civile (ANPEC). La cinquième victime, dont le décès a été annoncé jeudi, est un homme de 34 ans, mort dans la municipalité de Marinha Grande (centre) "à la suite des intempéries", selon la protection civile, qui n'a pas donné plus de détails.

Parmi les autres décès enregistrés, certaines personnes ont été tuées par la chute d'arbres et de structures métalliques, tandis qu'une autre a été retrouvée en arrêt cardiaque dans un chantier de construction.

"Près de 450.000 clients" étaient par ailleurs toujours sans électricité en début de matinée, surtout dans le centre du pays, selon E-redes, l'opérateur du réseau de distribution d'électricité.

La majorité des foyers et institutions touchées se trouvent dans le district de Leiria (centre), où la tempête a provoqué d'importants dégâts sur le réseau, provoquant notamment la chute de poteaux et de lignes à haute tension, ralentissant les réparations, selon les médias locaux.

La circulation ferroviaire restait suspendue sur plusieurs lignes, dont l'axe entre Lisbonne et Porto (nord) pour les trains longue distance, en raison des perturbations causées par les intempéries, selon un communiqué des chemin de fer portugais (CP) qui a suspendu la vente de billets pour ces trains.

Plusieurs écoles du centre du pays restaient fermées pour des raisons de sécurité, a expliqué la municipalité de Castelo Branco.

Les pompiers de Leiria ont effectué jeudi matin plusieurs dizaines d'interventions "liées à des petites inondations" et à "des dégâts sur les toitures d'habitation", provoqué par la tempête, a précisé à l'agence Lusa le commandant régional adjoint Ricardo Costa.

"Les habitants demandent de l'aide, car il continue de pleuvoir, même si ce n'est pas une pluie très forte, mais cela cause de nombreux dégâts dans les habitations", a-t-il ajouté.

Le passage de la tempête Kristin a été marqué par de fortes averses et des rafales de vent, ayant atteint des pics de 178 km/h, et causé de nombreux dégâts.

Le gouvernement portugais a dans un communiqué décrit cette tempête comme "un évènement climatique extrême, qui a provoqué des dégâts significatifs sur plusieurs parties du territoire".

 


Trump prévient l'Iran que «le temps est compté» avant une possible attaque américaine

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays. (AFP)
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  • Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place
  • Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes

WASHINGTON: Donald Trump a pressé mercredi l'Iran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant sur sa plateforme Truth Social que "le temps était compté" avant une attaque américaine contre Téhéran.

"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLÉAIRES", a écrit le président américain, menaçant d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines en juin dernier contre des sites nucléaires iraniens.

Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l'armée américaine a annoncé lundi l'arrivée sur place.

Evoquant une "armada massive", Donald Trump a affirmé qu'il s'agissait d'"une flotte plus importante (...) que celle envoyée au Venezuela", en référence à l'important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes.

"Comme dans le cas du Venezuela, elle est prête, disposée et capable d'accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire", a-t-il ajouté.

Les tensions entre les Etats-Unis et l'Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d'ampleur qui se sont tenues au début d'année dans le pays.

Les autorités iraniennes avaient signalé qu'un canal de communication avait été ouvert avec Washington, mais le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé mercredi que pour négocier, les Américains allaient devoir "cesser les menaces, les demandes excessives".