Face aux entraves à la production, Tesla a augmenté ses prix et vendu des bitcoins

Des voitures Tesla sont installées dans des stations de recharge à Yermo, en Californie (Photo, AFP).
Des voitures Tesla sont installées dans des stations de recharge à Yermo, en Californie (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Jeudi 21 juillet 2022

Face aux entraves à la production, Tesla a augmenté ses prix et vendu des bitcoins

  • Le fabricant doit aussi jongler avec la pénurie de semi-conducteurs, qui affecte l'ensemble du secteur automobile
  • Tesla avait déjà indiqué que ses livraisons avaient baissé de 18% par rapport au trimestre précédent

NEW YORK: Tesla a dévoilé mercredi des résultats solides pour le deuxième trimestre, le fabricant de véhicules électriques augmentant ses prix et vendant la majeure partie de ses bitcoins pour l'aider à faire face à la fermeture temporaire de son usine en Chine, aux défis logistiques et à l'inflation.

Le bénéfice net de l'entreprise d'Elon Musk, par ailleurs englué dans une bataille juridique sur le rachat de Twitter, s'est élevé à 2,3 milliards de dollars sur la période, soit presque deux fois plus qu'au deuxième trimestre de l'an dernier.

Pour la première fois depuis début 2021, ses profits n'ont toutefois pas grimpé à un nouveau record. Et son chiffre d'affaires, à 16,9 milliards de dollars, a aussi un peu déçu.

Mais Tesla avait déjà indiqué que ses livraisons avaient baissé de 18% par rapport au trimestre précédent en raison notamment de la fermeture de son usine de Shanghai pendant plusieurs semaines, à cause du Covid.

Le fabricant doit aussi jongler avec la pénurie de semi-conducteurs, qui affecte l'ensemble du secteur automobile depuis début 2021, avec la hausse des prix des matières premières et parfois avec le manque de personnel.

Pour faire face à ce petit trou d'air, Elon Musk avait annoncé en juin la suppression d'environ 3 à 3,5% des effectifs, sans toucher aux ouvriers.

Mercredi, l'entrepreneur a aussi souligné avoir vendu 75% des bitcoins détenus par Tesla pour s'assurer d'avoir suffisamment de liquidités: l'opération lui a rapporté 963 millions de dollars. La société avait créé la surprise en achetant pour 1,5 milliard de dollars de la devise virtuelle début 2021.

"Nous ne savions pas quand les confinements en Chine allaient s'alléger", a justifié le patron lors d'une conférence téléphonique. Cette transaction ne doit pas être interprétée "comme un verdict sur le bitcoin", a-t-il asséné en affirmant que Tesla n'avait pas vendu ses dogecoins, une autre cryptomonnaie, et ne renonçait pas à acheter d'autres bitcoins.

Le groupe a parallèlement augmenté le prix de ses véhicules, son modèle le moins cher étant vendu actuellement aux Etats-Unis à 48.840 dollars.

"Ils sont franchement à des niveaux embarrassants", a estimé M. Musk. Mais c'est pour refléter "les chocs dans la chaîne d'approvisionnement et sur la production" ainsi que "la folle inflation", a-t-il ajouté en disant espérer pouvoir à terme les "réduire un peu".

Cela n'a pas empêché la marge brute de son activité automobile, un indicateur particulièrement observé, de reculer légèrement.

Pour Garrett Nelson, du cabinet CFRA, le trimestre de Tesla était toutefois dans son ensemble "impressionnant si on considère les difficultés auxquelles ils ont fait face".

Accélération de la cadence

Malgré ces défis, Tesla a maintenu son objectif de long terme de faire croître ses livraisons de 50% en moyenne par an, ce qui reviendrait à environ 1,4 million de véhicules en 2022.

En juin, déjà, la production dans ses usines de Fremont, en Californie, et de Shanghai, était revenue à un niveau record. Et le groupe mise sur l'accélération de la cadence dans ses nouvelles usines à Berlin et à Austin (Texas).

Tesla continue par ailleurs à profiter de la vente à d'autres entreprises des crédits carbone qui lui sont accordés car ses voitures n'émettent pas de polluants, gagnant 344 millions de dollars au passage.

Plus de 100.000 conducteurs de Tesla testent désormais le logiciel amélioré d'aide à la conduite de Tesla, FSD beta, a aussi indiqué M. Musk mercredi. Il devrait être proposé à l'ensemble des propriétaires de Tesla d'ici la fin de l'année en Amérique du Nord puis, en fonction du feu vert des autorités, en Europe.

L'action montait de 0,8% dans les échanges électroniques de mercredi suivant la clôture à Wall Street.

Elle s'affiche en baisse d'environ 30% depuis le début de l'année, touchée par le repli généralisé des marchés, mais aussi par des investisseurs inquiets de voir Elon Musk distrait par ses tribulations avec Twitter.

L'homme le plus riche en monde avait en effet annoncé en avril son intention d'acheter le réseau social, avant d'y renoncer. Twitter ayant demandé à ce que l'entrepreneur honore son engagement, un procès doit avoir lieu en octobre.


Le pétrole temporise faute de nouvelles avancées diplomatiques au Moyen-Orient

Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Un trader travaille sur le parquet de la Bourse de New York (NYSE), à New York, lors de la sonnerie d'ouverture, le 4 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Les prix du pétrole évoluent prudemment, les marchés attendant un accord durable entre l'Iran et les États-Unis sur le détroit d'Ormuz
  • Un compromis Iran-Oman sur le transit a été annoncé, mais des désaccords avec Washington continuent de peser sur les flux énergétiques

LONDRES: Les cours du pétrole sont indécis jeudi, après une forte baisse en début de semaine, le marché attendant un arrangement entre Téhéran et Washington après que l'Iran a affirmé mercredi avoir conclu un accord avec Oman.

Vers 10H40 GMT (12H40 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en octobre prenait 0,97% à 80,22 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en septembre, gagnait 0,77% à 75,80 dollars.

L'Iran a indiqué mercredi s'être accordé avec le sultanat d'Oman sur un nouvel itinéraire de transit des navires dans le détroit d'Ormuz, dont ils sont tous deux riverains.

Mais toute réouverture de cette voie maritime, verrouillée par Téhéran, dépendra des actions de Washington qui a de son côté imposé un blocus des ports iraniens, ont affirmé des sources iraniennes auprès de médias locaux.

Le problème est que Téhéran envisage des frais de service pour le passage dans le détroit, qui sont rejetés par les Etats-Unis et qui vont à l'encontre du droit international.

"Tout accord pourrait donc se révéler aussi fragile que le protocole d'accord initial de juin", prévient Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management.

En juin, Téhéran et Washington s'étaient accordés sur une trêve de 60 jours durant laquelle les deux pays devaient garantir le passage gratuit des navires via le détroit d'Ormuz.

Le flux maritime avait fortement rebondi à ce moment mais la reprise des hostilités en juillet l'a de nouveau plombé.

Les marchés des produits pétroliers dérivés (essence, carburant aérien, etc.) "sont particulièrement tendus" et le "le besoin de reconstituer les stocks de produits raffinés est plus important que celui de reconstituer les stocks de pétrole brut" affirme M. Rasmussen.

Pour permettre une nouvelle baisse des cours, et un retour à la normale des flux énergétiques dans cette région, "des progrès significatifs sont indispensables" entre les Etats-Unis et l'Iran, expliquent les analystes d'ING.


TotalEnergies acquiert les activités renouvelables terrestres de Shell en Europe

Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Le logo de l’entreprise française TotalEnergies, cotée au CAC 40, le principal indice boursier de la Bourse de Paris, à Toulouse le 31 mars 2026. (AFP)
Short Url
  • TotalEnergies rachète les activités d’énergies renouvelables terrestres de Shell en Europe, comprenant des actifs solaires, éoliens et de stockage par batteries
  • Le groupe français cède parallèlement 50% d’un portefeuille d’actifs renouvelables à KKR pour 1,8 milliard d’euros afin de renforcer sa stratégie énergétique

PARIS: Le géant pétrogazier français TotalEnergies a annoncé lundi l'acquisition de l'ensemble des activités d'énergies renouvelables terrestres en Europe du groupe britannique Shell et la vente au fonds d'investissement américain KKR d'un portefeuille d'actifs, aussi dans l'énergie renouvelable.

Ces deux transactions en Europe doivent être finalisées d'ici la fin de 2026, sous réserve de l'approbation des autorités compétentes, a précisé TotalEnergies dans un communiqué.

La première opération concerne donc un accord signé avec Shell pour l'acquisition de l'ensemble de ses activités renouvelables terrestres en Europe, dont "500 MW d'actifs solaires et éoliens en opération ou en construction", notamment en Italie et aux Pays-Bas, ainsi que 3,5 GW de projets dans le domaine des énergies solaires, éoliennes et de stockage par batterie en Italie, au Royaume-Uni et en Espagne.

Ce portefeuille d'actifs sera détenu "à 100% par TotalEnergies à l'issue de la transaction", précise le groupe français, qui a indiqué à l'AFP que le montant de l'opération n'était pas dévoilé.

Le montant serait de l'ordre de quelques centaines de millions d'euros, a appris l'AFP de source proche de la transaction.

Cette opération vise à "compléter les activités de production d'électricité de TotalEnergies dans ces quatre marchés clés pour le déploiement de sa stratégie Integrated Power en Europe", ajoute TotalEnergies, qui doit doubler sa production d'électricité renouvelable et à partir d'actifs flexibles (centrales gaz, batteries) à 100-120 TWh en 2030 contre environ 48 TWh en 2025.

Le groupe dispose d'environ 105 GW de capacités d'énergies renouvelables en production, en construction ou en développement.

"Cet accord reflète la poursuite de l'objectif, par Shell, de gestion active" de son portefeuille dans l'énergie, "correspondant à sa stratégie" énoncée en 2025, a indiqué Machteld de Haan, directrice de l'aval, des renouvelables et des solutions énergétiques du groupe britannique, dans un communiqué séparé.

Shell met en oeuvre depuis plusieurs années une stratégie de désengagement des énergies renouvelables pour se concentrer notamment sur ses activités liées aux combustibles fossiles et doper ses bénéfices.

Dans ce contexte, Shell avait notamment annoncé mi-juillet céder au conglomérat indien Aditya Birla Group de sa filiale Sprng Energy, spécialisée dans le solaire et l'éolien en Inde.

La vente annoncée lundi s'inscrit elle aussi dans le cadre de cette stratégie, qui vise notamment à "privilégier les investissements dans des moyens de production flexibles, tels que les centrales électriques à gaz, les batteries de grande capacité et les technologies numériques" - qui permettent de compenser l'intermittence d'énergies renouvelables en plein essor -, a rappelé Shell lundi auprès de l'AFP.

La deuxième transaction annoncée par TotalEnergies concerne la cession à KKR de 50% d'un portefeuille d'actifs renouvelables, déjà largement développés, de 1,2 GW en Europe pour une valeur d'entreprise de 1,8 milliard d'euros.

Ces actifs, dans le solaire et l'éolien terrestre, se trouvent en Allemagne, Espagne, France et Pologne. L'électricité produite par ces actifs est déjà vendue à des tiers ou sera commercialisée par TotalEnergies.

Vers 14H30 GMT, Shell cédait 0,34% à 33,72 livres à la Bourse de Londres et TotalEnergies 0,44% à 76,08 euros à la Bourse de Paris.


Pétrole: le baril chute de près de 5% après l'annonce de négociations Etats-Unis/Iran

Short Url

Les prix du pétrole chutent lundi à l'ouverture des échanges asiatiques après l'annonce par Donald Trump de nouvelles négociations pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient et rouvrir le détroit d'Ormuz.

Vers 22H50 GMT dimanche, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre reculait de 4,69% à 83,81 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate cédait 4,67% à 80,72 dollars.

Après avoir menacé l'Iran d'une attaque massive, Donald Trump a dit samedi soir renoncer à de nouvelles frappes à condition qu'un accord soit conclu rapidement, en particulier sur le détroit d'Ormuz.

L'Iran a de son côté assuré dimanche être proche d'un accord avec Oman sur ce passage stratégique crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Le président américain a ensuite annoncé que des nouvelles négociations avec Téhéran commenceraient lundi.