Résultats décevants pour Twitter, qui en impute une partie à Elon Musk

Twitter est aussi fragilisé par la saga de son rachat hypothétique par Elon Musk (Photo, AFP).
Twitter est aussi fragilisé par la saga de son rachat hypothétique par Elon Musk (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Samedi 23 juillet 2022

Résultats décevants pour Twitter, qui en impute une partie à Elon Musk

  • «Twitter est dans une chaloupe en pleine tempête»
  • Le groupe, qui tente d'obtenir en justice que l'entrepreneur tienne son engagement, a vu son chiffre d'affaires reculer

NEW YORK: Twitter a publié vendredi des résultats trimestriels inférieurs aux attentes, un raté qu'il a attribué, pour partie, à l'incertitude liée à son rachat potentiel par Elon Musk.

Le groupe, qui tente d'obtenir en justice que l'entrepreneur tienne son engagement, a vu son chiffre d'affaires reculer sur un an (-1%), à 1,18 milliard de dollars.

Il est aussi retombé dans le rouge, avec une perte nette de 270 millions de dollars, selon un communiqué publié vendredi. Rapportée par action, un indicateur très suivi par Wall Street, la perte est près du triple de ce qu'attendaient les analystes.

Ce repli est attribué à des "vents contraires" dans le secteur de la publicité, aux craintes qui pèsent sur la conjoncture économique, mais aussi à "l'incertitude liée à l'acquisition en cours de Twitter" par Elon Musk.

"Twitter est dans une chaloupe en pleine tempête", a commenté Jasmine Enberg, analyste d'Insider Intelligence, qui a rappelé que le groupe était "habitué aux contre-performances".

Dans un contexte de durcissement des conditions de crédit et de ralentissement économique, les sociétés dont le modèle est entièrement basé sur la publicité souffrent d'une diminution des budgets des annonceurs.

Jeudi, Snap avait ainsi ouvert le bal des réseaux sociaux et affiché une perte plus importante que prévu et un chiffre d'affaires inférieur aux attentes, ce qui lui a valu de perdre plus de 39% en Bourse sur la seule séance de vendredi.

Côté Twitter, les analystes ont néanmoins bien accueilli la progression de 8,8 millions du nombre d'utilisateurs actifs quotidiens dits "monétisables", c'est-à-dire exposés à de la publicité sur la plateforme, pour un total de 237,8 millions.

"C'est mieux que ce qu'on craignait et les chiffres restent relativement solides en considérant le contexte actuel", a réagi, dans une note, Dan Ives, de Wedbush Securities.

"Comparé au cauchemar de Snap, on voit que la publicité ne s'est pas effondrée", a ajouté l'analyste.

À contre-courant des autres réseaux sociaux, laminés en Bourse vendredi, l'action Twitter a fini en hausse de 0,81%.

L'ombre de Musk

Au-delà d'une conjoncture défavorable à l'ensemble du secteur, Twitter est aussi fragilisé par la saga de son rachat hypothétique par Elon Musk.

Après le renoncement de l'entrepreneur, début juillet, le dossier s'est déplacé sur le terrain judiciaire, où les dirigeants entendent obtenir que le milliardaire soit contraint à acquérir Twitter.

Mardi, une juge d'un tribunal spécialisé du Delaware (nord-est) a ordonné la tenue d'un procès resserré sur cinq jours, en octobre.

La magistrate a ainsi accédé à la demande de Twitter, qui réclamait une procédure accélérée pour limiter les dégâts de cette saga sur le groupe, et a écarté, en revanche, les arguments des avocats d'Elon Musk, favorables à ce que les débats ne s'ouvrent pas avant 2023.

L'homme d'affaires accuse les dirigeants de Twitter d'avoir menti sur la proportion des comptes automatisés et des spams sur la plateforme et de ne pas lui avoir fourni suffisamment de données pour vérification.

Le groupe à l'oiseau bleu conteste ces assertions et reproche à Elon Musk de les utiliser pour faire diversion.

"Les résultats (publiés vendredi) apportent des preuves supplémentaires qu'Elon (Musk) a eu impact préjudiciable sur les fondamentaux de la compagnie, ce qui devrait renforcer la position de Twitter en justice", a réagi, dans une note, Angelo Zino, de CFRA Research.

Les investisseurs considèrent, pour beaucoup, que Twitter a repris la main, ce qui a permis au prix de son action de rebondir.

Il est désormais au-dessus de son cours du 4 avril, veille de l'annonce d’une prise de participation d’Elon Musk au capital, premier pas avant le dépôt d’une offre sur l’ensemble de la compagnie, dix jours plus tard.

Pour autant, le réseau social "se trouve dorénavant dans la situation peu enviable de devoir convaincre les annonceurs que son activité publicitaire est solide quelle que soit l'issue de sa bataille judiciaire avec Musk", a expliqué Jasmine Enberg.

Comme lors de la publication du premier trimestre, Twitter n'a pas organisé vendredi la traditionnelle conférence téléphonique de présentation des résultats.


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.